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Estrade de la romancière grecque Stavrouli Dimitriou : «Mon récit révèle l’angoisse existentielle de l’homme»

04 novembre 2018 à 0 h 10 min

La romancière grecque, Stavrouli Dimitriou, était l’hôte de l’Estrade du Sila 2018. Elle est revenue avec force détails sur son dernier roman L’âme du miroir, publié en mai dernier en Grèce et en France. Stavrouli Dimitriou était accompagnée de Son Excellence, Mme Nike Ekaterini Koutrakou, ambassadrice de Grèce à Alger, qui a d’ailleurs servi d’interprète tout au long de cette rencontre littéraire. D’emblée, la romancière précise que son roman est un message du vivre-ensemble et de paix qui s’adresse à l’homme.

La narration de L’âme du miroir se situe en 1848 dans la ville de Philat, en Grèce, qui est aussi sa ville d’origine, frappée par la peste. La ville sous occupation turque de l’époque faisait partie d’un Empire ottoman qui comptait une population de 3500 personnes. Cette population était composée de musulmans, de Grecs, de chrétiens, de juifs, ainsi que d’anciennes tribus autochtones. La romancière révèle que sa source d’inspiration a été motivée en premier lieu par l’auteur français François Hugues Laurent Pourqueville, diplomate, explorateur et médecin, qui vécut un temps dans cette région. Il était aussi médecin et consul en France, à la cour du vizir Ali Pacha, qui gouvernait à cette époque la Grèce du Nord. «Pourqueville mentionne dans son livre que ce fut lui-même qui, envoyé par le pacha, se rendit à Philat, afin d’éduquer les habitants dans les mesures de quarantaine qui s’imposaient. Mais les chefs religieux et les derviches l’en ont empêché, en disant que la peste était une des trois-cents portes du paradis et que l’on devait passer par là.

C’est ainsi, d’après Pouqueville, que la peste emporta près de 2500 personnes», explique-t-elle. L’oratrice, Stavrouli Dimitriou, précise également que sa fiction littéraire est inspirée d’un film documentaire américain. Elle explique que dans ce film, le narrateur décrivait comment un groupe de scientifiques américains, des généticiens, ont visité un vieux cimetière à Birmingham, en Angleterre, où sont enterrés les gens qui ont échappé et survécu à l’épidémie de cette peste de 1640. En étudiant l’ ADN de ces personnes, les généticiens essayaient d’expliquer pourquoi ces gens n’ont pas été atteints par la peste et, éventuellement, quel élément dans leur ADN leur a permis de résister à l’épidémie. C’est à partir de ces deux thèses que la romancière Stavroula Dimitriou a tenu à apporter sa propre réponse littéraire. Selon elle, l’élément qui a permis à ces âmes de survivre était la passion. «Leur passion pour la vie, leur passion d’aimer, n’importe quelle passion et toutes les passions.

C’est ainsi que je me suis inspirée pour créer mes personnages. Chacun est seul dans mon texte et chacun compose, crée sa propre passion qui le protégera de la peste et lui permettra de survivre», développe-t-elle. Le titre de son livre, L’âme du miroir, se réfère au miroir de Tosca, l’héroïne. Le miroir appartenait à sa grand-mère qui avait abandonné la religion chrétienne. Cette dernière fut tuée par un éclair en forme de croix. Son péché en changeant de religion retombe sur sa petite fille Tosca. D’autres personnages bien singuliers gravitent autour de ce roman. Les us et coutumes de l’époque, les croyances et les religions ne sont pas en reste. La conférencière révèle, d’ailleurs, qu’elle a consulté une abondante bibliographie avant de préciser qu’il s’agit d’un roman et pas d’une étude historique. En guise de conclusion, la romancière grecque, Stavroula Dimitriou, estime que son livre prend acte de la schizophrénie d’une société «soumise à des préjugés et superstitions quand elle se trouve confrontée à la presse. Toutefois et sur un autre niveau de lecture et d’interprétation, mon récit révèle l’angoisse existentielle de l’homme devant le triptyque amour, mort et Dieu». Car tous ces aspects, qui font l’objet de la littérature, existent et existeront toujours et féconderont l’écriture d’un pays à l’autre, d’un siècle à l’autre, d’un texte à l’autre. Car tous parlent de la peine de l’homme, de son âme et enfin de compte de qui est sa vie». 

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