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samedi, 17 novembre, 2018
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Le romancier Saïd Boutadjine au Sila

«Je fais des économies de mots dans mon écriture»

08 novembre 2018 à 10 h 00 min

L’écrivain et critique littéraire Saïd Boutadjine a tout dévoilé de son écriture lors d’une rencontre «auteur miroir», organisée mardi après-midi à l’estrade du Salon international du livre d’Alger.

Comme pour mieux situer l’écriture de l’écrivain Saïd Boutadjine, l’auteur de contes pour enfants Ahmed Khiat s’est attelé à refaire ressortir l’univers philosophique du monde intellectuel de l’auteur sus-cité. Boutadjine maîtrise excellemment la langue d’El Moutanabi et les méthodologies critiques. Saïd Boutadjine a fait usage de ses connaissances de la critique moderne, contemporaine ainsi que de sa méthodologie dans l’acte d’écriture.

Place ensuite à la brillante intervention du critique et traducteur Saïd Boutadjine. D’emblée, il dit que son style d’écriture reflète sa vision des choses. Il rappelle qu’il n’appartient à aucun parti politique ni encore à aucun mouvement idéologique. Il est souvent contre lui-même en s’insurgeant contre ses pensées et ses écrits. «Je suis, tonne-t-il, un homme libre dans l’univers. Je suis libre au sens propre de la liberté. Je ne suis pas d’accord avec certains de mes travaux.

Je me relis très rarement. Je ne lis jamais un livre que j’ai publié. A mes débuts, j’étais un partisan des intellectuels. Aujourd’hui, je suis devenu contre eux. Je ne suis avec aucun courant idéologique. Je suis un mutant. Cette mutation me permet d’être libre. Le seul écrivain que je n’aime pas lire, c’est bien Saïd Boutadjine. Je ne suis pas arrogant, mais attention il n’y a pas aussi de vérité absolue dans tout ce que je dis.»

Réputé pour avoir traduit l’œuvre Nedjma de Kateb Yacine, Saïd Boutadjine révèle que ses personnages sont puisés de son environnement direct. A travers un style personnalisé, il donne à ses personnages qu’il connaît fort bien une dimension humaine et universelle. Néanmoins, comme il le souligne si bien, ses personnages appartiennent à un petit entourage bien défini avec de petites structures culturelles. «Je n’ai pas besoin d’importer Shakespeare ou encore Tolstoï. L’Algérie représente pour moi un monde où je peux trouver tous mes personnages», confie-t-il.

Boutadjine tient à préciser qu’il n’est pas un fervent amateur des idées d’importation qui sont créées en dehors de l’importation. L’universitaire révèle qu’il a beaucoup lu de textes poétiques émanant d’auteurs arabes et étrangers. Il avoue que ses lectures poétiques plurielles lui ont beaucoup servi sur le plan de la langue puisque ses textes sont rehaussés de poèmes en langue arabe classique et en dialectal.

Il a aussi tiré profit de la métaphore et de la sémiologie, «un enseignement que j’ai appris à l’université de la Sorbonne», avoue-t-il. Il dit également qu’il ne peut écrire en une heure ce qu’il a lu en une heure. Quand il utilise un qualificatif, il faut, à son sens, qu’il porte une certaine valeur dans la contextualité. Dans son écriture, il fait des économies de mots avec cependant parfois des exceptions.

Dans son écriture, Saïd Boutadjine aime travailler sur plusieurs niveaux, sur la langue en particulier. Il avoue qu’il a tiré pleinement profit de la métaphore et de la sémiologie. Saïd Boutadjine rappelle qu’à ses débuts il avait commencé par l’écriture satirique.

«Je n’écris pas à l’envers, mais j’écris le discours inversé mais naturel. Trois de mes textes ont été adaptés au théâtre mais je ne théâtralise pas mon écriture. Il ne faut pas perdre de vue que j’étais professeur de sémiologie de théâtre à l’INADC de Bordj El Kiffan» conclut-il.          

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