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dimanche, 23 septembre, 2018
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Entretien réalisé en octobre 2013 : «J’ai grandi avec le raï, dans un Hammam à Sig»

13 septembre 2018 à 0 h 30 min

En guise d’hommage au regretté Rachid Taha, nous reproduisons un entretien accordé à El Watan en octobre 2013 à l’issue de son retour avec un nouvel album intitulé Zoom et une apparition dans le film Cheba Louisa, de Françoise Charpiat, dont il a signé la musique.

Rachid, vous venez sortir votre 9e opus intitulé Zoom où vous revendiquez d’être un enfant du rock, du punk et autre pop… le titre Khalouni est du raï à la Clash, Sex Pistols…

Oui, c’est du punk mélangé. Figure-toi, moi, quand j’écoute des chanteurs comme Suzanne, c’est la même rythmique pour moi. Quand tu écoutes Cheikha Zouzou, Cheikha Djenia (raï ancien), pour moi, ce sont des punks. La façon de chanter de Djenia est punk.

Le gros son est amplifié, slalomant entre guitare «surf», riffs punk frénétiques et raï de bonne facture, et «goupillé» par le compositeur et guitariste de Robert Plant, Led Zeppelin…

Oui, Justin Adams est le guitariste de Robert Plant. C’est la direction (orchestrale) que je voulais prendre dès le départ.

Vous avez fait une reprise de It’s now or never d’Elvis Presley (O sole mio). Toujours enfant du rock…

It’s now or never est à l’origine une chanson napolitaine (O sole mio). Je voulais faire «De Memphis à Memphis». Tu sais, il y a Memphis en Egypte et Memphis (Tennesse) aux Etats-Unis. Je voulais faire rejoindre Oum Kaltoum à Elvis Presley. Et le clip, je l’ai tourné à Naples (Italie). Et Naples ressemble beaucoup à une ville algérienne.

Vous avez choisi de le faire en featuring avec la chanteuse Jeanne Added…

Jeanne Added chante super bien. Elle a une belle voix.

Sur le titre Les Artistes, vous rendez hommage à John Lennon, Curt Cobain…

Ce sont mes idoles.

Le guitariste Mick Jones (ex-Clash) est toujours ravi de jouer avec vous…

Eh ben, c’est un génie. J’adore ! Par exemple, Khaled quand il a fait Didi, il a travaillé avec un mec qui s’appelle Don Was.

Le producteur des Rolling Stones…

Eh bien, c’est moi qui le lui ai présenté. J’ai travaillé avec Don Was avant Khaled, moi ! C’était dans un tiroir. Je devais aller aux Etats-Unis et j’ai eu un problème de papiers. Khaled était à ma maison de disques Barclay. Et c’est un ami, Marc Tenant, qui a sorti le dossier. Il a appelé Don Was. Et ils l’ont pris. Ce sont des connections !

Quant à Mick Jones, cela fait 30 ans que j’ai bossé avec lui. Quand j’ai fait Rock The Casbah (des Clash), Mick Jones m’a appelé en me disant que ma version était meilleure que celle des Clash. Après, j’ai reçu un Award (récompense) à la BBC, à Londres (Royaume-Uni). Et j’ai rencontré Mme Strummer (veuve de Joe Strummer des Clash), Brian Eno et Robert Plant étaient là. Et puis voilà ! C’est pour cela que je dure ! (Rires).

Vous n’avez pas perdu l’âme raï (El khana). Les titres Khalouni en duo avec Cheba Fadila, Jamila, Fakir le confirment…

Tu sais, j’ai grandi avec le raï. J’ai grandi dans un hammam (bain maure), à Sig, jusqu’à l’âge de 12 ans «ya khladar mok» (juron de l’Ouest algérien) (Rires). J’ai grandi avec Cheikh Mamachi, Cheba Fadela «Siglia» (de Sig). J’adore !

Brian Eno, le producteur de U2, a bien emballé et habillé la nouvelle version de Voilà Voilà (un titre sorti, en 1993)…

Brian Eno a admirablement produit Voilà Voilà.

Vous avez invité des guest-stars sur le bonus track Voilà, Voilà, Mick Jones des Clash, Agnès B., Rachida Brakni, Eric Cantona, Femi Kuti, Rudolphe Burger…

J’ai invité mes potes !

Voilà Voilà est-il toujours d’actualité (le titre parle de xénophobie, de l’intolérance en France) ?

Eh ben oui, plus que jamais en France. En plus, cela va de mal en pis. Tu sais, quand il y a une crise, c’est toujours l’étranger le coupable.

Rachid, vous avez été repris par Santana…

Oui, il a repris la chanson Kalma Kalma. Sa version est Migra Migra (dans l’album Supernatural). Il m’a payé et tout. Il voulait prendre les paroles et la musique. Il m’a dit qu’il était Santana et je lui ai rétorqué que j’étais Rachid Taha, où est le problème ? Il voulait tout prendre. Alors, il n’a pris que la musique. Cela m’a permis de payer le loyer. (Rires). 

 

 

Rachid Taha/

Zoom / CD Naïve 2013

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