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La presse mondiale salue Rachid Taha : Le pop…populaire

20 septembre 2018 à 0 h 34 min

C’est une pluie d’hommages qui ne cesse de tomber jusqu’à aujourd’hui à l’endroit de Rachid Taha, l’enfant terrible de Sig (wilaya de Mascara, fils d’une mère sigoise et d’un père originaire de Sidi Aïch,  Béjaïa), célèbre pour son hit planétaire, Ya rayaeh, une reprise du maître du chaâbi, Dahmane El Harrachi.

Et la presse est unanime : Rachid Taha était une pop star, un chanteur hors norme, un showman qui a énormément apporté à la musique algérienne, maghrébine, panarabe et surtout universelle. Dépassant l’acception galvaudée dont on a usé et abusé de «world music». Un inclassable, un trait d’union entre les cultures, un taulier du gros son roots (racines), rock, raï et une extension chaâbi (Ya rayeh). Et de surcroît, sensible à ses semblables, les humains de par le monde.

« TAHA WAS A ROLLING STONE »

Le prestigieux magazine américain, Rolling Stone, a rendu un hommage appuyé sous la plume de Robert Christgau en titrant  «Remembering Rai & Rock Troublemaker Rachid Taha» (Souvenir du fauteur de troubles du raï et rock, Rachid Taha) : «Taha était une star qui n’a jamais semblé être terriblement intéressée à devenir une immense célébrité.

Parce qu’il est l’un des rares artistes qui a préféré vivre une belle vie simple et ne pas se gargariser par un nom célèbre. Et cela se reflétait en partie à travers son scepticisme à l’égard des Européens, qui contrôlaient encore le commerce et l’esprit de clocher musical des demi-dieux raï à la mode de Khaled. Au lieu de cela, Taha est devenu un intellectuel indépendant, autodidacte, qui savait comment parler.

Plusieurs de ses collaborations avec Mick Jones (le guitariste de Clash), ont apporté une force morale à des événements, par exemple contre la guerre et les conflits dans le monde. Et d’autre part, Taha possédait un côté doux. Il s’est penché davantage sur les mélodies anciennes et nouvelles au fur et à mesure qu’il vieillissait, allant jusqu’à reprendre It’s Now or Never d’Elvis sur l’album Zoom, en 2013. Et même si le morceau le plus frappant de cet album cultive une ambiance masculine, les paroles en arabe de Jamila sont une attaque  »pro-femmes » contre les mariages forcés et arrangés…»

«Il était devenu une rock star»

Le quotidien britannique The Guardian n’est pas en reste. Il titre : «Singer Rachid Taha, who fused Arabic music and rock.» (le chanteur Rachid Taha, celui fusionné la musique arabe au rock). Il insiste sur l’apport musical novateur du chanteur, auteur, compositeur et interprète, Rachid Taha. Celui qui a ébranlé la scène musicale mondiale avec une fusion enflammée, ardente et inventive, mêlant des styles musicaux algériens, maghrébins au rock, techno ou encore le punk. «Rachid Taha, un personnage à la bohème attachant, influencé par le Clash et par la musique chaâbie et raï.

Il était devenu un artiste à succès, un grand vendeur de disques dans le monde arabe et on se souviendra du Rock el Casbah, une reprise remarquable du fameux titre des Clash, Rock The Casbah, en 2004, et de son hit international Ya rayah, ainsi que de son énergie, ses prises de position politiques et son esprit colérique (contre la guerre, le racisme, l’intolérance…)». Le New York Times salue son œuvre, son style musical et puis ce personnage entier épris de liberté. Pour le journal américain, Rachid Taha, «était devenu une rock star» en France et dans le monde.

Et ce, avec des paroles affirmées et une musique mêlant son national algérien, le chaâbi, le raï, aux rythmes rock, punk,funk et électronique : «M. Taha est devenu le porte-parole des immigrants d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient en tant que leader du groupe Carte de séjour. Chantant en arabe, ses thèmes portaient sur l’immigration, l’injustice, le racisme…Il était resté provocateur et « polémique » durant sa carrière solo qu’il a entamée dans les années 1990. Avec des chansons dénonçant la répression et la dictature dans le monde arabe, l’incompréhension occidentale envers les cultures arabes, la nostalgie aveugle, les préjugés, les malversations…».

