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Film-documentaire diffusé le 28 mars par France 5 : C’était écrit la démission de Bouteflika

23 mars 2021 à 10 h 14 min

Le 28 mars en deuxième partie de soirée, quelques jours avant le deuxième anniversaire de la démission du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, la chaîne France 5 diffusera un documentaire inédit sur le parcours de l’ancien homme fort d’Alger ou plutôt sur sa «chute inéluctable», un certain 2 avril 2019, sous la pression populaire du hirak et le «coup de grâce» de l’état-major de l’Armée.

Réalisé par le grand reporter Benoît Chaumont, qui l’a co-écrit avec le journaliste Karim Rissouli, le film de 90 minutes s’intitule : C’était écrit la démission de Bouteflika. Cette œuvre télévisuelle – qui fait partie de la collection documentaire C’était écrit ayant l’habitude de décrypter l’histoire immédiate et d’enquêter sur les temps forts de l’actualité récente, française ou internationale – se veut une chronique d’une mort politique annoncée de celui qui voulait mourir au pouvoir !

Elle analyse, d’une façon à la fois très succincte et panoramique, «20 ans de règne sans partage» qui ont conduit à une crise socio-politique généralisée et ressentie collectivement par l’ensemble des Algériens, sans distinction d’appartenance idéologique, géographique ou générationnelle.

Divisé en sept chapitres, racontés par une voix off se tenant à une narration factuelle dépouillée, le ton «didactique» du film est vite donné. Dès les premières secondes, se succèdent les images époustouflantes des manifestations du 22 février portant, entre autres, le slogan «Bouteflika dégage» et celles, invraisemblables, du désormais président déchu, en djellaba et dans un fauteuil roulant, remettant sa démission au président du Conseil constitutionnel. Puis, on découvre rapidement, sans suspense, l’origine de l’étincelle révolutionnaire, en l’occurrence la fameuse messe du cadre des «cachiristes» à La Coupole d’Alger, quelques jours auparavant.

Accompagnées par les commentaires d’un panel de témoins divers et variés, acteurs ou observateurs de la Révolution du sourire (militants, hommes politiques, journalistes et universitaires), les représentations audiovisuelles mises en avant sont plutôt réussies. Pertinentes et limpides, elles expriment souvent d’importantes charges émotionnelles.

Elles montrent en substance comment, en se sentant humiliées par la provocation de trop qu’était la candidature au 5e mandat d’un président impotent qui a osé dire un jour qu’il était «l’incarnation du peuple algérien», des millions de personnes ont mené une révolution pacifique exemplaire qui a eu raison de lui en quelques semaines de mobilisation. Moins une enquête exclusive, à proprement parler, qu’une sorte de «préquel» sur la fin de règne de Bouteflika, le documentaire est porté par un récit biographique accéléré et quasi-nécrologique sur ce personnage politique qui a marqué l’histoire de l’Algérie contemporaine.

De ce point de vue, il semble clairement s’adresser à un public moins averti et peu connaisseur de la situation politique algérienne, particulièrement des deux dernières décennies. Dans ce sens, de nombreux flashbacks éclairants ont essayé de replacer les derniers jours de la présidence Bouteflika dans le contexte politique évolutif de l’Algérie post-1988 : arrêt du processus électoral en 1992 et la décennie noire qui l’a suivi, son arrivée au pouvoir en «homme providentiel» à partir de 1999, la révolte ratée de 2011 dans le cadre des événements du Printemps arabe, la résilience de la société par rapport au 4e mandat en 2014, etc.

Cela va de soi, le public algérien ne doit pas espérer apprendre grand-chose de ce film tant les faits relatés sont déjà connus pour la plupart, s’agissant notamment du rôle décisif d’Ahmed Gaïd Salah, chef de l’état-major de l’armée, dans la chute de Bouteflika. Et pour cause, il aurait voulu «sauver sa tête» en stoppant une «initiative de transition» menée par Saïd Bouteflika, frère et conseiller du président-candidat, impliquant des personnalités importantes dont le général Toufik, redoutable patron du DRS à la retraite. Cela dit, plusieurs anecdotes tentant de profiler l’ancien président valent vraiment le détour. Pour ne citer que cet exemple, Thierry Thuillier, directeur de l’information du groupe TF1, nous fait découvrir un Bouteflika «admirateur sans limites et sans bornes du général de Gaulle».

Paris
De notre bureau


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