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lundi, 13 juillet, 2020
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Jérôme Cervera. Ecrivain

J’essaie de construire une identité artistique aux apports culturels multiples, harmonisés, et qui soit propice, des deux côtés de la Méditerranée, à l’enrichissement mutuel

07 décembre 2018 à 10 h 00 min

– Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire le livre ? (Repérer s’il y a un événement déclencheur, un contexte particulier). Pouvez-vous m’en parler en quelques mots ?

Mon rapport à l’écriture est comparable à celui que j’ai développé avec l’Algérie : rien ne me prédestinait à me tourner vers la littérature et à m’intéresser à ce pays. Dans les deux cas, j’étais réticent à tendre vers l’un et l’autre. Cette passion résulte d’un long cheminement personnel. Le mérite revient aux auteurs libanais et algériens d’expression française qui ont réussi à inoculer chez moi ce goût pour la lecture.

Les grands écrivains égyptiens, comme Naguib Mahfouz, la romancière iranienne Nahal Tajadod, les poètes Nizar Kabbani ou Mahmoud Darwish, y ont largement contribué. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il m’aura fallu opérer ce détour par l’Orient pour revenir vers les classiques français. L’admiration que vouait Goethe au prophète Mohammed et au raffinement perse a fait naître beaucoup d’interrogations chez moi. Pourquoi une telle fascination ? Etait-elle réellement justifiée ?

C’est en effectuant un travail de recherche sur mes origines espagnoles que j’ai découvert l’univers andalou et que je me suis lié d’amitié avec des musiciens algériens. Lorsque je suis venu la première fois sur Alger, je n’avais aucune idée de ce que j’allais concevoir. Bien que j’eu été familiarisé avec certains aspects de cette culture, je redoutais d’avoir à ressentir de l’hostilité du fait que je suis citoyen français. Après être rentré de mon premier voyage, j’ai publié un petit texte dans lequel je me suis livré à cœur ouvert.

Les réactions furent viscérales auprès de tous ceux et celles qui avaient suivi mes tribulations via les réseaux sociaux. Elles donnèrent lieu à des débordements lacrymaux dont je n’aurais jamais imaginé être capable. J’ai réalisé à ce moment-là le pouvoir que pouvait exercer l’écriture. Et j’eus la sensation d’avoir mis le doigt sur un point extrêmement délicat.

Ce pays et sa population ne méritent pas le dédain qu’on peut leur témoigner en France. Les Algériens ont beau avoir subi des pertes considérables à cause du colonialisme et de la guerre qui était devenue inévitable, c’est chez les Français que le sentiment de rancune est le plus vif. Il m’est apparu alors évident qu’il fallait écrire pour réinvestir cet espace commun bien trop engorgé par la violence et verrouillé par les enjeux politiques.

Mais il me restait à déterminer un angle d’approche pour y parvenir. Je reste attristé de constater qu’il y a beaucoup d’amertume et de regret de part et d’autre. L’art peut contribuer à sublimer cette souffrance. «Déclarer sa flamme à l’Algérie, c’est déjà le début de la résilience.» A chacun de mes retours, j’écume toutes les librairies afin d’y dénicher des nouveautés, avant même qu’elles ne soient publiées en France.

Il m’a également été autorisé de consulter les archives de La Casbah situées au Bastion 23 et d’accéder à la grande bibliothèque du musée Bardo. Concernant la musique, certaines chaînes Youtube proposent un florilège de la musique algérienne dont on sous-estime complètement la richesse de son large répertoire. J’ai pris pour habitude de visiter les artisans de La Casbah et d’arpenter les ateliers de confection afin d’y glaner un maximum d’informations. Et rien que pour le plaisir, je retourne les voir dès que l’opportunité me le permet.

