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Koenraad De Smet. Docteur en sciences agronomiques en Belgique

Jusqu’ici, l’espèce n’a jamais été signalée en Afrique du Nord

22 février 2019 à 11 h 00 min

– La découverte confirmée de l’hermine dans les régions de Bordj Bou Arréridj et du Djurdjura doit-elle être considérée comme celle d’une nouvelle espèce ?

Non, ce n’est pas une nouvelle espèce mais plus l’extension à Afrique de l’aire de répartition l’hermine européenne. Jusqu’ici l’espèce n’a jamais été signalée en Afrique du Nord. En Europe, elle est absente dans les régions méditerranéennes. En Afrique du Nord, elle a été confondue avec la belette, son petit neveu, par ailleurs bien réparti en Algérie du Nord. Il ne faut pas oublier, que, même en Algérie du Nord, la faune est très mal connue !

– Comment la confirmation s’est-elle effectuée ? Quel est ce protocole qui a exigé beaucoup de temps ?

Les premières images provenaient de Mourad Harzallah, qui les a postées sur Facebook. Après il a pu faire un beau film qui montre le comportement de l’animal. Ces images ont été montrées à plusieurs spécialistes européens qui ont confirmé, indépendamment les uns des autres, que cet animal était une hermine. Un problème restait : le bout de la queue noire. Les images prises en Kabylie fournies par la suite ont bien montré un autre individu avec le bout de la queue bien noir.

Ceci n’est pas la fin de l’histoire parce qu’il faut obtenir de l’ADN, c’est-à-dire le matériel génétique de ces animaux et le comparer avec les hermines européennes pour dire si c’est une espèce à part ou pas, c’est-à-dire une nouvelle espèce ou pas. Et jusqu’ici on n’a pas réussi à en capturer pour avoir un échantillon ni même trouver un exemplaire mort. Il reste donc un grand travail à faire.

– Comment pourrait-on expliquer cette réapparition ? Y a-t-il des mesures urgentes à prendre ?

Il n’agit pas de réapparition, mais d’une documentation sur la présence d’une espèce dans une grande région. Il n’est pas exclu qu’elle ait été introduite par l’homme en Afrique du Nord. Au nord de Bordj Bou Arréridj, on trouve aussi, à proximité d’un ancien cimetière, un arbre exclusivement connu en Grèce et Turquie. Qu’est-ce qu’il fait là ? En plus, les analyses génétiques sur son petit cousin la belette montrent que celles du Maghreb sont plus proches des cousins du Nord-Est méditerranéen que ceux de l’Espagne, d’Italie ou de France.

Est-ce que l’homme l’a introduit ? Pas sûr, mais pas à exclure non plus. N’oublions pas que les genettes et mangoustes d’Espagne viennent aussi des introductions à partir d’Afrique du Nord pendant la période musulmane.  Donc, il un travail à poursuivre ! Et la preuve aussi que le travail de terrain des naturalistes en Algérie nous prépare encore pas mal de surprises !

– Koenraad De Smet est docteur en sciences agronomiques de l’université d’Etat de Gent (Belgique), spécialisé sur le thème de la distribution et du choix de l’habitat des grands mammifères d’Algérie dans le cadre de la protection de la nature (1989). Directeur de recherches à l’université d’Antwerpen depuis 1998, il aété directeur de la nature en Flandre, de 1997 jusqu’à sa retraite, en 2012. Il a sillonné le pays de bout en bout durant son séjour en Algérie comme enseignant à l’INA tout en étant ingénieur des forêts de l’administration belge. Consultant et expert, il est le spécialiste de la faune de l’Afrique du Nord.
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