MESSAGE DE THAïLANDE

Le Bangkok Post (Thaïlande) saluera l’engagement de Rachid Taha : «A tribute to Rachid Taha who never was afraid to be political…

(hommage à Rachid Taha qui n’avait jamais peur d’être politique….» Le journal Le Monde (France) mettra l’emphase sur son impact en France : «Rachid Taha était une des personnalités fortes et attachantes de la scène rock hexagonale depuis ses débuts, en 1981, avec le groupe Carte de séjour, qu’il avait formé à Lyon avec quatre autres musiciens. Incarnant la jeune génération des années 1980, le groupe participa notamment à la fameuse marche pour l’égalité et contre le racisme en 1983…» Libération reviendra sur son influence : «Rachid Taha est le pionnier du rock alternatif et des fusions entre les musiques populaires d’Occident, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, cet éternel outsider de la scène française, qui était réputé pour son refus des étiquettes (world, raï, variété…) et son tempérament brûlant. Membre du groupe emblématique de son temps -Carte de séjour- connu pour sa reprise remuante du Douce France de Charles Trenet, il participa notoirement à la Marche des Beurs de 1983…» Les Inroks titreront : «Rachid Taha, mort d’une incarnation de l’indépendance entre raï, rock et electro». Télérama se remémore le personnage : «C’était cela Rachid Taha : un mélange de trash et de classe, de fête et d’acuité, de flambe et de simplicité.

Un habitué du Café des sports, rue de Ménilmontant, et du Rosa Bonheur, sur la butte Chaumont, capable sur un coup de cœur et de tête de chausser ses babouches pour aller parader sur les Champs-Elysées. Deux ans plus tard, il revenait sur le devant de la scène avec Zoom, album ténébreux à la grâce gainsbourienne, hanté par les fantômes d’Oum Kalthoum, de Kurt Cobain et d’Elvis Presley. Au Trianon, on avait retrouvé le Rachid Taha des grands soirs : fatigué, porté par le fidèle Hakim Hamadouche, mandoliste génial et formidable chanteur d’appoint, mais habité par la classe et la niaque, rock’n’roll comme jamais.» «Ça va vous rappeler que vous êtes grands-pères et grands-mères, bande de cons ! , avait-il hurlé en entonnant l’inusable Ya rayah, accompagné par Rodolphe Burger et Mick Jones. »

ON EVOQUE SA MALADIE D’ARNOLD CHIARI

Le magazine français Gala reprendra El Watan à propos des révélations de Rachid Taha portant sur sa maladie génétique rare, et ce, à Mascara, en octobre 2017 (une information diffusée sur le Net il y dix mois). «Mais ce que le monde ne savait pas, c’est que l’artiste souffrait d’une maladie génétique qui lui compliquait la vie.

Cette pathologie qui le faisait souffrir n’est autre que la maladie d’Arnold Chiari, une malformation congénitale du cervelet très rare, ainsi que l’avait expliqué le principal intéressé dans les colonnes d’El Watan. «J’en ai marre que les gens me prennent pour quelqu’un de ‘‘bourré’’ sur scène.

Alors que ce sont les symptômes de la maladie d’Arnold Chiari», expliquait-il. «Cela génère un dérèglement dans le corps. J’aurais pu en parler depuis longtemps. Je ne voulais pas qu’on ait pitié de moi.» Plus que tout, il refusait que cette maladie l’empêche de vivre… Le magazine Femmes actuelles relayera aussi El Watan  en titrant «Mort de Rachid Taha : le chanteur souffrait d’une maladie rare depuis 30 ans» : Le quotidien algérien El Watan lève le voile sur une maladie qui le rongeait depuis de nombreuses années : le syndrome d’Arnold Chiari….

Jeudi 13 septembre, le quotidien algérien El Watan a révélé cette maladie, qu’avait confiée le musicien avant son décès : le syndrome d’Arnold Chiari.

Malformation congénitale du cervelet, cette maladie rare provoque des troubles neurologiques. Rachid Taha a décidé de se confier à El Watan pour «alerter, sensibiliser les gens quant à cette maladie, et surtout prévenir et se prémunir des mariages consanguins», rapporte le quotidien. «J’en ai marre que les gens me prennent pour quelqu’un de ‘bourré’ sur scène, déclarait-il. Alors que ce sont les symptômes de la maladie d’Arnold Chiari. Je titube, car je perds l’équilibre.

Je vacille. Cela génère un dérèglement dans le corps, […] l’incontinence, un calvaire, la constipation et bien sûr le déséquilibre…[…] C’est une maladie où l’on peut perdre la vue». » Rachid Taha a découvert sa maladie à l’âge de 27 ans, en 1987, après avoir perdu de la force dans sa main droite. Il a finalement été opéré à deux reprises, en 1989 et 1999.

Pour lui, ce syndrome vient de la consanguinité : «Mes grand-mères étaient des sœurs. Elles portaient le même nom. Elles avaient le même père et la même mère. Et mon père s’est marié avec sa cousine. […] Arrêtez de vous marier entre vous !» L’hebdomadaire marocain Tel Quel rendra hommage au chanteur algérien avec ce titre : « »Rachid Taha, adieu camarade ». C’est de la perte d’un artiste de haut vol, d’un ami, d’un frère.

Il ne concevait pas de s’adresser à quelqu’un sans le toucher ou passer la main sur son épaule. Rachid Taha dégoulinait de sympathie. Il aimait aimer, avec fougue, rage et excès. Il a peut-être brûlé la mèche par les deux bouts, mais a rendu heureux une flopée d’admirateurs…»  


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