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Djamel Mahroug, poète et chercheur en langue et culture berbères : «La poésie est le genre majeur de la littérature kabyle» 

04 août 2020 à 9 h 46 min

-Vous avez publié votre première plaquette de poésie intitulée Ashissef d usebghes (Ed. Imal), vous y explorez plusieurs sujets aussi intéressants les uns que les autres. Pourriez-vous nous parler de la genèse de cette œuvre qui a reçu un bon accueil ?

Ce recueil est le fruit de plusieurs années d’attente et de réflexion. Si j’ai attendu aussi longtemps pour le publier, c’est parce que je voulais aborder plusieurs thématiques et en faire un outil pédagogique qui peut être exploité par les enseignants de tamazight. Etant convaincu de la noblesse et de la justesse de la cause amazighe, j’ai voulu contribuer à ma façon dans la lutte pour sa reconnaissance et sa promotion.

-Les textes rassemblés dans deux chapitres bien distincts abordent la vie en société, mais s’intéressent également à l’engagement, l’abnégation et le don de soi, surtout des artistes…

En effet, les textes abordent plusieurs aspects de la vie quotidienne. Les poèmes s’intéressent également à notre patrimoine, à nos traditions et notre histoire. Tout en dénonçant certains aspects de notre société, j’ai voulu encourager ceux qui militent pour le changement, qu’ils soient artistes, politiques ou membres associatifs.

-Le poème Yemma est un hommage à la mère courage…

Le poème Yemma est un hommage à ma chère mère et à toutes les mères du monde qui ont sacrifié leur temps et leur santé pour faire de nous ce que nous sommes. Je ne pouvais pas éditer un recueil sans rendre hommage à ma mère et à toutes celles qui donnent la vie et font en sorte de veiller sur elle. En plus de la tendresse et de l’amour, une maman, c’est le courage personnifié. On a beau être fort et musclé, nous ne pourrons jamais égaler le courage et la ténacité de nos mamans.

Dans vos recherches académiques, vous vous intéressez à la poésie kabyle. Nos aèdes, anciens et modernes, à l’instar de Si Mohand ou Mhand, Ben Mohamed, Aït Menguellet, Ferhat, Matoub et d’autres encore n’ont rien à envier à leurs semblables dans les autres cultures.

-Comment définissez-vous cette poésie ?

La poésie est le genre majeur de la littérature kabyle. C’est un genre qui a connu plusieurs périodes et qui a survécu aux aléas de l’histoire et aux restrictions de l’idéologie sociale. La poésie kabyle a connu un long cheminement. Dans son contexte traditionnel, elle était essentiellement caractérisée par l’oralité et son aspect collectif. Elle fut aussi intimement liée au rituel, et sa performance était circonscrite dans l’espace et dans le temps. La présence in situ du public y est également contraignante.

Ce dernier joue un rôle de modérateur et contribue à sa transmission et ainsi à sa pérennité. Contrairement à la poésie traditionnelle, la nouvelle poésie kabyle se distingue par son aspect individuel et jouit d’une grande liberté. La présence du public n’est pas obligatoire. Cette nouvelle poésie se subdivise en deux genres : une poésie écrite et une poésie chantée et/ou accompagnée d’instruments. Elle est enregistrée, transmise et médiatisée par les différents supports et moyens de communication modernes, tels que le livre, le disque, la cassette, la radio, la télévision, internet, etc. Le poète peut aborder librement toutes les thématiques et composer des poèmes de forme et de longueur variables. Il faut signaler également l’émergence de la femme poète (poétesse). Celle-ci jouit d’un nom et d’une liberté dans la création, opportunités qu’elle n’avait pas dans le contexte traditionnel.

-Il reste néanmoins que poésie kabyle peine à trouver sa place. A quoi cela est-il dû ?

Je ne suis pas de cet avis. La poésie kabyle a su trouver sa place, bien que la tendance soit désormais au roman. Les nombreux recueils, concours et festivals attestent de l’importance de ce genre. Cependant, la poésie écrite est beaucoup moins «consommée» que la poésie chantée. Cette dernière est devenue le genre par excellence de la littérature kabyle depuis son avènement.

-Nous croyons savoir que vous venez de finir un recueil de poésie. Plus de détails ?

Tout à fait. Je viens de terminer un autre recueil, et tout comme le premier, celui-ci renferme plusieurs thématiques et aborde plusieurs sujets liés à la société. J’ai voulu aussi rendre hommage, à travers ce nouveau recueil, à certaines personnalités scientifiques ou artistiques, à l’image de Mouloud Mammeri et de Lounès Matoub.

Propos recueillis par  Nadir Iddir

 

 

Bio-express

Djamel Mahroug, poète de la terre nourricière :
Originaire du village Agouni Fourou, dans la commune des Ouacifs, Djamel Mahroug est un poète et chercheur kabyle. Il a à son actif un premier recueil publié aux éditions Imal Ashissef d usebghes. Le recueil, qui a été encensé par la critique, «est le fruit de plusieurs années d’attente et de réflexion. Si j’ai attendu aussi longtemps pour le publier, c’est parce que je voulais aborder plusieurs thématiques et en faire un outil pédagogique, qui peut être exploité par les enseignants de tamazight», tient-il à souligner. Il publiera prochainement une autre plaquette qui «renferme plusieurs thématiques et aborde plusieurs sujets liés à la société». Il y rend hommage à des personnalités fort estimées, à l’instar de Mouloud Mammeri et Lounes Matoub.



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