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mardi, 11 mai, 2021
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Le comédien Blaha Benziane : «Il était aussi un maître du melhoun »

04 mai 2021 à 11 h 42 min

L’annonce du décès de Blaha a laissé en émoi toute la communauté artistique à Oran. Parmi ceux qui ont eu à partager un moment de son parcours, Kadour Belkhemassa, formateur en théâtre, actif depuis les années 1960.

«Il était un de mes élèves au conservatoire et pendant des années à l’époque où, dans les années 1970 à 1980,  j’assurais  encore les formations en arts dramatiques dans cet établissement en parallèle avec mon emploi en tant qu’animateur culturel à la Sonatrach », déclare-t-il, particulièrement peiné en apprenant la nouvelle.

«Nous nous sommes produits deux fois à Grenoble dans le cadre d’un échange inter associatif. A l’époque, ajoute-t-il, j’ai eu l’idée de former une troupe qui réunissait en même temps des comédiens amateurs de Sonatrach et en même temps des  élèves du conservatoire et Blaha a été parmi ceux qui ont été choisis pour faire partie de cette aventure.» Blaha a vécu longtemps à Oran.

Dans sa jeunesse, pour gagner sa vie, il a accepté un emploi au sein d’une société de transport. «Il avait déjà à ce moment là le don de faire rire les usagers mais c’est en partie parce que, en plus d’une maitrise innée de la diction, il avait une connaissance du monde du spectacle traditionnel dont notamment le rôle que joue le personnage du ‘’berrah’’  dans l’animation des cérémonies de mariages par exemple», raconte-t-on à ce  propos.

En effet, Blaha allait devenir avec le temps presque un des maitres incontestés de la poésie du «melhoun»  et pouvait réciter de mémoire des « qsayed » entières. Cet aspect des choses avait, entre autres, sans doute joué dans son rapprochement avec le regretté Alloula. 

D’ailleurs et ce n’est sans doute pas un hasard, dans le programme des activités initiées par la fondation du même nom, Blaha avait eu à animer des soirées consacrées au « chiir el melhoune » notamment à Petit-lac, un quartier où, dit-on, il a lui-même vécu.

«Pour l’anecdote, raconte Kadour Bel khamassa, Blaha avait demandé au célèbre dramaturge de lui écrire une pièce. A l’époque Alloula avait déjà un texte tout prêt qui s’intitulait Ettoufah et il le lui a remis. Il faut savoir qu’Alloula avait une haute idée du théâtre amateur qu’il encourageait chaque fois que l’occasion se présentait. Blaha est donc venu me voir pour qu’on le monte ensemble et c’est ce que j’ai fais. Le texte en question, rédigé en arabe algérien, comme sait le faire Alloula, avait une qualité littéraire mais n’avait pas encore une forme théâtrale. Nous l’avions donc scénarisé avant de le monter en tant que pièce de théâtre à deux personnages dont un des rôles a été tenu par Blaha. Plus tard, avec la défection du second comédien de cette première version, nous avons fait appel à Sirat Boumedienne et c’est évidemment cette version qui est restée dans ma mémoire même si moi-même j’ai du sortir du projet.»

Plus tard, d’autres versions de cette pièce ont été produites. Blaha était un artiste  dans l’âme. La manière dans il exprime une de ses tirades pour dire : «ah ! el kebda bent el kelb !» (expression intraductible) signifiant un amour ou une passion pour quelqu’un ou quelque chose allant jusqu’au sacrifice traduit tout aussi bien son amour pour le métier de comédien. Il avait effectivement continué à jouer tout en se sachant affaibli par la maladie.


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