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samedi, 04 juillet, 2020
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Fresque murale vandalisée à Alger-Centre : «Abu rouleau» rentre dans l’art

02 juin 2020 à 9 h 15 min

Heureusement que le ridicule  ne tue pas. Après «Abu marteau» qui a endommagé la statue d’Ain Fouara (Sétif), voici «Abu rouleau» qui s’en prend à une fresque murale de street artists (artistes de l’art pictural urbain) en décrétant une «fetwa».

Il faut en parler, en reparler. Sinon, ce serait un anodin fait divers. Cela s’est passé, il y a une semaine, un individu, voulant «daeshiser» une œuvre d’art urbaine, elle d’une création collective de street artistes,  dans aire de jeu d’Alger-centre (Bd,  Mustapha Ben Boulaid), s’est  hissé sur une benne à ordures, muni d’un rouleau de peinture, a défiguré, abîmé, saccagé et «mutilé une œuvre d’art des jeunes artistes ayant montré leur savoir-faire pictural urbain, en recouvrant, cachant cette beauté artistique, avec de la peinture blanche, maladroitement, imprimée. Il ne sait pas peindre.

Pourtant, ce qui est tague, n’est pas choquant ou obscène. Une vielle personne tenant un gobelet. Un massacre peinturluré. Pourquoi? Le sinistre individu s’étant réveillé pour agir…contre la «franc-maçonnerie» et ses symboles et la purifier au nom d’une fetwa improvisée islamique. Il s’est improvisé en imam, sémiologue, redresseur de torts, se disant «soldat de Dieu».

Il s’improvise en imam, sémiologue…

Filmé  par ses complices (sur Youtube), il motive et revendique son acte antinomique, médiéval en anticipant : «Ils (tous les gens qui vont s’en émouvoir) vont devenir fous. Ce soir, ils vont commencer à nous (il ne dit pas moi) attaquer… C’est cela la franc-maçonnerie…Nous combattons au nom de Dieu, n’est-pas?»

Cet acte  obscurantiste  a suscité une vague d’indignations sur les réseaux sociaux. L’individu arrêté, répondra de ses actes devant la justice. Au-delà de la sentence ou de la «clémence», cet acte, ces actes répétitifs contre l’art et les artistes devraient faire réfléchir. Il ne faudrait pas que ces «fetwas» fassent école et deviennent des cas d’école. Aujourd’hui, c’est ça, demain, c’est autre chose. Car on justifie faussement tout cela au nom de la religion.

C’est ce raccourci adopté par ce destructeur d’une œuvre d’art qui nécessite tant d’effort, d’heures, de patience, de passion et surtout tant de créativité. En tout cas, cet acte rétrograde, nous rappelle tristement les Talibans dynamitant les Bouddas de Bamiyan en Afghanistan (2001) et l’Etat islamique (ISL) détruisant le Tetrapyle et la façade du Théâtre romain de la cité antique syrienne de Palmyre (2016). A méditer.



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