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vendredi, 20 septembre, 2019
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Hind Ziour. Artiste-peintre et plasticienne : «Je veux continuer à travailler et à faire évoluer mon art»

20 août 2019 à 9 h 00 min

La galerie de l’hôtel Holiday Inn de Ouled Fayet, à Alger, consacre jusqu’au 15 septembre prochain une exposition intitulée «Caravan to Algiers», signée par l’artiste-peintre Hind Ziour. Cette dernière, qui se réclame du mouvement Aouchem, nous fait découvrir son exposition, prônant la réappropriation de l’identité algérienne, et ce, dans le signe et le symbole.

 

-Qui est Hind Ziour ?

Je dirais que le mérite de mon incursion dans le monde des arts plastiques revient au regretté artiste-peintre et plasticien Mohamed Khadda. J’ai découvert ce grand monsieur à l’âge de 14 ans. Il m’a donné envie de peindre. Sinon, j’ai fait deux universités d’arts plastiques : l’université de Saint-Denis Paris 8, et l’université d’Aix-en-Provence, mais je me définis comme une autodidacte.

A vrai dire, ma peinture est un mélange chromatique, un peu chamanique maraboutique. J’utilise les pastels à l’huile dans un geste de la répétition qui donne un effet kaléidoscopique. Je m’inspire de l’école du signe et de l’ouachem. Ma peinture s’inspire de mes voyages dans mon pays et de la réappropiation de l’identité de ce magnifique pays, il y a une part de lumière et un côté obscur.

-Dans votre présente exposition, intitulée «Caravan to Algiers», vous abordez plusieurs thèmes, où l’identité et les causes politiques occupent une place de choix ?

J’ai choisi d’intituler cette présente exposition «Caravan to Algiers», parce que j’ai à l’esprit une caravane itinérante qui fait des affaires, qui ramène des objets sur sa route et qui vend des histoires. Il est tout à fait exact que dans cette exposition j’aborde plusieurs thèmes qui me tiennent à cœur et qui me touchent. Preuve en est : l’alphabet tifinagh est une réappropriation de cette identité.

Il est vrai aussi qu’il y a certaines causes politiques qui m’interpellent, comme celle du combat des Touareg pour l’Azawad. Je me nourris aussi de la souffrance de la guerre civile, et comme je l’ai dit plus haut, peindre me guérit. Il y a un tableau de maître et la foule qui parle des leaders spirituels et du mythe du surhomme dont parlait Nietzsche.

Le tableau «Le sultan Taos paon» à l’éventail parle de la colonisation française et du coup d’éventail du Dey Hussein d’Alger, quand ce dernier a giflé le consul Duval avec son éventail. L’œuvre, intitulée «La madone d’Alger» n’est autre qu’un clin d’œil à Picasso et à son tableau «Les femmes d’Alger», qui a battu un record de prix aux enchères.

Les deux tableaux aux titres «Tea in the Sahara» parlent de l’importance de la cérémonie du thé et de ce rituel extrêmement sophistiqué et simple à la fois, définissant les étapes de la vie, douceur, amertume et force. Quand au tableau «Wanted», il représente une femme en haïk qui porte dans son couffin une arme. C’est en fait un hommage aux femmes qui ont lutté pour l’indépendance de ce pays. Je considère que le haïk a disparu après la révolution d’Octobre 1988. Les heures noires de l’intégrisme religieux ont remplacé le haïk par le djilbab ou le hidjab.

Le tableau «La crypte» représente l’histoire des Berbères de l’ère pharaonique avec le pharaon Sheshnek et Antoine et Cléopâtre en passant par le paganisme et les dieux et déesses et les rites païens, puis par le christianisme, avec les saints et pape berbère Gelaze sainte Monique et saint Augustin puis en terminant par la conquête musulmane et l’islam.

-Vous excellez dans la maîtrise de plusieurs styles et supports avec cette aisance dans l’utilisation d’une palette aux tons bigarrés…

C’est très intuitif et en même temps bien réfléchi Il faut savoir que je visualise le tableau, avant de le commencer je l’ai déjà dans ma tête. J’aime utiliser beaucoup de couleurs. Mais c’est un mélange. Un peu comme les dessins d’enfants, en plus élaborés. J’utilise aussi souvent de la peinture à l’huile acrylique et les pastels à l’huile en même temps.

C’est de la peinture intuitive et réfléchie à la fois. Les couleurs sont un kaléidoscope. C’est une peinture maraboutique. J’aimerais encore explorer d’autres sources d’inspiration et d’autres outils, comme la peinture sur soie ou sur verre, pour faire de la vaisselle et aussi le design. J’ai dessiné ma salle de bains et la bibliothèque plaque au plâtre du salon. Je me suis improvisée designer.

-Sinon à quoi ressemble votre lieu de travail ?

Mon atelier est une pièce d’une dizaine de mètres carrés, avec 5 murs pour les tableaux, un grand miroir pour la salle de danse et un bureau qui fait home studio pour la Mao musique assistée par ordinateur.

-Quelle est l’œuvre d’art que vous affectionnez le plus ?

Je dirais sans ambages l’œuvre portant l’intitulé «Ali», parce que j’ai découvert ma technique en faisant ce tableau. Il représente le schisme en islam et des sunnites. Une œuvre dédiée à l’imam Ali en 2007.

-Quels ont été les moments les plus marquants de votre carrière ?

Tous les moments de ma carrière ont été marquants. Je ne peux pas privilégier un moment par rapport à un autre.

-Quels sont vos projets ?

Continuer à travailler mon art et évoluer selon mon inspiration et prendre soin de moi-même, de ma famille et de mes amis. Je serai, prochainement, sur autre série. Je m’intéresse aux Perses et aux Mongols. J’ai une série de portraits de famille. C’est surtout produire qui m’intéresse pour l’instant.


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