En ce qui concerne l’élaboration de mon livre, c’est un long travail de prospection sur le terrain. J’esquisse l’ossature du texte au fur et à mesure de mes observations réalisées sur place. S’ensuit un fastidieux travail de rédaction durant lequel j’élague les paragraphes et peaufine chaque formule. De plus, quand je réside à La Casbah, je ne sors jamais de la douira sans mes calepins. Dziriya aura nécessité une quinzaine de voyages étalée sur deux ans. Je me rappelle avoir arpenté à pied les 6 ou 7 kilomètres qui séparent Sidi Fredj de Staoueli, rien que pour observer la faune et la flore.

– Qu’avez-vous appris dans la culture algéroise et qu’est-ce qui vous a marqué le plus ?

Depuis que j’ai fait le choix de m’investir en Algérie et de travailler sur le thème de cette culture, je n’ai jamais vécu une situation qui ait remis en question mon engagement. Je ne reste pas insensible aux discours empreints de fatalité que je peux parfois entendre, et je partage même les inquiétudes des Algériens au sujet de l’avenir, mais l’enthousiasme suscité par mes incessantes rencontres ne fait que d’accroître ma conviction.

Participer à deux émissions télévisées en Algérie m’a procuré une immense satisfaction. Une aubaine pour faire la connaissance d’autres fervents passionnés venus des quatre coins du monde. Mais au-delà de la joie que génèrent les rencontres, c’est la fierté d’arborer la tenue traditionnelle algéroise qui m’en a procuré une plus grande.

Ce qui interpelle de prime abord, c’est la grande promiscuité qui règne au sein de la mythique médina. Cette intimité partagée contraint les familles à respecter des règles très strictes, qui elles-mêmes régissent les mœurs des Casbadjis. Les notions de pudeur, de discrétion et d’honneur prévalent dans les rapports humains, et rejettent tout ce qui est ostentatoire, aguicheur ou vulgaire. Les habitants de cette cité antique forment une communauté unie par le destin, qui reste toujours prête à se lever comme un seul homme en cas de grande difficulté.

L’argent et tout ce qui relève du matériel passent au second plan. Contrairement à ce qu’on peut regretter parfois en Europe, il est inimaginable de mourir de solitude et d’isolement pour un Algérien vivant au pays. Je ne cherche pas à dépeindre une vision idyllique, car maints problèmes restent à résoudre en Algérie, mais à mettre en avant les forces et les qualités de ce pays.

Et ce sont dans ces valeurs que je me suis le mieux retrouvé, et que défends désormais corps et âme. Soyons un brin idéaliste. Dans ce monde occidental où l’argent et les plans de carrière priment, où le narcissisme poussé à l’extrême et l’individualisme font des ravages, l’Algérie peut incarner une alternative. Ces tendances gangrènent la société algérienne, mais une bonne partie continue à résister fort heureusement. Et c’est vers elle que mon regard se concentre.

– Ecrire pour vous est-il forcément lié à une sorte d’engagement ou de dénonciation sociale ? Est-ce le passé colonial avec la France ?

L’histoire entre nos deux pays s’apparente à un fardeau très lourd à porter. Difficile de les évoquer sans réveiller la sempiternelle rengaine des deux côtés de la Méditerranée. On avance à petit pas et les polémiques successives ternissent la qualité des relations que nous entretenons depuis l’indépendance. A mon sens, les Algériens ont pris de l’avance sur le plan de la réflexion qu’il faut élaborer au sujet du passé.

Ils ont fait un travail de conscience qu’il leur a permis de bien cerner l’origine du projet colonial et de sa propagande. Ils ont su distinguer les différents types de colons (les communistes qui se sont rangés du côté du FLN, les civils pris en tenaille et les jusqu’au-boutistes de l’OAS bien résolus à user de tous les moyens pour arriver à leurs fins).

Chez nous en France, l’Algérien reste très souvent apparenté à la figure du zmigri, cet immigré de banlieue qui rencontre des difficultés d’intégration, et qui, en sus, a adopté les travers des deux communautés. Même si nous ne pouvons pas refaire l’histoire, encore moins conjurer nos souffrances respectives, il est important de se témoigner de l’empathie, d’aborder l’histoire sans complaisance.

