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Conférence-débat avec Mohamed Badaoui au Palais de la Culture à Alger : «L’écriture est une nécessité vitale pour l’humanité»

03 mars 2020 à 9 h 03 min

L’écrivain et dramaturge, Mohamed Badaoui, a animé, samedi dernier, une conférence-débat autour du thème «Ecrire pour qui ? Pourquoi ? Et en quelle langue ?»

Mohamed Badaoui a mis en avant l’importance de l’écriture dans les sociétés. En effet, depuis son apparition jusqu’à aujourd’hui, l’écriture a évolué sous différentes formes en passant par plusieurs civilisations.

Mais finalement, à quoi sert-elle exactement ? Elle a d’abord été créée pour des raisons économiques et sociales puis avec le temps, elle a évolué comme étant l’expansion de la mémoire humaine.

A cet effet, Mohamed Badaoui, souligne que «l’écriture a permis de détendre la mémoire humaine. Car elle permet à l’être humain de se souvenir, mais aussi de transmettre sur un support.

Elle a été autrefois réservée à certains privilégiés, notamment les prêtres et les scribes jusqu’à la découverte de l’impression par Gutenberg».

Aujourd’hui, on remarque que les formes d’écriture sont assez variées. D’ailleurs, la syntaxe n’est plus respectée, notamment avec l’utilisation des symboles émoticônes. Des logogrammes qui sont de plus en plus utilisés.

Écrire pour qui ?

Lors de la conférence, Mohamed Badaoui a parlé de sa passion pour l’écriture et de ses différents aspects. Pour le premier d’entre deux, il s’agit du destinataire de nos rédactions. Il faut savoir qu’il arrive que nous écrivions à quelqu’un, mais il est également possible d’écrire contre quelqu’un.

Cependant, avant d’écrire, il y a un processus instrumental à adopter, celui de la lecture. Avec plus détails, elle permet d’étendre l’intelligence, mais aussi notre capacité d’appréhender et de mieux comprendre le monde.

«Ecrire sans lire, c’est une opération quasi impossible. En lisant de grands auteurs, cela nous forme non seulement à l’imaginaire, mais aussi dans notre capacité linguistique. Cela permet également de former humainement par la qualité de l’observation des histoires racontées», précise Mohamed Badaoui.

En fait, les auteurs que nous lisons participent à la transformation et à l’éducation du monde. Leurs écrits sont une valeur culturelle très précieuse, des traces qui sont étudiées dans toutes les écoles et universités du monde.

D’ailleurs, à travers, la description des auteurs, les jeunes filles et garçons qui n’ont pas assez d’expérience ont l’occasion de mieux comprendre les choses de la vie.

Mohamed Badaoui insiste sur le fait que «la langue n’est pas une frontière, du moins elle ne devrait pas en être une. C’est une porte ouverte sur autre chose. Dans le cas contraire, elle réduit l’intelligence, la portée du regard, mais aussi la créativité.»

Lorsqu’un auteur est touché par un personnage ou une histoire, il ne connaîtra le repos que s’il couche quelques lignes sur un papier. Une fois que tout est mis par écrit, c’est un grand soulagement que l’auteur éprouve. «L’écriture, pour ceux qui sont touchés par cette grâce ou par cette malédiction, est un appel irrépressible.

C’est aussi une thérapie pour ceux qui arrivent à se faire éditer, et également pour celui qui les lit après», ajoute-t-il. L’écriture est donc un acte sur soi et de partage, que ce soit d’une émotion, d’une expérience ou d’une idée.

Pourquoi ?

En gardant cet état d’esprit d’acte généreux, pour quelle raison alors écrivons-nous ? C’est d’ailleurs une des interrogations citées dans le thème de la conférence. Pour répondre à cette question, le dramaturge s’intéresse à l’importance d’écrire afin de laisser une trace.

Car tout peuple qui n’a pas écrit a disparu sans laisser de traces. Et comme le dit un ancien proverbe, «Les paroles s’envolent, les écrits restent».

Le militant de l’écriture, Mohamed Badaoui, affirme que «l’écriture est une nécessité vitale pour l’humanité.» En effet, il explique qu’il faut apprendre aux enfants, dès leur jeune âge, à maîtriser cet outil de transmission et de conservation du savoir.

D’après une étude faite par François Singly il y a une trentaine d’années environ, il est très difficile d’apprendre à un enfant de plus de 12 ans l’amour de la lecture.

Tenant compte de son expérience, le conférencier a déclaré qu’il y a mille et une manières de faire aimer la lecture à un enfant. Mais ces procédés ne suffisent pas s’il n’y a que les parents impliqués. L’école a également un rôle à jouer. Mais est-ce réellement le cas de nos jours ?

Dans Quelle langue écrire ?

L’Algérie est un pays multilingue. Il faut savoir que nous avons la chance de parler plusieurs langues, l’arabe, le français et le tamazight. Cela nous fait modestement  une triple intelligence et une triple ouverture sur le monde, sans parler des autres langues étudiées par certains.

Cependant, il ne faut pas oublier que nous sommes dans un pays qui pose un vrai problème historique, celui de la langue de l’ancien colon. De plus, quelques années après l’indépendance, il y a eu ce choc de l’imposition de manière brutale et non réfléchie de la langue arabe.

De nombreux professeurs n’ont d’ailleurs pas pu résister à cette manière de faire, quant aux autres, ils ont fait beaucoup d’efforts qui ont payé. «Toutefois, ils ne vont jamais égaler le niveau qu’ils avaient avant. En ce qui me concerne, la qualité de ma communication n’égalera jamais la langue que je pratique professionnellement», déclare-t-il.

L’Algérie est comme bloquée dans une sorte de multilinguisme où chacun ne sait plus quelle langue utiliser dans le parler ou dans l’écrit. Mohamed Badaoui met en relief le fait d’être libre d’écrire dans la langue que l’on veut ou encore dans la langue qu’on ressent le mieux.

Le concernant, c’est la langue française, car il juge que la langue arabe reste insuffisante pour dire les choses comme il souhaiterait les dire. Néanmoins, pour l’écriture de ses pièces de théâtre, ni le français ni l’arabe ne fonctionnent, seulement la darja, le dialecte algérien.

Car c’est destiné à tout le monde. Par ailleurs, le but ultime de cette conférence est d’apporter sa part. Celle de développer l’apprentissage de l’écriture, de la lecture. Cela relève d’une urgence et d’une nécessité vitale afin de changer la vision du monde à nos enfants, et peut-être notre relation des autres avec nous-mêmes.

Avec sa conférence, Mohamed Badaoui est dans une nouvelle stratégie suivant celle du colibri développée par Pierre Rabhi.

A noter que Mohamed Badaoui est auteur et metteur en scène. Il est également enseignant dans divers Instituts supérieurs et enseigne l’écriture professionnelle à l’INPED, institut rattaché au ministère de l’Industrie. 



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