Hommage au regretté Sabah Fakhri (1933-2021) : Le roi des muwashahat, un seigneur | El Watan
toggle menu
mercredi, 25 mai, 2022
  • thumbnail of elwatan10072021

Hommage au regretté Sabah Fakhri (1933-2021) : Le roi des muwashahat, un seigneur

08 novembre 2021 à 10 h 26 min

Sabah Fakhri, un artiste que j’ai connu professionnellement et personnellement à Alger, Paris et Damas.

«Si j’étais roi ou président du monde, j’aurais promulgué une loi exigeant que chaque enseignant ou enseignante programme des petits clips de chansons d’Oum Koulthoum, Fayrouz et Sabah Fakhri, comme une matière pédagogique, afin de cultiver le goût artistique et littéraire aux enfants.»

Cette idée m’est venue à l’esprit, alors que je suivais l’annonce de la mort de Sabah Fakhri en larmes dans la cuisine où je prenais le petit déjeuner à l’anglaise, profitant de mon fort appétit, qui diminue à midi et augmente à l’heure du dîner.

J’ai interviewé Fakhri plus d’une fois à Alger, à Paris et à Damas, comme j’ai interviewé l’autre défunt acteur égyptien Nour Esharif, et qui m’a demandé après une longue interruption imposée par mon émigration en Europe, le roman d’Ahlam Mosteghanemi Passager sur lit.

J’ai connu Fakhri pour la première fois dans les années 80 (je ne me souviens plus de l’année exacte), lorsqu’il a été invité par le ministère de la Culture algérien, à travers l’Office national de la culture et de l’information, je l’ai interviewé dans la salle Atlas, où j’ai rencontré d’ailleurs Charles Aznavour, cet artiste qui a quitté hélas ce monde, ainsi que l’artiste Aït Menguellat encore vivant.

Dieu seul témoigne que ma relation avec le rossignol, qui fait fondre la glace d’une voix forte et chaleureuse à la fois, n’était pas une relation ordinaire à tous points de vue, de par sa transgression du cadre purement professionnel, et la déversant dans le cours d’une relation personnelle qui l’a poussé à essayer de m’aider à m’améliorer ma situation lorsque je coopérais

avec un de ses amis ; un journaliste du nom de Nihad Ghadry, qui tenait un journal arabe à Paris (j’ai oublié son nom). J’ai assisté à des dizaines de festivités où cet artiste qui a vécu de manière créative sur scène, interprétant des dizaines de chan- sons qui perpétuent le patrimoine, la poésie et la mémoire émotionnelle dans des styles, des images et des méthodes des plus éloquentes du monde, et son entrée dans le livre Guinness après avoir chanté debout pendant dix heures en est la meilleure preuve, cette époque n’en enfantera plus un autre.

Le roi des muwashahat et le maître des (Al-Qudud Al-Halabi) a pu laisser son impact artistique non seule- ment sur moi, non seulement en tant que journaliste qui assistait à ses concerts, mais en tant qu’être humain plus proche de cet ange qui vous parle avec une tendresse rare, une humilité extraordinaire et une politesse exceptionnelle, contrairement à ces artistes et à ces chanteuses qui créent et innovent sur scène, et qui vous choquent par des comportements qui sont synonymes d’arrogance repoussante (mes proches amis savent de qui je parle), et il n’est pas nécessaire de mentionner son nom, depuis qu’elle a quitté ce monde elle aussi.

Sabah Fakhri, qui m’appelait par mon nom personnel, avec qui ma relation s’est interrompue alors que j’étais dans la diaspora parisienne, ces dernières années, en raison de ma propre situation. Fakhri reste l’artiste arabe et humain qui a élevé la langue, la poésie et l’amour arabe aux plus hauts rangs de la sophistication et de la noblesse, comme Oum Koulthum, Fairouz, Farid al-Atrash, Abdel Halim Hafez et Kazem El Saher, tout comme Edith Baff a fait dans la langue de Molière, Demis Roussos dans la langue d’Athéna et de ses grands philosophes. Fakhri était un gentleman, bon enfant,

doux, transparent et connaissant profondément l’héritage arabe et les «muwashahat» qui font revivre les morts, enflamment les âmes froides, raffinent les gens des pays arabes et non arabes,et polissent les prédécesseurs violents.

La particularité de ma relation avec le défunt réside dans le passage rapide du courant entre nous d’une manière étrange et inexplicable, et son souci de ma situation personnelle, comme je l’ai mentionné précédemment lorsque j’étais sur le point de me noyer dans une mer d’émigration que je n’imaginais pas devenir mon destin.

Fakhri restera comme Oum Koulthum et Fairuz, et cette vérité réside dans le fait qu’il est l’artiste (moutrib) et non le simple chanteur ; (car il y a ceux qui chantent et qui nous ne rendent pas heureux), transcendant la langue, le lieu et le temps, c’est le chanteur qui purifie l’âme avec des rythmes rêveurs qui ravissent l’oreille avant d’ajouter à la purification, des mots poétiques et une poésie à travers lesquels les «aveugles de cœur» voient la lumière de l’amour dans ses plus belles manifestations. Que Dieu ait pitié de cet artiste, qui ne s’est pas opposé à un système poli- tique que je déteste !!!

R. B .

*Traduit de l’arabe par Sid Hafnaoui


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!