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Ammar Bouras. Artiste plasticien

J’aime cette période car tout le monde était engagé pour une cause

22 février 2019 à 11 h 00 min

C’est encore mieux cette fois-ci, les chefs-d’œuvre de l’artiste plasticien Ammar Bouras, nous pouvons les garder soigneusement chez soi. C’est un livre de photos en noir et blanc : 1990-1995 –Algérie, chronique photographique». Le livre, édité chez Barzakh, est en vente à 2800 DA.

C’est une rétrospective photographique de la décennie noire, des années de douleur particulièrement, mais, paradoxalement, nous sommes envahis de plaisir en ouvrant ce livre. C’est tout simplement un ouvrage splendide. Les captures sont originales et y a pas photo. Dans sa préface, Malika Rahal le résume d’ailleurs très bien : «Ce qui frappe dans les photographies, c’est l’ébullition et l’omniprésence des corps dans la rue. Elles nous en font même entendre les voix.

Ordonnée ou joyeuse, en deuil lors d’un enterrement, en colère, la foule est partout… Mais ces archives que Ammar Bouras numérise patiemment ne sont pas constituées pour le bon plaisir des historiens, fussent-ils désespérés. Elles sont la matière première de son travail d’artiste plasticien. Dans ses œuvres, il utilise souvent la photographie comme matière, support de peinture, objet de collage.» Il s’agit de photos prises de 1990 à 1995.

Des photographies prises dans le cadre de son travail – photographe de presse –, mais aussi, dit l’artiste, des coups de cœur, des instants qu’il voulait mémoriser et immortaliser. En prenant ces photos, l’artiste n’avait à aucun moment l’intention de se lancer dans ce projet. Des petits plaisirs qu’il a fini par partager avec son public, mais surtout grâce au journaliste et écrivain Adlène Meddi.

Ce dernier, qui était à la recherche d’une photo pour illuster son livre intitulé 1994 et farfouillant dans le trésor que Ammar Bouras, est tombé sur une vraie caverne d’Ali Baba. Fasciné, ébloui, il finit par convaincre Ammar d’éditer au moins un livre. «J’avais l’impression que pendant cette période tout le monde était engagé pour une cause. Je ne suis pas nostalgique pour autant. J’ai toujours préféré ici et maintenant», dit l’artiste.

Ce qui frappe dans ces photographies, c’est surtout l’humain, le visage des gens, la présence d’au moins une personne avec ses émotions et expressions de joie, de peine, tristesse… il y a de tout. La rue est souvent très animée. Au fil des images qui défilent, il y a une vraie chronologie. De lendemain des émeutes d’Octobre 1988, puis la répression, le chaos, puis des personnalisés politiques à l’ouverture démocratique.

Il y a les leaders du FFS, du FIS… Nous sommes aussi attirés par l’éclat de rire de Abdelhamid Mehri. De très beaux portraits de Fellag, Dilem, Saïd Mekbel ou Ahmed Asselah. Dans ce livre, nous suivons la transformation politique en Algérie. Pour les fans de ce genre de photographies, l’artiste donne rendez-vous en juin pour une expo de quelque… 16 000 photos. Une exposition était prévue à la sortie de cet bel ouvrage, mais elle a été rerportée car l’artiste manquait des finacements nécessaires. Terrible !

– Ammar Bouras : est un artiste contemporain vivant et travaillant à Alger.

Ancien étudiant de l’Ecole supérieure des beaux-arts d’Alger, exposant en Algérie et à l’étranger depuis une vingtaine d’années, il a complété sa formation par une activité de photographie qui va donner une nouvelle dimension et une nouvelle impulsion à son travail. Il fait évoluer sa peinture vers l’intégration de la photographie et sa manipulation pour produire des photos-peintures métissées au langage complexe et diversifié, produisant des œuvres parmi les premières de ce type en Algérie.

Ce travail a abouti aujourd’hui à des installations multimédias, hybrides, où la vidéo et la photographie sont souvent installées en murs d’images animées, de vidéos mouvementées ou de mosaïques… Cette activité de photographe, il la débute alors qu’il est encore étudiant, puis qu’il pratiquera dès les années 90’ sur le terrain d’une actualité tragique. Il aborde de plain-pied le réel. Il a aussi une approche critique de la politique et ses  effets sociaux. Il compte ainsi des œuvres dans des musées d’art contemporain en Asie, en Afrique et dans le monde arabe, comme dans des collections privées internationales.—


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