La réhabilitation du Medghacen abandonnée : La décision déroutante du département de Mihoubi | El Watan
toggle menu
mardi, 20 août, 2019
  • thumbnail of elwatan20190820



  • Pub Alliance Assurance


La réhabilitation du Medghacen abandonnée : La décision déroutante du département de Mihoubi

14 février 2019 à 11 h 00 min

Jusqu’à l’été dernier, les autorités apportaient tout le soutien nécessaire et œuvraient encore pour la réussite du programme de protection du patrimoine culturel Euromed, approuvé en 2012 pour un montant global de 21,5 millions d’euros.

Mais le palais des Annassers a ses secrets que la raison ignore, car aujourd’hui et pour des raisons non avouées, le ministère de la Culture a abandonné ne serait-ce qu’une partie de ce programme, à savoir le plan de protection et de mise en valeur du site archéologique d’Imedghassen, à Batna.

La tâche titanesque et de longue haleine, entamée en 2010 et qui devait entrer dans sa phase finale en décembre dernier, a été «clandestinement» abandonnée par le département de Azeddine Mihoubi, en contradiction avec l’intérêt culturel, historique et stratégique ayant motivé d’ailleurs ce projet avec l’implication des hautes autorités de l’Etat.

Un grand point d’interrogation est suspendu sur cette volte-face, qui contraste avec la perspective créée par la dernière découverte de Sétif et le placement de l’Algérie sous les feux de la rampe internationale comme étant le nouveau berceau de l’humanité.

Que s’est-il passé ?

Alors que le ministère n’a pas pipé mot sur sa décision, c’est le président de l’association des Amis du Medghacen, Azeddine Guerfi, qui a révélé en janvier dernier l’abandon du projet. Lors d’un exposé présenté à Tlemcen, à l’occasion d’un séminaire organisé par le HCA, M. Guerfi, tout en s’interrogeant sur les tenants et les aboutissants de cette décision «aux conséquences lourdes pour le monument», et sur «l’autorité responsable de cet échec», a dénoncé le fait que la tutelle ait «laissé faire et accompagné le projet trois ans durant, pour en fin de compte annuler le processus. Ils ont aussi hypothéqué la rallonge accordée par le bailleur de fonds, l’Union européenne, pour le lancement des travaux», affirme-t-il à El Watan.

Le tombeau de Medghacen, ou lmedghassen, situé au nord de Batna, près de la RN3, reliant la capitale des Aurès et l’ancienne capitale du royaume numide, Constantine, est daté approximativement du IIIe siècle av. J.C. et serait un mausolée des rois numides. Majestueux et complexe par son architecture, ce bâtiment est considéré parmi les plus précieux de notre patrimoine historique.

Exposé à la dégradation et affecté par une malheureuse opération de restauration engagée dans les années 2000, il bénéficia enfin de cette grande et sérieuse opération de réhabilitation grâce aux efforts des Amis de Medghacen et l’implication pleine de l’Etat, par le biais du ministère de la Culture. Azeddine Mihoubi avait exprimé son inquiétude quant à l’état de dégradation du mausolée lors de sa visite sur site en décembre 2015. «Il (le mausolée, Ndlr) doit bénéficier de la prise en chargé nécessaire et adéquate», insistait-il à dire devant les autorités de la wilaya. Est-il au courant aujourd’hui de cette nouvelle décision ?

Le projet, financé par l’Union européenne, devait aboutir à l’établissement d’une étude détaillée de conservation et de mise en valeur, d’une part, et à l’exécution de travaux d’urgence de protection et de sécurisation, d’autre part. Il fut confié au bureau d’études Louis Berger. Le premier volet du projet de réhabilitation a débuté en mars 2015 et devait normalement s’achever en 2018, explique M. Guerfi dans un rappel des faits.

Impasse

En avril 2015, une équipe d’experts internationaux a effectué des relevés photogrammétriques et au laser scanner 3D, en étroite collaboration avec l’OGEBC et la direction de la culture de la wilaya de Batna. Ces techniques ont permis d’identifier avec précision les parties nécessitant une intervention pour la restauration du monument.

Cette étape fut suivie par des sondages archéologiques effectués en novembre 2015 par l’équipe de Mahfoud Ferroukhiet, qui ont débouché sur des résultats prometteurs, toujours selon le président de l’association. Ces travaux devaient être complétés par une mission composée d’experts européens conduite par l’archéologue Castro Alexis et qui devait faire le déplacement à Batna, en septembre 2018, comme annoncé à l’APS par le directeur de la culture de wilaya, Omar Kaabour.

Le diagnostic, commandé à cette mission, devait permettre aux experts d’entamer les travaux de protection et de préservation du site antique. C’est à ce moment que le processus fut interrompu par la tutelle sous prétexte que «la qualité des rendus très en deçà des objectifs fixés en amont au bureau Louis Berger», affirme M. Guerfi.

Mais alors, pourquoi avoir attendu trois années pour rejeter cette étude et pourquoi hypothéquer la rallonge accordée pour les travaux de réhabilitation ?, regrette encore l’association, pour laquelle cette situation place le monument dans l’impasse. Les Amis du Medghacen estiment que «seule une décision hautement politique pourra sauver l’ensemble du patrimoine numide, entre autres la proposition d’une année consacrée au patrimoine amazigh dans un futur proche». 


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!