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Éditions Casbah. « Juste pour le plaisir, du Hic » : Chaâbi, reggae, rock, raï, c’est chic

06 janvier 2019 à 9 h 00 min

Le Hic, dessinateur et caricaturiste d’El Watan, bédéiste, qui n’est plus à présenter, vient de sortir un album… de musique. Oui, un nouvel opus consacré à la musique kabyle, chaâbi, raï, reggae, rock, pop, electronica, R’n’B, soul…

Comme on connaît Le Hic, avec son trait incisif, intraitable, ironique et persifleur, nullement à dessein, dans l’ultime page d’El Watan et plutôt la première, la «une», pour les fidèles lecteurs, on s’attendait à un album de bande dessinée «politiquement incorrect».

A la surprise générale, Le Hic revient avec une déclaration d’amour à l’endroit de la musique qu’il a écoutée depuis sa prime enfance.

Dont il était fou et toujours fan. Entre deux dessins chroniquant la vie politique, sociale, économique et internationale, il a pu trouver le temps de s’adonner à une passion : la musique.

Et ce nouvel ouvrage est justement intitulé Juste pour le plaisir, paru aux éditions Casbah. Cela rappelle une chanson française d’Herbert Léonard, Pour le plaisir, sortie en 1981.

Calligraphié par Redha Khouane et commenté par Ahmed Mimoun

Un album calligraphié en lettres arabes par Redha Khouane et commenté finement par Ahmed Mimoun. Ce qui augmente la teneur et l’épaisseur des artistes, non seulement algériens, mais aussi internationaux. Ce qui renseigne sur les goûts musicaux.

Sans frontières. Le Hic, avec cet ouvrage tout frais, tout chaud, tout croustillant, a voulu, sans prétention, partager cette mélomanie éclectique allant du chaâbi au raï, en passant par le rock, le reggae, le disco, voire la variété.

Des référents et des références, des anciens, des immortels, des jeunes loups, des ours blancs de la pop, ces vieux briscards qui durent encore et qui, malgré la gérontologie, continuent à tourner comme les Rolling Stones qui, vraisemblablement , veulent mourir avec élégance sur scène.

Et puis, ces clins d’œil nostalgiques aux baby-boomers aux têtes chenues et aux faciès décatis, mais avec une âme d’enfant du rock. Et c’est ce qui émane du livre du Hic.

De la nostalgie. Et aussi une sorte de rappel. A l’image du grand Jean-Jacques Goldman, le disant si bien : «Quand la musique est bonne.» Eh bien, on en parle, on danse, fredonne…

Et là, Le Hic, sans faire dans le pléonasme béat, a eu le chic, il faut le souligner, de le coucher avec dextérité. Au courant de son doigté caractéristique, sa main courante et fluide.

ZAPPING MELOMANE

Ainsi, le storyboard, baptisé «Juste pour le plaisir», ne fonctionne pas telle une galerie, une collection d’effigies conventionnelles, froides, placides et policées. Cela se décline en albums, en disques. Plutôt une compilation, un very best of d’un mélange des genres.

La couverture de Juste pour le plaisir est dédiée au king of pop, Michaël Jackson, le moonwalker, bien que coiffé de son stetson, tient une casquette verte, la signature du Hic. L’album s’ouvre sur Djamel Allem, absent, et rien qu’un chapeau accroché à un micro, pour exprimer le vide sidéral : «La carrière de ce troubadour est partie d’un rêve.» Et se ferme sur Rachid Taha, «fumeur de Gitanes», comme diraient Serge Gainsbourg et Catherine Deneuve.

La légende calligraphiée dit : «L’engagé au verbe cru mais juste, sa carte de séjour il la voulait planétaire.» Pour être collé à l’actualité et saluer ces deux immenses artistes qui ont beaucoup donné à la musique algérienne et ont fait rayonner la culture algérienne à travers le monde.

Freddy Mercury : «ça queen»

En compulsant cette tracklist, vous apprécierez le zapping musical regroupant Frank Zappa fumant sa guitare : «inventeur de la télécommande», Barry Whie : «C’est à l’âge de 16 ans, en écoutant Elvis (Presley) chanter à la radio It Now or Never, alors qu’il purgeait une peine de 4 ans de prison pour vol, qu’il a trouvé sa voie…Sa voix a fait le reste.», Mick Jagger, tirant la langue : «Sir Macleod pour les intimes», Lounis Aït Menguellet, «Chanteur, poète et philosophe en freelance», les Bee Gees, «Pattes d’eph et moule-boules disco génération, il ne peut en rester qu’un»…

Et c’est Barry (Gibb), Bob Dylan : «Bon vent», Freddy Mercury, royalement en forme olympique et ça «queen» : «Il adorait mouiller son maillot», Daft Punk, interstellaires : «Around The World», avec ces trois mots, ils ont fait le tour du monde. «Kader Japonais, footballistique, nippon et levantin : «Nos supporters lui doivent beaucoup.», Safy Boutella, aux doigts magiques et faiseur de rois tels que le King du raï : «Sa fille danse très bien»-mais depuis elle est devenue une star à Hollywood-. Khaled, large sourire, comme à l’accoutumée : «L’Oranais», Charles Aznavour, «Il a tiré sa révérence bien fatigué par sa vie exceptionnelle.

Et pourtant ! Hier encore il avait 94 ans», Lounès Matoub, le martyr, le folksinger d’expression kabyle, «Algérien jusqu’au bout…des cordes», Rihanna, «Elle met tout son corps à l’ouvrage. Ça se voit. Et elle le sait». Pas besoin de parapluie, ombrella, quoi. C’est clair !

UNE PRÉFACE DE SLIM… «FAST AND FURIOUS»

Lotfi Attar, le super doué des six cordes, la légende, ne déraillant point : «Santanattar ou derbouka…W’el fen, w’el rail kharedj men Bel Abbès (et Oran, Relizane, Mascara, Saïda et Témouchent comptent pour du beurre)», Remitti (Cheikha), la diva, henné, lunettes sombres et «blousa (robe oranaise)», en tournée générale dans le monde entier, une légende: «Ana ou kassi ya mama» ou encore Bob Marley, sans les Wailers, le pape du reggae ayant la main verte : «Green Peace».

Pour le reste de la compilation, il faudra aller acheter le livre du Hic dans toutes les bonnes «pharmacies».

Car il devrait être remboursé par la sécurité sociale. C’est un compliment. Préfaçant Juste pour le plaisir, Slim, le doyen aussi «Fast and furious» , l’histoire de la BD et du dessin de presse algérien congratulera Hicham : «Avec son album, Hic frappe deux fois.

Dans cet ouvrage on est gâté primo par le graphisme, secundo par le procédé : une caricature en couleur précédée d’une calligraphie en lettres arabes bien léchée qui présente l’artiste. Je ne me lasse pas d’égrener ces pages délicieuses…

Je savais le talent de Hic, mais là, mon cher Hicham, je n’ai que trois mots à dire : ‘‘tbarak Allah aâlik’’( bravo !).».

 

Juste pour le plaisir/Hic
Editions Casbah
Prix : 1500 DA


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