Parmi la pléthore d’artistes qui composait le contingent français, certains ont pris le parti de dénoncer les méfaits du colonialisme en faisant fi des colons et des conquêtes de l’armée française.  Dès leur arrivée, ils ont compris que les dégâts engendrés par la colonisation allaient être irréversibles. Je pense à Gustave Guillaume qui a peint la misère des Algériens, à Etienne Nasreddine Dinet et à Isabelle Eberhardt qui ont fait le choix, un peu fou, pour l’époque, de s’implanter et de vivre parmi les autochtones. Subtilement, c’est un clin d’œil que j’ai voulu leur adresser. On présente souvent les figures de l’Emir Abdelkader et de Hussein Dey comme des personnalités controversées.

Sans vouloir rouvrir le sujet, je pense qu’il est grand temps d’essayer de tirer des leçons de sagesse. Je ne cherche pas à dédouaner la France, à blanchir les crimes coloniaux, ni à réhabiliter telle ou telle personnalité historique, mais à tirer un enseignement. Mon travail participe, en quelque sorte, à revaloriser ce que le colonialisme a voulu faire disparaître.

Toute œuvre d’art recèle un message. Celui-ci devient politique lorsqu’il vise à rallier, à promouvoir l’idéologie qu’il porte. Le mien est très clair : nous sommes en quête d’harmonie et le goût pour les belles choses reste le meilleur outil pour faire converger nos sensibilités. La rencontre avec Dziriya se ponctue par des paroles pleines de prémonition. «Les livres ont leur destin», disait Terentius. Peut-être que le mien est étroitement lié à celui-ci ? L’Algérie m’a considérablement enrichi sur le plan humain. J’ai écrit ce livre en guise de reconnaissance. Et c’est ce que je me suis attelé à faire ressortir à travers ce livre.

– Jérôme Cervera

Né à Nîmes en 1981. Il a entrepris des études de génie civil puis de communication visuelle, mais qu’il n’a pas eu l’occasion de terminer du fait de sa passion pour l’art. Jérôme est autodidacte dans la pratique de la ferronnerie d’art, de la photographie, mais aussi dans l’écriture.

Durant des années, il revisite les lieux du XIXe siècle qui à ses yeux incarnent la déshumanisation de la société. Son influence lui vient du préraphaélisme anglais, un mouvement issu du conformisme académique, de l’art nouveau et surtout par le romantisme français et allemand.

En 2015, il publia son premier ouvrage intitulé Si le silence est d’or, la parole doit être divine, en collaboration avec l’imprimerie Trace. Jérôme a voulu harmoniser la quintessence des cultures occidentale et orientale. En 2016, c’est vers l’Algérie qu’il se tourne afin de découvrir les paysages de Kabylie et la beauté de la baie d’Alger. Une initiative qui a été gratifiée par l’élaboration d’un nouveau projet, celui de l’écriture du livre Dziriya, publié en 2017. Un livre inspiré de la culture algérienne.

