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jeudi, 03 décembre, 2020
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Ennadji (le survivant) : Troisième spectacle de rue pour jeune public, de Adila Bendimered

06 juillet 2019 à 10 h 03 min

La générale de Ennadji (Le survivant) n’a pas été donnée au TR Oran, son coproducteur, avec la coopérative Massar d’Alger, mais aux arènes d’Oran, l’unique édifice du genre en Algérie, dénommé Torro pour les Oranais. C’est qu’il s’agit d’un spectacle de rue qui a pour particularité d’être destiné au jeune public, bien qu’il puisse être suivi avec sympathie par les adultes ayant préservé une part de juvénilité dans leur âme. D’abord parce qu’il n’est pas dans l’infantilisation de son public cible, ni dans le fond ni dans la forme, et ensuite parce qu’il n’a nul souci d’être édifiant en direction de ce public, comme c’est la règle dans notre pays.

C’est l’imaginaire dans ce qu’il a de plus ludique qui est convié dans la traduction scénique des fabuleuses aventures de Sindbad le marin.

La pétulante saveur du conte dont il est tiré est préservée, ce qui n’est pas une mince performance. Tirées du célèbre conte des Sept voyages de Sindbad dont trois, les moins violents, sont repris dans Ennadji, ces extraordinaires aventures correspondent, toutes proportions gardées, dans le genre de récits fantastiques modernes, aux blockbusters qui cartonnent actuellement au cinéma.

Sauf que dans le cas d’Ennadji, il n’y a pas de personnages hors normes, mi-humains mi-machines, sur scène. Le spectacle invite plutôt le public à imaginer les siens. Les décors n’ont rien de fascinant hors ceux modestes des lieux de la représentation.

Pas de machinerie, sans l’artifice de la technique, pas d’éclairage, ni de musique d’ambiance en appoint. Normal, dira-t-on, pour un spectacle de rue. L’idée de ce rappel est de souligner les qualités dont il doit être gorgé pour susciter l’intérêt d’un volatil public de badauds.

Or, Ennadji a captivé le public, les plus jeunes réagissant au quart de tour. Emotion et humour sont tour à tour distillés, faisant souffler la dramaturgie. Adila Bendimered, adaptatrice du récit et metteure en scène, s’est contentée pour la distribution de deux comédiens.

Ces derniers, conscients du pari dans lequel ils étaient engagés, y ont mis leur fougue pour convaincre un public assis ou debout en demi-cercle autour d’eux. Derrière eux, un des hauts portails d’entrée de l’arène, demeuré grand ouvert, donne en arrière-plan sur le plat de son sol battu et de ses gradins.

Un agréable courant d’air frais arrive par cette béance en cette caniculaire journée du samedi 29 juin. Les plus petits sont assis à l’avant, à même le sol. Intégré pour la première fois de sa vie dans un spectacle vivant, Nazim Hallaja, acteur de cinéma jusque-là, est Sindbad.

Il risquait gros, d’autant que tout repose sur les acteurs dans le spectacle. Massilia Aït Ali, plus expérimentée que lui dans l’art des tréteaux, campe, non sans truculence, tous les protagonistes, même effrayants, qui surgissent successivement dans le cours des événements.

C’est le récit qui prime avec le personnage principal qui est narrateur. Hallaja est ainsi dans la déclamation, mais sans être jamais statique, évoluant en circonvolutions presque chorégraphiques, en partenariat avec Aït Ali. Cette dernière est davantage dans l’illustration de l’action par un jeu entre mime et gestuelle suggestive.

Leurs costumes ne sont également pas dans la démonstration, avec quelques simples accessoires pour donner corps aux changements de personnages incarnés par Aït Ali. Mais si le spectacle est jeune public, c’est surtout en clin d’œil complice par le langage corporel des ados chez les comédiens et leurs expressions verbales.

Quant au travail sur la langue, un délicieux parler algérois de vieille citadinité, il n’est pas une des moindres qualités de ce spectacle.

Et quand on sait qu’Adila est essentiellement de culture francophone et qu’elle a appris la langue arabe grâce à la pratique théâtrale, chapeau ! Ennadji ? Vos ados adoreront. Vous aussi ! En attendant la suite avec trois autres aventures de Sindbad, mais en spectacle pour adultes. Ce sera Ennadjia.

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