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Mohsen Ferrah. Guitariste, leader du groupe Ithrene

«Ithrene a évolué grâce à notre dur labeur»

13 août 2019 à 10 h 00 min

Le groupe phare du pays chaoui continue de creuser son sillon malgré le contexte musical morose. Après le succès de son dernier album  El mahfel, Ithrene prépare un nouvel album pour ses fans. Dans cette interview, son leader se livre et parle d’environnement artistique, du secret de longévité et de l’évolution du groupe.

– Vos statuts Facebook sont de véritables coups de gueule. Vous décrivez Oum El Bouaghi comme «une cité d’oisiveté et de dépravation des jeunes», et vous expliquez cela par l’ «absence d’infrastructures culturelles et de loisirs…» Quel est état des lieux de la culture dans votre ville ? Parlons d’infrastructures, et de management ?

Ce ne sont pas les infrastructures qui manquent dans notre ville Nous avons des salles de cinéma, une maison de la culture, un théâtre de Verdure… le problème c’est que les activités culturelles sont rares, surtout dans le domaine musical, alors qu’il y a beaucoup de potentiel. En fait, le principal n’est pas dans les infrastructures, et je l’ai constaté lorsque je suis parti à Zanzibar avec mon groupe. Là-bas, nous avons découvert une île très pauvre en infrastructures, mais très riche en culture de qualité, et surtout très bien organisée, ce qui n’est pas le cas chez nous, et c’est bien dommage !

– Pourtant, c’est dans ce contexte qu’a émergé le groupe Ithrene, quel est le secret de votre longévité ?

Ithrene a été créé par quatre de mes frères. Je suis né dans une famille de musiciens et notre devise a toujours été de faire de la musique. Chez nous, nous jouons de la musique par passion et non parce que c’est un métier qui rapporte de l’argent. Ithrene a évolué grâce à notre savoir-faire et à notre dur labeur, et bien sûr avec l’aide de la DJS, l’ONDA, l’APW et l’APC d’Oum El Bouaghi. Nous devons aussi notre succès à mon épouse, qui est notre manager et qui se charge de tout.

– Avez-vous un local ? Des moyens ? D’autres artistes bénéficient-ils de l’infrastructure au moins ?

Oui, j’ai construit un petit home-studio dans ma maison, qui nous sert de local où nous faisons nos répétitions avec tout le matériel nécessaire. Hélas, c’est un privilège rare, car la quasi-majorité des musiciens ne peuvent pas se prendre en charge et s’assurer ce côté de la logistique. Les artistes d’Oum el Bouaghi n’ont que la maison de jeunes et rien d’autre.

– Pensez-vous que la vie du groupe et le processus créatif sont affectés par ce «vide» culturel ?

Il arrive qu’on joue une fois par an, et même une fois chaque deux ans dans notre ville… hélas ! Naturellement, ce vide, ce chômage forcé, ne peuvent qu’engendrer des conséquences négatives sur la vie du groupe, son processus créatif.

– Quels sont les projets d’Ithrene ?

Nous sommes en ce moment sur le projet de préparation d’un nouvel album, mais je ne peux vous en dire plus à ce sujet. Nous sommes également programmés pour participer au Festival de Timgad, ainsi qu’ à une émission sur Canal Algérie à l’occasion de l’Aïd El Adha.

– La musique ne fait (toujours) pas vivre en Algérie

Oui, vous devez savoir que parallèlement à la musique, je suis ingénieur en urbanisme et je prépare un Master 2 en la matière.

– Tu es un dingue des six cordes, tu joues sur quelle guitare ? Quels sont tes guitaristes préférés ? Ton style préféré ?

Je possède trois guitares, une électro-acoustique et deux électriques (une Fender Stratocaster, une Ibanez, et une Epiphone). Depuis mon plus jeune âge j’ai été un fan de Joe Satriani, Yngwie Malmsteen , Al Di Meola, Steve Vai… que je copiais.

Puis, avec mon expérience en solo et avec le groupe Ithrene, mon style à moi s’est affirmé et a évolué, puis je me suis rendu compte que si je devais faire partie du monde de la musique, il fallait que je trouve ma propre signature, et donc je me suis mis à écouter de la musique traditionnelle algérienne, surtout de la musique chaoui, ce qui m’a fait évoluer musicalement et m’a permis d’intégrer la gasba au son de la guitare électrique.

Tout en restant influencé par le jazz et le blues, j’apporte ma propre touche et ma propre sauce ! Le monde de la musique est vaste et je pense que pour un artiste, il faut savoir toucher et goûter à tout !

– Depuis le départ de ton frère Hichem et l’arrivée d’un nouveau batteur, est-ce que le son d’Ithrene a changé ?

Si on devait comparer le groupe Ithrene à ses débuts et ce qu’il est devenu aujourd’hui, alors oui, je dirais qu’il a beaucoup évolué musicalement. Les musiciens sont mieux intégrés et plus confiants sur scène côté rythmique.

J’ai rencontré Kikim (surnom du nouveau batteur Abdelkrim Mechaâr, ndlr) en 2007 lors d’une participation à un stage de jazz organisé par l’association Limma, à Constantine, et nous avons aussi joué ensemble ! Kikim est pour moi non seulement un grand batteur, mais l’un des meilleurs d’Algérie ! Sa présence au sein du groupe Ithrene nous a beaucoup apporté et nous a fait évoluer vers le mieux !

Quant à Hichem, il avait enregistré avec nous l’album New Tindi en 2011. A l’époque, j’étais à la guitare rythmique et lui en soliste, mais Dieu lui réservait un autre projet, celui de partir aux Etats-Unis. Après son départ, j’ai dû prendre sa place en tant que soliste du groupe. Il me manque beaucoup, mais je suis fier de ce qu’il accompli et très heureux pour lui, car il mérite le meilleur. Il a beaucoup apporté à la musique chaouie et a tant à donner encore. Je lui souhaite une grande carrière internationale dans la musique, Inchallah ! 


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