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samedi, 17 novembre, 2018
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L’art de la nouvelle cultive les mystères et il appartenait à Sofiane Nadjem(1) d’ouvrir à ses lecteurs quelques jardins de suspense où de curieuses poires d’angoisse attisent les soifs les plus modernes. Son recueil Extinction des artistes comprend trois nouvelles. Dès la première nouvelle La fugue, le suspense nous laisse haletants dans la nuit saharienne.

Folio : Extinction des artistes

04 janvier 2015 à 10 h 00 min

C’est avec le ciel nocturne d’une oasis,  sous une tente douce, que Khamsa tombera sous le charme de Salim, se renversant sous les caresses glacées. Dans la journée, elle et son père avaient arpenté «le grand souk» pour y vendre des tapis. Sur la route du retour, à l’intérieur du bus, Khamsa avait senti, posés sur elle, les yeux d’un jeune homme au profil de «tigre». Telle est l’invitation au voyage qui la conduira plus tard, au-delà des palmeraies, vers les tentes confuses d’un nomadisme éternel.

De retour au domicile familial, Khamsa versera des larmes, tandis que son père, dormant pendant la fugue, absorbera à son réveil un demi-litre de lait de chameau. Il ne pensait pas à Khamsa, mais à son fils Ahmed. Gendarme au cœur tendre, ce dernier avait libéré, non sans lui avoir reproché son acte, un prisonnier qu’il devait mener à l’agglomération la plus proche.

Aux yeux du père, l’erreur d’Ahmed est plus grave que la fugue de Khamsa, car le criminel relâché, subjugué par une clémence inattendue, est allé se constituer prisonnier. Plus étrange paraît dans L’émeraude, l’élan qui conduit Mouloud à participer à une fête dans un obscur dancing d’El Djamila, non loin d’Alger, car il surprend tout le monde, y compris le patron de la discothèque, et offre à la splendide Narimène un bouquet de fleurs.

Naïf, il ne savait pas que cette dernière était la maîtresse du patron. Il sera lynché à l’aube dans une ruelle obscure. Aucun témoin. Le ciel était noyé par une pluie drue et les environs immédiats se fondaient dans une boue spongieuse. Dans Extinction des artistes, on sait dès la première ligne qu’Abdelkader habite Oran. Sa vie ? Aux vagabondages désertiques succède la crise du logement.

Pourtant, Abdelkader est artiste. Il peint comme il respire, croit en son étoile et aime d’un même amour ses toiles et ses enfants parce qu’il ne connaît pas d’autres expressions de la vie. Cependant, sa mort est tragique. A l’acharnement des ratés à faire périr l’artiste peintre, se joint l’involontaire collaboration qu’apportent à cette œuvre funèbre les soucis familiaux, surtout quand ils se compliquent d’une installation en une pièce, haute de plafond… étroite de surface ! Suicide ? Crise cardiaque fatale ? Personne n’élucidera les secrets de la mort d’Abdelkader.
Trois belles nouvelles, un style fouillé et un imaginaire débridé. Sofiane Nadjem a tout l’avenir devant lui.

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