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BOUTADJINE ET MERIBAÏ AU CENTRE CULTUREL ISLAMIQUE DE JIJEL

«La politique et l’idéologie nuisent à la langue arabe»

29 décembre 2021 à 10 h 03 min

La rencontre a permis de dévoiler le projet «Dakhira», qui consiste en la numérisation des écrits arabes, la création d’une banque de données, et fournir des logiciels et un moteur de recherche propre pour faciliter le travail.

 

C’est une rencontre fort intéressante à laquelle nous avons assisté, jeudi dernier, au Centre culturel islamique de Jijel, où deux universitaires, le Pr Saïd Boutadjine et le Dr Cherif Meribaï ont décortiqué les écueils qui peuvent se dresser contre l’essor de la langue arabe.

Organisée par la Bibliothèque principale de wilaya, en collaboration avec la maison d’édition et de traduction Wamda, cette manifestation a été organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la langue arabe célébrée chaque 18 décembre. La particularité des interventions sous la supervision du modérateur, le poète Abderahmane Bouzerba, est qu’elles étaient bien loin des sentiers tortueux et ronronnants au profit d’un discours clair, réaliste et surtout méthodique.

L’universitaire, écrivain et traducteur Saïd Boutadjine a planché sur la réalité et les pratiques linguistiques en revenant sur la vingtaine d’années de ses travaux sur les problèmes terminologiques dans le monde arabe et sur la manière d’aller vers une mise à niveau et des écueils dans la traduction vers arabe. «En premier lieu, en tant que chercheur, il faut éloigner les questions politiques et idéologiques parce qu’elles causent de grands dommages à la langue plus qu’elles ne la servent, que ce soit de la part de ses soutiens ou de ses adversaires», dira-t-il. Il parlera des travaux qui sont menées dans certains pays, notamment au Maghreb et dans le Golfe, pour arriver à dire qu’aujourd’hui : «Nous avons le pôle marocain, un autre au Moyen-Orient et enfin un troisième dans les pays du Golfe.»

Ce dernier, précisera-t-il, travaille de manière très forte en y injectant des sommes importantes. En parlant du champ de la traduction et de la terminologie, il estimera que l’université algérienne est isolée de ce qui se passe dans les pays arabes. Il ne manquera pas de relever que ce n’est pas exclusivement un problème arabe, mais mondial. Il relèvera le manque de complexes, notamment pour la langue française qui intègre des mots de diverses origines dont l’arabe.

À travers ses expériences de traduction, Boutadjine rappelle avoir insisté beaucoup sur la question de la terminologie et de la sémantique pour finir par lâcher que « la traduction n’est pas figée et définitive. » En s’appuyant sur des faits relatifs à des travaux sur des lexiques, il conclura que « la question n’est pas un problème de la langue arabe autant qu’elle est politique. »

Renoncer aux discours absurdes

La deuxième intervention est celle de Cherif Meribaï qui est revenu sur le projet «Dakhira» (dans le sens banque de données) arabe et son rôle dans l’enrichissement du contenu numérique.

Pour lui, en tant que représentant de l’Algérie et responsable de l’organisation en Algérie (www.cndhakhira-alarabiyya.dz), parler de la langue comme à cette occasion, c’est avant tout renoncer à la rhétorique et aux discours absurdes et hautes qualités avec laquelle on l’habille, mais plutôt de voir comment développer cette langue et chercher les voies à suivre pour la rendre mondiale.

Il reviendra sur la genèse du projet «Dakhira» dont le mérite, reconnaîtra-t-il, revient au défunt linguiste Abderahmane Hadj Salah, et qui sera adopté en septembre 2010 par la Ligue des États arabes qui créera à cet effet une Organisation suprême.

On rappellera que ce projet portant statut de l’organisation suprême de la Dakhira arabe, dont le siège est à Alger, a été ratifié par l’Algérie en 2011 à travers le décret présidentiel 12/247.

Pour l’anecdote, le conférencier rapportera que, lors d’une rencontre organisée en Algérie par Abderahmane Hadj Salah, un pays arabe avait dépêché un officier de l’armée, croyant qu’il s’agissait de «munition arabe» (dakhira). Il présentera ce projet, encore peu connu du grand public, qui consiste en la numérisation des écrits arabes, de la création d’une banque de données et de fournir des logiciels et un moteur de recherche propre pour faciliter le travail

. Le conférencier reviendra sur certaines difficultés techniques, notamment pour l’OCR (Optical Character Recognition ou logiciel de reconnaissance de caractères) lors des travaux de numérisation et qui se solde par beaucoup de fautes sur les mots en arabe.


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