Bonnes feuilles

Sidi Fredj
Une main en guise de casquette pour se prémunir de l’éblouissement, nous commencions à apercevoir le front de mer qui affleurait à l’horizon. Seules quelques stries nébuleuses et indociles en contrariaient la netteté.
Deux jours auparavant, nous avions quitté Toulon, durant une belle journée qui faisait tenir à la saison estivale, toutes ses promesses.
La traversée fut calme. Le houlement langoureux qui nous balançait durant la nuit fut propice à l’imagination. J’eus tout le loisir d’épisser les deux continents durant mon sommeil.
Ma curiosité était enhardie à mesure que l’on se rapprochait, et la plage se mit à osciller comme un mirage.
Peu à peu, mes yeux se gorgeaient de concupiscence et je la vis se bosseler comme la face dorsale d’une main dont la peau s’épanouit sensuellement sous l’ardeur du soleil.
Les gabiers s’étaient hissés en haut des vergues pour ferler la misaine tandis que le reste de l’équipage s’activait à jeter l’ancre. Nous voguions désormais à très faible vitesse alors qu’à la pointe du mât, l’étendard s’ébrouait de plus en plus dans les airs. Les préparatifs allaient bon train et notre escorte était en vue.
Rivé sur la proue, j’observais cette intrépide muse habituée à subir les humeurs du temps. Le banc de nuages aperçu quelques heures auparavant fut le premier à débarquer.
Au loin, les pins d’Alep qui surplombent la forêt de Sidi Fredj s’agitaient et le ciel se mascarait de façon inquiétante. Lorsque leur voile de verdure se bombait, on eut cru à une armada composée de frégates prêtes à s’élancer pour venir à notre rencontre.
La brise jusqu’à lors légère devint carabinée. Elle nous échevelait énergiquement, tandis que de grosses vagues claquaient contre les rochers et balayaient le rivage à long bruit. Les effluves iodées et autres odeurs que renferment les fonds marins semblaient accourir de tous les côtés pour se réfugier dans les cabanes de pêcheurs nous faisant face.
Les matelots se hâtèrent de mouiller la galère et dans laquelle deux chiourmes descendirent aussitôt. Je pris place à mon tour, assis, calé entre les bagages, avec l’espoir que cette dernière traversée se serait déroulée sans encombre dans cet environnement rendu inhospitalier. Les bras des hommes ne tardèrent pas à suer. Ils forçaient sur les rames pour nous dégager de la muraille contre laquelle nous étions ballottés.
La mer agitée se gonflait selon les remous, et les mouvements de pales effectués avec vigueur déchiraient sa surface afin d’en laisser échapper la furie…
… De longues minutes empreintes d’inquiétude s’écoulèrent, durant lesquelles le revers de nos manches essuyait les postillons de cette mer coléreuse, et bien que soulagés d’avoir pu échouer sur le sable sans subir une plus grande avanie, la menace enflait toujours au-dessus de nos têtes.
Une poignée de janissaires diligentée par l’autorité pour venir quérir leur hôte se tenait cambrée sur des chevaux harnachés aux couleurs de la régence. Ces cavaliers d’élite avaient fière allure et leur chachiyat stamboul flamboyait contre vents et marées.
Des lambeaux de bois putréfié, des résidus d’algues et des coquillages en partie empilés sous les sédiments, s’étalaient sur la grève et formaient une irrégulière ligne de front qui avançait sous leurs yeux en fonction du flux des résurgences.
Engoncés dans leur tenue, ces hommes semblaient figés dans une raideur toute soldatesque. Impassibles, leur moue contenait une impatience exacerbée depuis des heures, ce qui en faisait fulminer leur pur-sang.
Ils descendirent de leur monture et retirèrent simultanément leur couvre-chef pour me saluer. Je m’inclinai honorablement à mon tour pour leur rendre la politesse et l’un d’eux s’avança : «Soyez le bienvenu, El Djazaïr est fière de vous accueillir. — Yaâtikoum essaha», lui répliquai-je spontanément.
Un léger sourire d’agrément lui détendit la face et je lus dans son regard que j’avais piqué sa curiosité. Il répondit d’un ton courtois via lequel se laissait deviner le respect :
«Allah yessalmek.»
La formule visant à m’adresser une bénédiction divine, il ajouta :
«Vous êtes chez vous.
— Je vous remercie. J’espère être à la hauteur de l’honneur qui m’est conféré.»
L’heure n’était pas aux conciliabules et il s’empressa d’écourter cette première entrevue qui se déroula sous de favorables auspices :
