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Irak : Al-Moutanabi, mythique rue des bouquinistes « Bagdad Café»

29 décembre 2021 à 10 h 01 min

Avec feux d’artifice et concert de musique, la rue Al-Moutanabi, célèbre à Bagdad pour ses bouquinistes, a été inaugurée samedi après des travaux ayant permis à l’artère mythique de la capitale irakienne de retrouver un peu de son lustre d’antan.

 

Inaugurée en 1932 par le roi Fayçal I, la rue Al-Moutanabi a été baptisée du nom du célèbre poète Aboul Taïeb al-Moutanabi (915-965), né sous l’empire abbasside dans ce qui était amené à devenir l’Irak.

Elle est traditionnellement très fréquentée le vendredi par les étudiants et les groupes de jeunes, mais aussi pas les artistes et les intellectuels de la vieille génération. Samedi, pour célébrer la fin des travaux lancés en août et financés notamment par des banques du secteur privé, la mairie de Bagdad a organisé un carnaval sous haute sécurité, les participants entrant au compte-goutte.

«Depuis les années soixante, chaque semaine je suis là, pour regarder les livres sur les étals au sol, rencontrer des amis», confie à l’AFP Zoheir al-Jazairi, écrivain et ancien journaliste qui ne tarit pas d’éloges au sujet de la rénovation. «Des guirlandes lumineuses décoraient les façades en brique et les balcons en fer forgé nettoyés, a constaté un journaliste de l’AFP. Les visiteurs se promenaient, téléphone à la main, dans la rue fraîchement pavée où presque toutes les boutiques étaient fermées.

C’est un îlot de beauté au cœur de Bagdad. On prend conscience de la différence avec le reste de la ville», se désole M. Jazairi dans une capitale où le patrimoine est souvent délaissé. Longue de moins d’un kilomètre, la rue débouche d’un côté sur le fleuve Tigre, sur lequel veille une haute statue du poète, et se termine de l’autre par une arche ornée d’une des citations de Moutanabi.

Le visiteur peut d’ordinaire trouver les derniers best sellers américains en arabe aux côtés de manuels universitaires. Il y a des livres en français, en anglais, en allemand et en fouillant, on peut tomber sur des pépites. Mais cet Irak des livres n’a pas toujours été à l’abri de la tragique réalité.

Comme le 5 mars 2007 Mohamed Adnan, 28 ans, a repris la librairie de son père, mort dans l’attentat. «Il a été tué, nos voisins aussi et plusieurs de ceux qui nous sont chers», confie ce diplômé en histoire, heureux toutefois de la restauration. «J’aurais souhaité que ceux qui sont partis soient vivants pour voir comment la rue s’est transformée,» ajoute-t-il tandis que sur les bords du fleuve, un chanteur fredonne des balades traditionnelles sous les feux d’artifice.


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