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16e édition du festival Raconte-arts à Bouzeguene (Tizi Ouzou) : Diversité culturelle et dynamique citoyenne au village Sahel

27 juillet 2019 à 10 h 03 min

La manifestation a drainé une foule nombreuse. «C’est phénoménal», laisse entendre un visiteur.

Des jeunes filles vêtues de robes kabyles font office d’hôtesses d’accueil. Elles orientent les visiteurs de la 16e édition du Festival Raconte-Arts, qu’a abritée, une semaine durant (du 19 au 26 juillet 2019), Sahel, l’un des plus importants villages de la commune de Bouzeguene, à 65 kilomètres à l’extrême sud-est de Tizi Ouzou.

«C’est la fiesta», nous dit Malik Kezoui, un artiste que nous avons croisé juste à l’entrée de ce bourg de 6000 habitants. Il veut nous décrire, d’emblée, l’ambiance de ce rendez-vous culturel qui a mis en mouvement toute une région. «C’est vraiment magnifique», ajoute-t-il, avant de nous annoncer le gala qu’il devait animer, avec Sidi Bémol, mardi, durant la soirée.

De la joie et de la bonne humeur au rendez-vous dans cette contrée de la Kabylie profonde, où l’expression artistique sous toutes ses formes contribue au bien-être général des milliers de personnes qui se sont dirigées vers Sahel, une destination très prisée dans la région, durant sept jours.

Les arts plastiques, le théâtre, la chanson, entre autres, rythment les journées et les soirées de ce festival, qui ne cesse de gagner en notoriété. D’ailleurs, la manifestation draine des foules. «C’est phénoménal», laisse entendre un visiteur. Effectivement, l’engouement que suscite ce rendez-vous culturel est plus que remarquable.

Rien qu’à voir, à 19 heures, ce long serpent métallique de quelques centaines de voitures stationnées sur la bordure de la route, on peut facilement comprendre l’effet que provoque ce festival chez les citoyens. Les pare-chocs se caressaient dans un frottement à peine perceptible pour les chauffeurs juste en bas du village. Il fallait s’arrêter là et rejoindre les milliers de visiteurs qui escaladaient, à pied, le lieu du rendez-vous.

A la vue des plaques d’immatriculation des voitures stationnées sur les bas-côtés, on se rend compte qu’il y a même des gens qui viennent de l’extérieur de la wilaya de Tizi Ouzou, notamment de Béjaïa, Bouira, Boumerdès et Alger.

Des centaines de familles répondent ainsi à l’appel des organisateurs des Raconte-Arts pour passer d’agréables instants de joie et de plaisir avec un programme festif. Le caractère extensible des activités de cette rencontre rend la manifestation plus attrayante et le village en ébullition.

Dans chaque coin, il y a une activité. Des artistes à l’œuvre. Parfois, juste pour livrer au regard des visiteurs une initiative personnelle. En entamant une ruelle revêtue de béton, on aperçoit une jeune fille en train de réaliser une fresque sur la porte d’une maison traditionnelle. Elle s’appelle Amal Aït Si Slimane, originaire de Tazrout, dans la commune d’Abi Youcef (Aïn El Hammam).

«Je suis venue pour participer à un atelier de recyclage de papier journal pour en faire des objets de décoration. Cette fresque est une idée qui m’est venue à la tête et à travers laquelle j’aimerais rendre hommage à la femme africaine», nous dit-elle. Les enfants ont aussi eu droit à des séances de contes populaires. Un groupe de chérubins installés dans un coin fascinent vraiment avec leur enthousiasme et l’intérêt qu’ils accordent aux productions des conteurs.

Sur la place du village (Tajmaât), le public a assisté à une table ronde sur le rôle social de la femme et ses luttes dans la société. Tout est bien organisé. D’ailleurs, des affichages sur les activités sont placardés partout, histoire de permettre aux visiteurs de connaître tout le programme de la journée. La sensibilisation sur la propreté figure également parmi les objectifs des organisateurs qui veillent à garder les lieux propres.

Des bacs à ordures sont installés tout le long des ruelles. Des cases sont réservées pour le plastique, qui sera destiné, sans doute, au recyclage, surtout lorsqu’on sait que la commune de Bouzeguene est connue pour être une référence dans ce domaine au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou.

Donc, la parfaite maîtrise de toutes les tâches inhérentes à l’organisation du festival a permis de donner à la manifestation un cachet vraiment particulier. Tous les villageois sont impliqués dans cette dynamique citoyenne. Des expositions de robes kabyles, de bijoux, de sculptures, de poterie, de vannerie, en plein air, ornent aussi les artères de Sahel.

De beaux tableaux de peinture sont également accrochés aux murs, histoire de revisiter beaucoup de choses. Eparpillés sur plusieurs endroits, les artistes s’éclatent et mettent du baume au cœur des visiteurs. Plusieurs styles de musique sont interprétés par les présents. Massyle Salah, cet enfant de 13 ans, a fasciné plus d’un par son talent.

Il est discret et surtout timide, mais il est prédestiné à un avenir très radieux dans le domaine. Installé sur une pierre en face de ses parents, qui ont mis en place un stand d’exposition de burnous, ce collégien de 13 ans, une guitare espagnole entre les mains, fredonnait, en continu, des morceaux de musique envoûtants. Les passants s’arrêteraient, par dizaines, pour écouter ce prodige se produire merveilleusement. Il interprète, avec l’art et la manière les chansons d’Idir.

Le théâtre de rue et les tables rondes sur divers thèmes sont au programme de ce rendez-vous. «C’est de la diversité culturelle», nous confie Mebarek Menad, un des initiateurs du festival Raconte-Arts. Les louanges des chorales ont également donné le ton à des soirées sublimes.

Des artistes et des universitaires ont animé des conférences, comme celle donnée par Saïd Chemakh, docteur en linguistique berbère et enseignant au département langues et culture amazighes, qui a parlé de la néo-littérature berbère. Mardi soir, les participants venus de Nouvelle-Calédonie ont gavé l’assistance par des moments magiques. Les participants du Zimbabwe ont également régalé les présents par des airs africains.

Les ruelles du village d’accueil se font ainsi plus belles avec des productions artistiques, de jour comme de nuit. Tajmaât aussi connaît des moments d’animation avec des artistes locaux et ceux venus de l’étranger pour créer un métissage interculturel fascinant. «C’est un voyage dans l’histoire. Le maître-mot est l’authenticité», ajoute notre interlocuteur.

Pour Hacene Metref, président du festival, le village de Sahel est vraiment magnifique. Il a salué la mobilisation des habitants qui ont affiché, a-t-il reconnu, un grand dévouement pour l’organisation de cette manifestation. Denis Martinez, l’un des fondateurs des Raconte-Arts, nous livre ses impressions sur le déroulement de l’édition en cours.

Il dira que Raconte-Arts est une bouffée d’oxygène pour les jeunes artistes. C’est un moyen d’expression et de rencontres. «La particularité des dernières éditions du festival réside dans l’engouement des jeunes pour cette manifestation», nous précise-t-il. Il y avait tellement de belles choses à voir à la 16e édition des Raconte-Arts et aussi à Sahel, qui est embellie à l’occasion pour se parer de ses plus beaux atours.

Cette localité splendide peut attirer même des touristes, surtout que le comité et les cinq associations qui ont vu le jour dans ce bourg en lice pour décrocher le prix du village le plus propre de la wilaya de Tizi Ouzou qu’organise l’APW, compte vraiment continuer sur cette dynamique pour donner à leur village l’image d’une citadelle sublime. Ainsi, le déplacement en vaut vraiment la peine.


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