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PARUTION. économie sociale et solidaire… de Thierry Jeantet

L’avenir mondial choisi par les sociétés civiles

17 avril 2021 à 10 h 00 min

L’économiste, sociologue et auteur, Thierry Jeantet, vient de publier un essai très intéressant intitulé  Economie sociale et solidaire : clé des possibles  aux éditions  Les Petits matins, dans la collection : Mondes en transitions

 

Thierry Jeantet, après avoir été président du Forum international de l’ESS depuis sa création en 2004 jusqu’en 2019, est aujourd’hui administrateur d’AGR2 La Mondiale et président de la Fondation de ce groupe.

Cet économiste, qu’on ne présente plus, a consacré sa vie professionnelle et militante à l’économie sociale et solidaire, du local à l’international. Son «combat» inlassable, il le vulgarise à travers cet ouvrage Economie sociale et solidaire : clé des possibles. Economie sociale et solidaire : clé des possibles est dédié à «celles et ceux qui agissent pour le développement de l’économie sociale et solidaire partout ailleurs».
Valeurs de solidarité et d’humanité

Dans l’introduction, Thierry Jeantet situe le contexte, inédit, économique mondial résolument capitaliste impacté et affecté par la Covid-19, qui est, pour lui, un facteur aggravant une crise multidimensionnelle, dont les prémices date de plusieurs années :   «La pandémie de la Covid-19 n’est qu’une des facettes de la crise multidimensionnelle que nous traversons depuis une cinquantaine d’année : crise à la fois financière, économique, sociale et climatique, mais aussi démocratique.

Dans ce contexte inédit, face à un système capitaliste à bout de souffle et aux dangers du populisme et des nationalismes, l’économie sociale et solidaire a un rôle clé à jouer : elle est en mesure d’insuffler une véritable transformation de l’économie et de la société, fondée sur les valeurs de solidarité et d’humanité qui lui sont chères.

Cette transformation est déjà à l’œuvre. À l’échelle locale (de la Scic Ecooparc), qui développe des projets sociaux environnementaux dans les Vosges, à la coopérative d’activités et d’emplois Coopaname, en Île-de-France, nationale (avec le fournisseur d’énergie verte Enercoop), européenne (la Fédération de coursiers à vélo CoopCycle) comme internationale (le Forum international de l’ESS), des initiatives citoyennes innovantes se développent pour répondre aux grands défis contemporains. Mais elles doivent aujourd’hui gagner en ampleur, se réformer, trouver plus que jamais les chemins de l’innovation pour ouvrir la voie à un avenir choisi, répondant notamment aux objectifs de développement durable fixés par l’organisation des Nations unies…»

Les chapitres suivants portent, donc, sur le contexte inédit, les convergences pour transformer, l’approche indépendante, partenariale et innovante… Cet essai est ponctué de cette conclusion : l’économie sociale et solidaire est l’ère, l’avenir choisi par les sociétés civiles s’ouvrant sur tous les continents. Un «insight» avisé et avéré, très clair… voyant.

 

K. Smaïl

Economie sociale et solidaire : clé des possibles
Thierry Jeantet
Editions Les Petits matins dans la collection :  Mondes en transitions.
Date de parution 11/02/2021
125 p., 12 euros

 

 

 

EXTRAITS
Une explosion des mouvements contestataires

Si les analyses et statistiques ne suffisent pas toujours à convaincre de la réalité présente, le dynamisme actuel des mouvements sociaux dans le monde entier ne peut être perçu que comme un rappel à l’ordre ! Ces mouvements ont eu des antécédents. Le Forum social mondial, organisé pour la première fois en 2001 à Porto Alegre, au Brésil, puis à Bamako, Karachi, Nairobi, Belém, Dakar, Tunis, etc., rassemble des dizaines de milliers de personnes autour d’organisations porteuses d’alternatives au capitalisme. Les participants ont rédigé en 2005 un manifeste proposant notamment l’annulation de la dette des pays du Sud, le démantèlement des paradis fiscaux, la création d’une organisation mondiale du commerce équitable, l’arrêt du saccage de l’environnement, et faisant la promotion du droit à la souveraineté alimentaire…Si l’on regarde au-delà de la France, du côté de l’Algérie, le mouvement populaire et spontané du hirak a lui aussi mis en avant des revendications politiques et sociales. Ce mouvement, qui a démarré de façon sporadique avant de devenir régulier et de grande ampleur, est né de l’opposition à une nouvelle candidature du président Bouteflika à l’élection présidentielle. Il est resté pacifique et non-violent, ce qui n’a pas empêché de nombreuses arrestations et de lourdes condamnations. Ses objectifs étaient institutionnels, mais il était aussi l’expression de revendications sociales, civiques et de liberté d’expression. Le hirak est apparu comme un espoir, celui d’une vie nouvelle. Depuis l’élection présidentielle organisée en Algérie en décembre 2019, puis le confinement dû à l’épidémie de la Covid-19, il cherche à perdurer. Le sentiment d’urgence se fait encore sentir. Il faut rappeler que, neuf ans avant ces événements en Algérie, le printemps arabe était né en Tunisie puis en Égypte, avant de s’étendre à presque tous les pays arabes. Les citoyens s’élevaient contre les régimes autoritaires, le prix élevé des produits de première nécessité, le chômage, la misère… Ces mouvements ont été aussi, au départ, non-violents. Les manifestations ont débouché, pour certaines d’entre elles, sur des phases dures de répression, mais ont aussi permis la chute d’un certain nombre de régimes autoritaires. Néanmoins, la démocratie a rarement progressé, et les questions économiques et sociales sont loin d’être réglées. Ce qui frappe, c’est que, loin de ces bouillonnements, d’autres mouvements se sont créés avec quelques références communes. Ainsi, au Chili, a éclaté en octobre 2019 une crise sociale violente à l’initiative des étudiants et des forces syndicales face à un gouvernement ultralibéral. De fait, un Chilien sur deux vit avec moins de 480 euros par mois. Là comme dans d’autres pays, la fracture sociale a conduit à une explosion citoyenne. Plus surprenant compte tenu de sa terrible situation, l’Irak a été secoué en 2019 par une révolte des plus pauvres, au départ pacifique mais réprimée dans la violence avec de nombreux morts. Le gouvernement irakien a dû s’engager à mettre en œuvre des mesures sociales : allocation pour jeunes chômeurs, construction d’habitations et aide au logement, aide aux petits marchands, etc. D’autres mouvements dans d’autres pays pourraient être cités, sur chacun des continents. Partout se constate un rejet du divorce entre les besoins de base et un système socio-économique défaillant ou insuffisant ; avec des listes convergentes de besoins sanitaires, d’habitat, d’éducation, d’accès à l’alimentation, à l’énergie, etc. D’autres motivations sont apparues, avec une volonté croissante d’accéder à la vie culturelle et aux nouveaux modes de vie et activités rendus possibles par les innovations technologiques. In Economie sociale et solidaire : clé des possibles  aux éditions Les Petits matins .

 

 

 


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