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Présentation du roman Les ailes de Daouya de Rabia Djelti au CCU d’Alger

«Le roman est une quête de la liberté»

14 janvier 2020 à 9 h 01 min

L’œuvre de la romancière et philosophe Rabia Djelti est inspirée de ses voyages et de ses rencontres multiples avec l’autre.

Le nouvel espace du Centre culturel universitaire des sciences humaines d’Alger a accueilli, dimanche dernier, la romancière et poétesse Rabia Djelti pour la présentation et la vente-dédicace de son roman Les Ailes de Daouya. Un roman qui a été réédité une deuxième fois et révisé par les éditions Barzakh, à l’occasion du 24e Salon international du livre d’Alger. Il a été traduit de l’arabe au français par Mohamed Sehaba. Pour rappel, ce roman est paru pour la première fois en 2015 en Algérie aux éditions El Ikhtilef et au Liban aux éditions Difaf, en langue arabe sous le titre Hanine bi naânaâ (Nostalgie à la menthe).

Les Ailes de Daouya avec une pagination de 201 pages se donne à lire d’une traite. L’histoire est tellement captivante que le potentiel lecteur a du mal à refermer le livre avant la fin. La romancière Rabia Djelti propose une narration bien fournie, oscillant entre le réel et le fantastique. Le personnage principal, incarné par Daouya, initié par sa grand-mère Hanna Nouha, a pour mission importante de sauver le monde. Elle voyage entre Oran, Damas et Paris. Au gré de ses voyages, elle rencontre des femmes aux profils différents et aux parcours bien singuliers.

La romancière et poétesse Rabia Djelti indique que son roman comporte plusieurs histoires, personnages et villes. Les espaces temporels choisis ne lui sont pas inconnus pour y avoir habité par le passé. «J’ai choisi, dit-elle, ces lieux parce que je les connais très bien. J’ai vécu beaucoup de temps en Normandie, à Paris, à Damas, à Paris et à Alger. Les personnages qui vivent dans ces lieux ont des habitudes.

A tire d’exemple, Nezha est une journaliste qui vit en Normandie. Elle est à l’abri des terroristes pour qu’elle soit tranquille  pour traduire les livres. Daouiya qui est Algérienne vacille entre Oran, Alger et Paris. Il y a Ibtissem qui est native de Damas. Elle est mariée à un Algérien mais vit à Paris. Il y a une multitude de villes dans mon roman. Il n’y a pas uniquement des lieux vécus mais aussi des lieux rêvés.»

Détentrice du prix de la Création littéraire arabe pour l’ensemble de son œuvre à Abu Dhabi en 2002, la conférencière indique qu’à travers son roman, elle a voulu traduire un message axé exclusivement sur le bonheur. Elle s’interroge d’ailleurs :   Où est le bonheur et comment vivre le bonheur ? Elle avoue qu’à chaque fois qu’elle lit son roman, elle a un autre regard, une autre vision, un autre résumé et d’autres questionnements. Le roman pour elle se traduit comme une quête de la liberté. «C’est une plaidoirie de la non-guerre.

D’essayer d’être humain. Comment vivre en paix, d’abord avec nous-mêmes, ensuite avec l’autre, avec la nature, dans ce monde fou», développe-t-elle. A la question de savoir si la langue arabe est sa langue de création, la romancière Rabia Djelti rappelle à l’assistance nombreuse qu’elle est issue de l’école algérienne où elle a appris l’arabe, le français et l’espagnol. Elle soutient qu’elle a aimé la langue arabe dès le départ, mais cela ne veut pas dire qu’elle n’aime pas les deux autres langues qu’elle maîtrise parfaitement.

Elle a toujours trouvé que la langue arabe était belle, peut-être à cause de son défunt père qui était traducteur de formation, c’est du moins ce qu’elle soutient. En effet, quand elle a ouvert les yeux, elle a baigné dans la bibliothèque de son père qui comptait des titres en français et en arabe. Il était un excellent bilingue. «J’ai commencé par l’arabe à l’école. J’avais cette soif de lire et de découvrir le monde extraordinaire de mon père. Je l’entendais lire la nuit. J’étais jalouse de ses livres. Je n’ai pas eu de mère.

Il était mon père et ma matrice. J’étais ‘‘amoureuse’’ de ce papa. Il aimait littérature et la philosophie françaises. D’ailleurs, tous les grands philosophes, je les ai lus avant dix ans. J’ai appris l’arabe mais ce n’est pas une question d’appartenance. Je trouve que j’appartiens à toutes les langues du monde. La langue pour moi reste un outil. Les langues ne sont pas neutres», précise telle.

Le personnage principal du roman, Daouya, a un rapport fusionnel avec sa grand-mère hanna Nouha. Rabia Djelti avoue que cette grand-mère ressemble à bien des égards à la sienne. «Je n’ai pas eu de mère, c’est ma grand-mère qui était avec moi. Elle ressemble beaucoup à hanane Nouha. Ma grand-mère n’était pas bavarde. Rien ne lui échappait et rien ne lui plaisait. Daouya est en relation avec hanane Nouha mais Daouya ce n’est pas moi. Ma grand-mère était dure. Elle était issue de familles andalouses aisées. Elle était une femme qui ne savait même pas préparer des repas classiques ou encore traditionnels. Ma grand-mère est à l’image de hanna Nouha. Elle sait comment raconter des histoires.

La seule chose que j’ai trouvé magnifique chez ma grand-mère et que je garde toujours en mémoire, c’est sa façon de raconter. Par exemple, on connaît l’histoire de Loundja et de l’ogresse. Chaque soir quand je m’approchais d’elle et je lui demandais de me raconter cette histoire, elle me racontait une autre version de l’histoire avec d’autres personnages. Elle a ce don de raconter que j’ai hérité d’elle. Elle faisait passer des valeurs à travers les contes.»

Revenant sur sa passion pour l’écriture, la poétesse Rabia Djelti affirme qu’étant enfant et qu’elle était souvent seule, elle se réfugiait dans l’écriture dans un silence de cathédrale, sans se soucier du vacarme alentour. L’écriture venait briser ce silence et fuir le vacarme. «Ma passion était de lire d’abord et puis il y a eu l’écriture qui est venue très tôt. J’étais en deuxième année au primaire, quand j’ai commencé à écrire des textes.

Mes instituteurs étaient ébahis par mes textes que je trouve maintenant très simples. A huit ans, j’ai eu un prix, dédié par la directrice. L’écriture était pour moi une évasion, un médicament et un remède. L’écriture, c’est comme chercher un coin pour cette fille qui est toute seule. Chercher un univers calme et accueillant. Après tant d’années d’écriture, quand j’écris, je ne pense pas au récepteur. J’écris d’abord parce que j’ai quelque chose à dire. J’ai un univers que je dois décrire. Quelque chose qui me tracasse vis-à-vis des guerres».



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