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Kamel Touati : Une voix qui s’éclaircit pour une voie

10 août 2018 à 5 h 04 min

Il a à peine 30 ans, il a beaucoup d’ambition dans le domaine musical. Il écrit ses textes et compose aussi ses mélodies. Avec sa voix, il se trace la voie d’un artiste ayant des rêves tout modestes.

Il a l’élégance d’un artiste. Une carrure massive et surtout une allure gnawie. Il chante plus le rock qu’autre chose. Il est passionné par sa guitare. Il s’appelle Kamel Touati. Il est auteur compositeur.

Il commence à peine ses démarches pour son tout premier album. Pour le public, il n’est pas encore connu à grande échelle. Il fait ses premiers pas, doucement mais paisiblement et sûrement. Il adore ce qu’il fait.

Encouragé particulièrement par son père, aussi un musicien, il touche à sa première guitare à l’âge de 13 ans. Un peu héréditaire mais avec beaucoup de passion. Peu à peu, la maîtrise est là. A à peine 14 ans, il monte sur scène. Il chante.

A cette époque, il était plus rappeur que guitariste. Il écrivait même des textes qui exprimaient ses peines, le vécu, la vie. Ce n’est qu’en 2009 que la voix change de voie. Il compose en choisissant la chanson moderne. D’une simplicité indescriptible mais d’une curiosité immense. Il fait partie de ces artistes encore dans l’ombre qui ont de l’art à exprimer.

Des artistes convaincus que l’art se vit, se donne et se partage. Nous l’avons rencontré à la 15e édition de Racont’Arts au village Tiferdoud, en Kabylie, qui s’est clôturé le 26 juillet dernier.

Il ne s’agit pas d’un artiste connu, mais il fait partie de ces chanteurs qui se déplacent avec leur propres moyens, sans invitation aucune, à ce genre de festival. L’important pour lui est d’échanger de l’art et de découvrir d’autres artistes. Il tourne, il fait des va-et-vient dans le village entre les différents ateliers.

Guitare sur l’épaule, il cherche un coin paisible pour s’installer et jouer quelques morceaux. Il ne refuse jamais à un groupe de lui jouer de la musique mais surtout de chanter ses chansons. C’est ce que son entourage aime d’ailleurs.

Au festival, au programme off, c’est-à-dire pas officiel et pas déjà tracé préalablement, il a agréablement surpris les visiteurs, particulièrement les jeunes, avec ses chansons. Ils le rejoignent aussi facilement sur les espaces pour chanter avec lui.

A plusieurs reprises, nous assistons à ses petites rencontres musicales. Il est d’ailleurs très satisfait de sa ballade au festival, lui qui est passionné par la rencontre des artistes et le partage des expériences avec eux. «Un véritable voyage avec des amis et les échanges culturels.» Ceux qui admirent Ali Amran ou Akli D. éprouveront du plaisir à l’écouter et seront influencés par sa musique. D’ailleurs, sa voix ne diffère pas beaucoup.

C’est un adepte d’Idir aussi. Il opte beaucoup plus pour la chanson d’expression amazighe, lui qui vient de Béjaïa. Il est aussi un admirateur de Souad Massi et des Abranis. En Occident, il aime bien Scorpions, Jacques Brel, Celine Dion, Amy MacDonalds, Evanessence. En un mot, le rock est sa passion.

Passion

Il écrit lui-même les textes. Il est plus dans la nostalgie, mélancolique. Dans les ruelles de Tiferdoud, il s’est distingué surtout pas ses petites gaâdat musicales imprévues, mais aussi sa tenue vestimentaire. Un mélange entre gnawiet sahraoui avec un béret moderne. D’ailleurs, il est aussi passionné par le stylisme depuis son enfance.

Et ça se voit dans le mélange de couleurs qu’il a spécialement façonné pour l’occasion. Pourtant, pour ses études supérieures, il avait opté pour un diplôme en santé, sécurité et environnement. Il est aussi agent commercial.

Mais pour être au complet, il finit par rejoindre l’école pour avoir un diplôme de design et de décoration maison. «C’est ce que j’aime depuis mon enfance.» Son album paraîtra d’ici une année, promet-il. Il est en pleine préparation d’un album dont il vient de faire un single clip. Un album dédié à son ami qu’il a perdu trop tôt suite à un accident de la route, Hicham Mouhou, en juin 2016.

C’est avec cet ami qu’il avait acheté sa première guitare. D’ailleurs, ça se voit et s’entend, lorsqu’il utilise cette guitare, la tristesse s’invite à la mélodie. «C’est une guitare qui m’a marqué. A chaque fois que je joue avec, ça me rappelle des souvenirs profonds que j’ai partagés avec lui. Je tiens alors à ce que ce premier single soit dédié à sa mémoire.»

Souvenir

Mais la sortie de l’album n’est pas une tâche facile. «Pour le moment, compte tenu des moyens dont je dispose, je ne peux pas le faire sortir sur le marché, j’attends d’avoir une subvention et des sponsors qui peuvent m’aider et faire face ou continuer mon album et mes projets artistiques riches en harmonie et textes.»

Pour ces derniers, il en est vraiment fier, car des jeunes gardent le silence pour mieux admirer et écouter les textes. Il a marqué d’ailleurs ses qaâdat avec une chanson traduite en kabyle du poète égyptien Hichem El Chakh, sur scène, qu’il a connu en 2002, il participe aux différents événements comme Yennayer, le 8 Mars ou la célébration du Printemps berbère, le public l’apprécie.

Pour le moment, il écrit ses textes puis compose ses mélodies. Mais ce qu’il veut surtout, c’est chanter des poèmes de poètes connus.

 

 

Ma destination préférée
Visiter des sites historiques… Des villages anciens, le Grand Sud, la montagne. Ce sont mes sources d’inspiration.
Mon rêve
Voyager et chanter à l’étranger.
Le passe-temps
La lecture qui est une source d’inspiration. Le dernier livre lu est Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo. Il adore aussi écouter les chansons de Souad Massi qu’il rêve de rencontrer. Le Bien et le mal est l’une de ses chansons préférées.

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