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mercredi, 19 décembre, 2018
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Exposition. «Révolution Générations, au Mathaf de Doha (Qatar)

Différence d’âge, l’art de l’indifférence

28 août 2018 à 11 h 22 min

Un vaste, collégial, riche et ambitieux programme d’expositions et autres cimaises est annoncé pour un événement automnal qu’abritera le frais et émoulu Mathaf, le Musée arabe d’art moderne à Doha (Qatar). Cette manifestation picturale est baptisée «Revolution  Generations» (révolution de générations). Il sera étrenné le 17 octobre 2018.

Revolution Generations», se voulant  une exposition novatrice sortant des sentiers battus, est organisée par Abdellah Karroum, directeur du Mathaf. Une exposition collective panarabe ouverte sur d’autres palettes diaprées émanant, par exemple, d’Iran, ou encore de Turquie.

Une halte artistique, examinant des moments  importants de changement dans l’histoire de l’art moderne et contemporain. Plus précisément, l’ère post-indépendance des années 1950-1960, la période entre les années 70 et les années 90 et les décennies d’avant les révolutions des années 2000, lorsque des mouvements artistiques clandestins se sont développés dans le monde arabe pour dénoncer le fait du prince, les restrictions, voire l’absence de libertés individuelles et d’expression(s).

Effectuant une démarche pédagogique, vulgarisatrice, pluridisciplinaire et surtout historique, l’exposition «Revolution Generations»,  présentera les artistes comme des acteurs et des actants  essentiels du changement social et culturel dans chacune de ces périodes de l’histoire moderne et contemporaine.

Hommage à Baya

L’exposition «Revolution  Generations» s’articule en trois volets. Le premier chapitre traite de  la lutte pour l’indépendance en Afrique du Nord, dans les pays du Moyen-Orient et au-delà, dans les années 1950, marquant le début de nouvelles langues dans l’art et la littérature.

Le deuxième chapitre décline des productions d’artistes  faisant partie du mouvement culturel panarabe dans les années 1970. Le troisième chapitre se penche sur la génération d’artistes qui ont préfiguré au printemps arabe dans les années 2000, en inventant de nouveaux vocabulaires observant les sociétés en mutation.

Parmi les plasticiens participant de par leurs œuvres-à titre posthume ou de leur vivant- à la grande exposition «Revolution Generations», figurent d’une manière exhaustive : Fahrelnissa Zeid (1901-1991, Turquie), Hussein Bicar (1913-2002 Egypte), Hatem El Mekki (1918-2003, Tunisie), Inji Efflatoun (1924-1989,  Égypte), Shakir Hassan Al Said (1925-2004, Irak),  Jilali Gharbaoui (1930-1971, Maroc),  Baya (1931-1998, Algérie), Burhan Karkoutly (1932-2003, Syrie), Ahmed Cherkaoui (1934-1967, Maroc), Farid Belkahia (1934-2014, Maroc), Louay Kayali (1934-1978, Syrie),  Ismaïl Fattah (1934-2004, Irak), Mohamed Chebaa (né en 1935, Maroc), Abdullah Al Muharraqi (né en 1939, Bahreïn), Dia Azzawi (né en 1939, Irak), Simone Fattal (née en 1942, Syrie),  Kamal Boullata (né en 1942, Palestine), Jassim Zaini (1943-2012, Qatar), Shirin Neshat (née en 1957, Iran), Nazar Yahya (né en 1963, Irak), Marwan Rechmaoui (né en 1964, Liban),  Walid Raad (né en 1967, Liban), Hicham Benohoud (né en 1968, Maroc), Mounir Fatmi (né en 1970, Maroc), Marwan Sahmarani (né en 1970, Liban), Sabhan Adam (né en 1973, Syrie), Amal Kenawy (1974-2012, Egypte), Hassan Khan (né en 1975, Royaume-Uni) et Shiva Ahmadi (né 1975, Iran).

«Je crois fermement en notre droit d’être frivole»

Les œuvres exposées sont tirées de la vaste collection du Mathaf, ainsi que des prêts octroyés par des collections publiques et privées internationales et offertes par des artistes et des galeries. Parallèlement, Mathaf présentera l’exposition de Mounira Al Solh, «Je crois fermement en notre droit d’être frivole», organisée par Hendrik Folkerts (conservateur Dittmer d’art moderne et contemporain, à l’Institut d’art de Chicago) et Laura Barlow (conservatrice, Mathaf : Musée arabe d’art moderne, Doha).

Dans la série de dessins, «Je crois fermement en notre droit d’être frivole» (2012-en cours), Mounira Al Solh, 40 ans, native de Beyrouth(Liban), recueille des histoires et des expériences personnelles qui émergent des crises humanitaires et politiques en Syrie et au Moyen-Orient.

Les plus de 150 dessins et broderies présentés au Mathaf témoignent de rencontres et de conversations extrêmement personnelles entre Al Solh et les réfugiés syriens, ainsi que d’autres personnes  issues du Moyen-Orient déplacées de force au Liban, en Europe et aux Etats-Unis, racontant des histoires intimes de départ, d’arrivée et de grande incertitude.

Tout comme ces œuvres émergent d’espaces de conversation et d’exil dans le monde entier, cette exposition, maintenant présentée à Doha, devient une scène de conversation qui  incite  le visiteur à réfléchir et à discuter de la façon dont les migrations et les déplacements, les conflits et la résistance, continuent de façonner notre monde aujourd’hui.

«Syria Matters»

Deux  expositions  dites «Focus» s’y tiendront aussi. Il s’agit de celle de Fateh al-Moudarres, intitulée Color, Extensity and Sense, organisée par la conservatrice invitée, Sara Raza (conservatrice indépendante), présentant une vision posthume de l’œuvre du travail en atelier de cet artiste moderniste.

Organisée délibérément comme une partie thématique, par opposition à une rétrospective, cette exposition propose une optique «révisionniste», qui examine les œuvres d’Al-Moudaress dans le contexte de ses engagements avec le surréalisme et le soufisme.

Ainsi que l’installation de Jassim Zaini, dont le titre est «Representation and Abstraction», organisée par Fatma Mostafawi (conservatrice, Mathaf : Musée arabe d’art moderne, Doha), présentera une vision ciblée des œuvres d’un moderniste qatari pionnier en la matière.

L’exposition explore la vision artistique de Zaini et examine deux directions artistiques formelles adoptées par l’artiste durant toute sa carrière artistique, qui sont différentes et se chevauchant. Les œuvres exposées sont des reflets importants d’une époque fondamentale de l’histoire du Qatar, car elles rendent compte des transformations sociales, culturelles et économiques induites par l’exploitation du pétrole et la formation d’un Etat-nation.

Parallèlement, le Musée d’art islamique de Doha, qui célèbre son 10e anniversaire, présentera «Syria Matters», une importante exposition consacrée au patrimoine culturel extraordinaire de la Syrie, qui révèle le rôle clé de la Syrie dans l’histoire artistique et intellectuelle du monde.              

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