«Je vous prie de bien vouloir nous suivre. Vous êtes convié à assister au ftour auprès de Sidi El Dey.»
… Nous tracions tout droit, en direction de ce rideau de lumière dont les traits obliques parcouraient lentement l’étendue pour mieux en examiner le relief. Parmi les grains de poussière volatile qui pailletaient l’horizon, au-delà de ce qu’il nous était possible de voir, El Djazaïr Beni Mezghena, cité des Raïs, fille de Bologhine
Dar Essoltane
Lors du franchissement du portail, j’eus souvenance de la célèbre expédition d’Europe méridionale qui se ligua contre le pouvoir d’Hassan Agha. Je me hasardai vainement à deviner sur les imposants vantaux de bois, les stigmates occasionnés par le poignard du chevalier de Malte.
Les remparts n’avaient pas manqué de m’impressionner durant notre approche mais leur largeur le fit tout autant. Mes yeux sinuaient parmi la maille entrecroisée des briques de cette immense muraille qui, en partie dissimulée derrière un talus peuplé d’épaisses broussailles et de figuiers de barbarie en fleurs, se prolongeait à l’intérieur même de la cité, coupant ainsi la forteresse de la médina.
Une fois que nous eûmes croisé une enfilade de turbans et de burnous dont les pans avaient tendance à affleurer la poussière tapissant le sol, nous passâmes près d’un trio d’hommes à l’âge noble. Habillés d’une djellaba immaculée et coiffés d’un kufi à coton dentellé du même ton, ils s’entretenaient à voix basse sous les arcades de la mosquée Djamaâ El Berrani.
Quelques pas plus loin, nous nous retrouvions nez à nez avec une grande porte à bossages. Elle donnait accès à une sqifa greffée perpendiculairement à l’immense mur de la forteresse.
Notre arrivée fit gonfler la horde qui patientait déjà à l’entrée du palais. Le fer de nos chevaux numides martelait le sol. Ils éructaient par leurs naseaux des râles de soulagement après avoir fourni l’effort. Je caressais l’échine de ma monture pour en récompenser la bravoure et observais le remue-ménage tout autour de nous.
À cause des festivités, la grande porte cochère surmontée par deux auvents recouverts de tuiles canal était ouverte en grand. Elle était formée d’un arc en plein cintre qui prenait appui sur deux piédroits pris dans la masse et que seuls deux impostes mettaient en exergue vis-à-vis du reste du chambranle. L’ensemble était recouvert de sombres et larges plaquettes de parement taillées en pointe de diamant.
… Quand la figure hiératique du dey apparut à l’autre bout de la cour que nous venions de traverser, suivi par deux de ses émissaires, tous les regards convergèrent vers lui.
Il marchait d’un pas sûr, avec prestance, un chapelet à la main.
Ce qui me frappa d’abord, c’est le caftan d’un rouge andrinople doté de longues
manches en pagode travaillées au mejboud qui lui conférait des allures de seigneur. Il lui tombait jusqu’aux pieds. Et plus il approchait de nous, plus il devenait possible d’admirer le détail de cette merveilleuse passementerie.
Son bel âge excusait un léger embonpoint. Celui-ci était même tout pardonné quand on apprenait qu’il s’agissait d’un signe de noblesse pour cette époque.
Le dey venait d’accomplir sa dévotion dans la mosquée qui lui était réservée, à l’écart des Janissaires. Sous l’effet des libations, son visage était adouci ; et si on eût oublié son statut, j’aurais été jusqu’à dire chaleureux. Une moustache effilée à la turque et une longue barbe ajoutaient de la rondeur à sa physionomie. Les blancs filaments clairsemant ses tempes étaient aplatis, comme écrasés, par l’épais turban qui gisait sur sa tête.
Nous nous inclinâmes pour lui rendre les honneurs dus à son rang. Vint mon tour : «Tout le plaisir est pour moi de pouvoir vous présenter mes hommages.»
Ne sachant pas dans quelle langue je devais m’exprimer, j’eus quelques hésitations dans la voix.
«J’ai joie à vous rencontrer», répondit-il simplement. Hussein Dey n’était pas le genre à vouloir s’encombrer l’esprit de flagorneries.
… Le dey, qui n’avait pas eu besoin de bouger le petit doigt pour faire respecter le protocole, prit la parole et fit une invocation dédiée à Dieu, qu’il conclut par : «Ellah yakbal syamkoum.»
Puis il ajouta tout en me regardant, avec la même expression solennelle :
«La condition subsidiaire pour valider cette journée de jeûne consiste à prendre plaisir de partager ce repas. Saha ftourkoum.»



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