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lundi, 30 novembre, 2020
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Le nouveau roman d’Amin Zaoui, Canicule glaciale : Des frères d’âmes

20 octobre 2020 à 10 h 25 min

L’écrivain algérien, Amin Zaoui, excellant dans la langue d’El Moutanabi et celle de Molière, poète, penseur, chroniqueur au quotidien Liberté et au Independent London, et professeur de littérature moderne à l’Université d’Alger, dont les œuvres sont traduites dans treize langues, qu’on ne présente plus, vient de publier un nouveau roman intitulé Canicule glaciale paru aux éditions Dalimen.

C’est son douzième roman en français. Il s’agit d’un récit retraçant trois destins croisés, trois tranches de vie, trois «short cuts» et une cause…à effet. Kenzi, Augustin et Levy sont des conscrits, des «bidasses». Ils se trouvent du mauvais côté de la guerre. Trois appelés de l’armée coloniale française. On leur a désigné un ennemi : les moudjahidine, les combattants de la Révolution de 1954.

L’ÉPREUVE PAR TROIS DESTINS CROISéS

Trois histoires s’entrecroisant, s’entremêlant, se démêlant et que tout oppose. Déjà la consonance de leur prénom, leurs origines, leurs confessions, leurs souches, détonne. Et là, l’auteur Amin Zaoui n’avance aucun raccourci ni conséquence manichéenne. Ces soldats d’infortune, bien que deux d’entre eux sont natifs d’Algérie, sont des indus occupants. Ils sont conscients de cette situation belliqueuse et surtout létale.

Un dilemme. Soit ils «canardent», larguent des bombes sur les moudjahidine et les innocentes gens, soit ils finissent anonymement en chair à canons ou les tripes au soleil. Un cas de conscience qui leur est intolérable. Mais comme ces militaires sont jeunes, ils ont cette insouciance, cette désinvolture comme rêve, trêve pas celle des confiseurs mais des «confisqueurs» à titre de néologisme martial.

MAISON D’INTOLÉRANCE

Ainsi, quand ils sont de sortie en permission, fuyant l’atmosphère plombée et rigide de la caserne de Medina Djedida et la base de Mers El Kebir, ils font la tournée des estaminets, ils sont avinés, à Oran.

Ils plongent dans la luxure, rue Lac Duc, au quartier du Derb, ils poussent la porte de la maison de tolérance qui deviendra celle de l’intolérance parce qu’elle demeura close à l’un de ces bidasses en vadrouille, (il faut lire le roman d’Amin Zaoui Canicule glaciale), ils flattent leur palais au Bar des sardines, au Roi de la loubia (haricots secs, le tout premier mot arabe appris par Augustin), ils s’amusent à aller à confesse, ils écoutent Gilbert Becaud et Cheikha Rimitti… Ou bien, ils se lancent dans des discussions interminables existentielles, voire philosophiques.

L’ENNEMI INTIME

Au fil de la narration, même la littérature, l’histoire s’incrustent à travers des référents culturels, dans le désordre : le chocolat de Pouchkine, Averroès, Tarek Ibn Zyad, Marx, Engels, Picasso, Othello, Albert Camus, Abu El Aala El Maari, Omar Khayyam, Ronsard, Musset, Louis Aragon, Roblès, Apulée de Madaure, Isabelle Eberhart, Aïssa Messaoudi, Claudine Chaulet… Et puis, cette leçon de tolérance. Ce cas de conscience. La guerre, la bêtise humaine. Et c’est l’appel de la forêt, le maquis. Ils passent à l’acte.

Avec armes et bagages. Ils basculent du bon côté. Ils désertent. Ils ont choisi la cause juste. Cet air de liberté, de libération aux côtés des moudjahidine. Jusqu’à la lutte finale, à l’euphorie du jour de l’indépendance, le 5 juillet 1962.

Canicule glaciale d’Amin Zaoui, est un roman qui n’est pas manichéen, aéré, titré, poétique, avec un esprit inventaire à la Prévert, audacieux, philosophique et surtout empreint de tolérance, contre le casus belli. A lire impérativement.

 

Canicule glaciale
Amin Zaoui
Editions Dalimen
Sortie septembre 2020
Prix : 900 DA

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