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Institut français : Avec La Traviata, ça déménage à Alger

17 novembre 2018 à 10 h 10 min

C’est une troupe, une fine équipe venue de Paris, qui a revisité la grandiose œuvre de Giuseppe Verdi, La Traviata. Un opéra s’articulant en actes, créé le 6 mars 1853 à La Fenice de Venise, sur un livret de Francesco Maria Piave, d’après le roman d’Alexandre Dumas fils, La Dame aux camélias (1848).

Ils s’appellent Benoit Brumer, metteur en scène et conférencier, Jonas Atlan, pianiste et directeur artistique, Eléonore Lemaire, soprano, David Tricou, ténor et Laurent Bourdeaux, baryton. Ils ont ramené dans leurs bagages à Alger une nouvelle «pièce» opératique de la fameuse La Traviata. Le décor est planté, minimaliste.

Un piano, une ambiance feutrée, intrigante, et cinq comparses prenant place, prenant leurs marques. Et puis la scène s’irradie. Au lieu de «plomber» l’atmosphère, car l’opéra La Traviata est dramatique et tragique, Benoit, Jonas Atlan, Eléonore, David et Laurent, livrèrent, ou plutôt délivrèrent, un argument – de cet opéra –, «massue», convainquant et sortant des sentiers battus. Une Traviata hilarante ayant séduit l’assistance.

Une version 2018 désopilante

Le pitch de La Traviata ? Entretenue par le riche baron Douphol, la courtisane Violetta Valéry se complaît dans son rôle de «dévoyée» (traviata) en s’étourdissant dans le luxe et les plaisirs pour oublier la terrible maladie qui menace ses jours. Au cours d’une des fêtes qu’elle donne chez elle, Violetta se laisse séduire par Alfredo Germont, un jeune homme passionné, dont la ferveur parvient à la détourner de sa vie dissolue.

Ayant tout abandonné, Violetta croit pouvoir vivre son amour avec Alfredo à la campagne, loin de l’agitation de Paris, mais pour goûter ce bonheur simple et bucolique, la jeune femme doit vendre ses biens les uns après les autres.

Aux soucis financiers s’ajoutent bientôt les exigences du père d’Alfredo, Giorgio Germont, il supplie Violetta de rompre avec son fils, car la liaison d’Alfredo avec une courtisane est un scandale qui rend impossible le mariage de sa jeune sœur.

Du coup, l’auditoire est obnubilé par la performance des comparses de bonne facture, où Violetta, campée par la soprano Eléonore Lemaire, à l’épuisant jeu physique – une performance encore une fois –, ayant vraiment du «coffre», donne de la voix, clamant et réclamant son amour impossible, celui de cette roturière, voire «infrahumaine». Aussi, Benoit, Jona, Eléonore, David Tricou et Laurent transformeront La Traviata en un spectacle interactif. Ils convieront des spectateurs à les rejoindre sur scène pour faire la fête. Où ça trinque, ça festoie, ça régale et ça pousse la chansonnette. Bref, un opéra où ça déménage à tous les étages.

L’anachronisme, le cynisme, l’humour «so british» de Benoit, le conférencier, décoincera à maintes reprises les zygomatiques à travers des effets gag faisant mouche. Et puis, cette intolérance ordinaire de cette bourgeoisie toisante et hypocrite à l’endroit de Violetta, cette «Traviata», qui ne cadre pas à la norme, cette victime expiatoire. Une Traviata 2018 désopilante et surtout émouvante.
«Décalé» mais pas «coupé»

«Au départ, ce spectacle, une commande, a été monté pour un festival d’opéra de rue à Paris. La Traviata, c’est énorme. Mais j’ai voulu décaler cela avec l’apport et la présence d’un conférencier qui annonce la mort de Violetta et trouver de quoi elle est morte. Qu’est-ce qui a précipité sa mort ? Je voulais aussi montrer les incohérences, impossibles, dans un opéra. Comme ces allers et retours entre Bougival, la campagne, et Paris, à l’époque, à pied. Il fallait mettre trois heures. Et là, il faillait qu’Alfredo fasse quatre fois l’aller-retour dans la même journée. Sans détruire la musique ni me moquer.

C’est toute une critique de la société du XIXe siècle…», commentera Benoit, metteur en scène et conférencier, pince-sans-rire, venant du théâtre, cabaret et ayant joué au cinéma et à la télévision. La soprano Eléonore Le Maire étayera : «Moi, je suis dans une démarche artistique, où je suis plus près des gens qui ne viendraient peut être pas m’écouter en vrai. Depuis quelques années, j’ai une sorte de partenariat officieux avec une dame qui organise un festival de rue à Paris, dans le village de Bercy.

On y installe un piano et on chante pour les gens qui sont là. Et puis je connaissais le travail de Benoit Brumer, le metteur en scène, depuis des années. Sa façon de mélanger les styles.

C’est cela qui est intéressant. Parce que c’est aussi un artiste de cabaret. Donc, il a l’habitude d’aller vers le contact des gens…Avoir un côté décalé, être clown blanc, quoi. L’idée était de respecter l’œuvre au maximum (La Traviata de Giuseppe Verdi).» Comme dirait Patrick Bruel : «Décalé», mais pas «coupé» ni «découpé».


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