Idriss D. Musicien et Dj : «J’ai fait beaucoup de sacrifices» | El Watan
toggle menu
mardi, 11 août, 2020
  • thumbnail of elwatan11082020




Idriss D. Musicien et Dj : «J’ai fait beaucoup de sacrifices»

13 février 2020 à 9 h 00 min

Idriss D. se produira ce jeudi 13 février au chapiteau de l’hôtel Mercure d’Alger de 18h jusqu’à l’aube. Dans cet entretien, il revient sur sa musique, mais aussi sur son remarquable parcours.

 

-Qui est Idriss D. ?

Idriss D., c’est Idriss Dib sans le diminutif de mon nom de famille. Je suis 100% algérien et 100% musulman. Je suis né à Constantine où j’y suis resté jusqu’à l’âge de 19 ans. Je suis parti en Europe, avec peu d’argent et avec uniquement mon passeport et un visa pour chercher fortune. Je ne parle pas de valeur monétaire, mais «la fortuna » en italien qui veut dire la chance. J’ai démarré de zéro, et grâce à Dieu, avec beaucoup de travail et une grande concentration j’ai pu avoir de bons résultats. Mais la route est encore longue.

-Tu as commencé la musique à 14 ans, n’est-ce pas ?

Oui, en effet, j’ai commencé à mixer déjà à Constantine dans des petites surprises party après le lycée avec les copains et les copines. On louait une salle des fêtes à l’hôtel Panoramique de Constantine, on ramenait tout le matériel, le sound système, les platines, la table de mix. On faisait ça le jour et jusqu’à 20h30.

C’est comme cela que j’ai pu apprendre à gérer une audience et des gens dans le but de les divertir. De plus, j’ai grandi dans une famille de musiciens. Mon grand-père El Hadj El Aarbi Zerouala ainsi que mes oncles sont tous des musiciens. Ils ont jusqu’à maintenant une école de musique à Constantine du nom de Maquam. Je faisais beaucoup d’entraînement, il fallait une certaine technique pour pouvoir éblouir les gens. Puis, c’est à partir de là que j’ai commencé à mixer.

-Une personne qui a influencé ton parcours…

Honnêtement, j’avais un très bon ami dans mon ancien quartier, Nadir. Il me prêtait, à la maison, ses platines et ses cassettes. Il a été celui qui m’a permis de démarrer dans ce domaine. J’écoutais toujours à cette époque la musique de Adel et Chafik, et cela m’a beaucoup influencé. Je me rappelle le premier mix que j’avais fait, c’était au Raïs Hamidou en remplaçant mon ami Chafik. De plus, ce qui m’a aidé par dessus tout, c’est ma mère. C’est une maman techno qui adore ce style de musique et elle m’a toujours poussé à réaliser mon rêve.

-La scène qui t’a le plus marqué…

Chaque endroit a une raison et un sens. Mais le 27 décembre 2019, je suis allé jouer en Inde. J’avais beaucoup d’appréhensions, car c’était ma première fois là-bas. Et puis, je me suis renseigné sur le Dj qui avait joué la nuit précédente. Il était très populaire en Inde, mais comment rivaliser avec quelqu’un de la région et d’aussi connu ? Finalement, je me suis produit devant 3000 personnes qui m’ont bien accueilli et qui me connaissaient ainsi que mes disques. Quant à moi, je me produisais avec un bandeau sur la tête aux couleurs de l’Algérie dans le but de représenter mon pays. C’était émouvant et cela m’a donné beaucoup de force afin d’être meilleur encore.

-Ton style est un mélange de techno et d’électronique…

Oui, je joue de la musique électronique et ses étendues. C’est-à-dire du funk à la soul. En plus, cela dépend du moment. Après, je fais de l’improvisation. Je suis imprévisible et lunatique. Je ne sais jamais à l’avance ce que je vais jouer. Il y a quelques semaines, je n’étais pas loin de Milan. Dans mon show, je leur ai joué le morceau de Raïna Raï. Les gens, ils ne savent même pas ce que c’est, y compris la nouvelle génération en Algérie. Toutefois, ils ont adoré et cela leur a permis de découvrir de nouveaux sons. C’était la version originale.

-Un morceau qui te rend heureux et que tu aimes interpréter…

Oh oui, un vieux morceau de Georges Benson, Give me the night. Il m’arrive quelquefois de le mettre en fin de soirée. C’est un son qui me rend effectivement heureux et qui me donne des énergies positives.

-Tes principales influences ?

C’est tout ce qui est musique soul afro-américaine. Car tout est parti de là-bas.

-Mis à part le côté Dj, tu gères également une maison de disques…

Oui, c’est vrai. En fait, j’ai une agence de «booking» (agence d’événementiel et de production de spectacles) ainsi qu’un label, une maison de disques. Il y a une raison pour laquelle j’ai créé cette agence. C’est parce que je n’ai jamais voulu envoyer mon travail et mes performances à d’autres labels. C’est quelque chose que je devais faire moi-même. Il faut savoir que j’ai fait beaucoup de sacrifices. Aujourd’hui, le label a bien grandi, l’agence de production également. De plus, je représente aussi d’autres artistes. J’ai une équipe derrière moi, je ne fais pas ça tout seul.

-Que souhaites-tu pour l’avenir ?

Déjà, j’ai beaucoup de souhaits, je suis assez gourmand. Mais, ce que je souhaite par-dessus tout, c’est que la scène algérienne décolle. Avant, c’était la scène musicale de clubbing la plus importante d’Afrique, et tout est parti en fumée. Il y a aussi cette équipe Between Us avec Adel Hichem Salhi et Adel Picasso, des gars géniaux. Selon moi, c’est eux qui vont sauver la scène électronique en Algérie.

Ce sont des amis qui ont un groupe d’organisation et qui m’ont invité à mixer pour la première fois en Algérie. Des amis qui ont déjà assisté à mes événements. C’est la meilleure organisation de musique «underground» en Algérie. D’ailleurs, l’événement à l’hôtel Mercure d’Alger est produit par l’équipe Between Us grâce à un concept très novateur.

L’événement se fera sous guest-list (liste d’invités), mais c’est l’organisateur qui donne l’accès à la soirée. Pour y accéder, il faut s’inscrire via une application qui se trouve sur ma page officielle.

 

Entretien réalisé par  Amina Semmar



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!