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Le théâtre à Sétif, sans handicap ni complexes : Une belle leçon des enfants

16 mars 2021 à 12 h 38 min

Après deux années d’intenses répétitions, douze enfants et jeunes infirmes moteurs cérébraux (IMC) de Sétif réalisent un rêve fou. En bons comédiens, les jeunes IMC impressionnent  la foule venue assister à l’avant-premièrede la pièce théâtrale ‘’Droit de rêver’’.

Sans le vouloir les apprentis comédiens  font sortir  la culture à Sétif,  de son spleen. Affichant complet, la maison de la culture de la capitale des hauts plateaux a le moins que l’on puisse dire vibré et vécu des émotions intenses dimanche 14 mars 2021. Témoin d’une expérience unique dans l’histoire du théâtre algérien le public est resté pantois. La réussite du baptême de feu de jeunes comédiens pas comme les autres, lui a donné non seulement  à réfléchir mais  à reconsidérer son regard vis-à-vis de cette frange de la société. D’autant plus que la moralité de l’extraordinaire  pièce théâtrale démasque de fort belle manière  le « handicap des esprits boiteux ».

A travers l’histoire  de l’orpheline Sérine, une IMC vivant avec Mansour, un père  tyrannique, le scénariste et metteur en scène de la belle œuvre, Toufik Mezaache fait découvrir à un public intéressé, le génie des IMC, de véritables artistes en herbe. Aidée et soutenue par sa nounou et son amie Sensouna, la jeune Serine ne baisse pas les Bras. Cloué au pilori, le richissime Mansour qui avait certainement peur pour sa « fausse notabilité » ne pouvait finalement rien faire devant la ténacité et l’opiniâtreté d’une bande d’artistes. 

Alertés par Sensouna, un groupe de jeunes créateurs – des IMC de surcroit, fait fi de la méchanceté du père,  décide  de célébrer  l’anniversaire de Serine, aux anges.Le coup de  force  des nouveaux amis de sa fille, secoue fortement Mansour. Ce dernier s’est  rendu à l’évidence qu’il était réellement  handicapé d’esprit. Encadrés par quatre comédiens, les douze IMC ont, quarante-cinq minutes durant, tenu en haleine une  foule, à la fois ravie et émue.

Comportant des volets de danse, de magie et de chant (Play back), le spectacle a permis au public  de  découvrir le  talent fou de  jeunes IMC. Il leur a aussi ouvert les yeux sur l’incommensurable potentiel de cette catégorie d’handicapés  lourds. «Réalisée au niveau de l’atelier des arts dramatiques de la maison de la culture, la pièce théâtrale qui n’a pas été facile à monter, démontre qu’en dépit d’un lourd handicap, l’IMC est un être comme tout. En prenant possession des planches, les IMC font étalage d’innombrables  capacités artistiques enfouies. Ils nous donnent une leçon de courage et d’amour. A l’issue de cet inoubliable spectacle, les IMC obligent la société à revoir sa copie » révèle à El Watan, le comédien Toufik Mezaache brisant un autre code. 

Il convient de souligner que la pièce  « Droit de rêver » est inscrite à l’agenda du premier festival national de la création artistique chez les handicapés. Placée sous l’égide du ministre de la culture et des arts, la manifestation aura lieu à Sétif, fin mai début juin de l’année en cours.

Notons à toutes fins utiles que le passage des IMC a brisé une glace, secoué le cocotier  sorti la culture  de sa torpeur. Endosser à la pandémie, la mise en veilleuse des activités culturelles à Sétif regorgeant pourtant de grandes potentialités, bloquées par des bureaucrates n’ayant aucun lien  avec l’acte culturel, serait un non-sens…


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