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Boussouf et le MALG : la face cachée de la Révolution, paru chez Casbah éditions, sort aujourd’hui en librairie : Des éclairages, des vérités, des révélations et de l’émotion

26 octobre 2020 à 10 h 11 min

C’est un pavé de 446 pages qui se lit aisément, au titre accrocheur Boussouf et le MALG : la face cachée de la Révolution qui a paru officiellement le 25 octobre 2020 à Casbah Editions. Tel est le parcours d’un battant, Dahou Ould Kablia, celui qui fut choisi, en 1958, par le Colonel Boussouf pour renforcer les effectifs de son fameux MALG. L’historique ministère de l’Armement et des Liaison générales lors de la Révolution de 1954 anticoloniale française

Le volumineux ouvrage Boussouf et le MALG : la face cachée de la Révolution, de Dahou Ould Kablia, 87 ans, s’ouvre sur des remerciements s’adressant à son ami Mohamed Chafik Mesbah et à ses camarades de l’Association des Anciens du MALG.

Il est dédié aux martyrs de la Révolution, à son épouse, ses enfants, Assia, Nadjet et Sid Ahmed et à la jeunesse algérienne, «afin que nul n’oublie». D’emblée, dans l’introduction de cet ouvrage, l’auteur et l’actant au sein du MALG, Dahou Ould Kablia, précise : «A travers la rédaction de cet ouvrage, je vise à accompagner tous ceux qui ont eu la volonté et le courage de lever le voile sur l’histoire de notre grande Révolution, mise sous l’éteignoir au lendemain de l’indépendance et maintenue dans cet état des décennies durant.»

Sa sœur Zoubida et son frère Noreddine, des martyrs

Bien sûr, le livre compte en grande partie les témoignages de première main de Dahou Ould Kablia sans les dissocier de l’histoire du MALG. Ce ministère régalien dirigé par l’homme fort, Abdelhafid Boussouf. Dahou Ould Kablia, ce natif de Tanger (Maroc, 1933), grandit à Mascara, plus précisément dans le quartier populaire et indigène de Baba Ali, à partir de 1940. Où il sera élevé, dans une famille nombreuse. Une fratrie de neuf enfants. Mohamed, Zoubida, Noureddine, Malika, Ali, Kenza, Cherif et Senouci. Zoubida et Norddine sont des martyrs. Ayant rejoint les rangs du FLN, ils sont tombés sur le champ d’honneur en 1958. Dahou Ould Kablia fera des études primaires, au collège…Il exercera la fonction de maître d’internat. En 1954, il décroche le bac au même temps que sa sœur Zoubida. En 1955, Dahou Ould Kablia rejoindra l’Université de Toulouse (France). De retour en Algérie, en mai 1956, il dispensera même des cours, il exercera la fonction d’instituteur dans un village limitrophe, à Matemore (Mascara).

Il s’impatiente. Il a hâte de rejoindre le maquis luxuriant de la région de Mascara. C’est le capitaine Mustapha Stambouli, grand moudjahid, qui aidera Dahou Ould Kablia et d’autres jeunes, des étudiants à rallier les bases arrières. Ils sauront plus tard que l’école formation était sous les auspices d’un certain, le Colonel Boussouf, futur «patron» du MALG. L’adhésion des étudiants issus de la grève de mai 1956 et leur apport sera déterminant pour l’action du MALG.

De nombreux postes de responsabilité

Exerçant depuis la création du MALG en 1958, Dahou Ould Kablia, occupera de nombreux postes de responsabilité tant aux frontières qu’à la base Didouche Mourad en Libye, au cabinet du ministère de tutelle de Boussouf ainsi que les missions effectuées pour son compte en Egypte, Union Soviétique ou
encore en Suisse, des dossiers sensibles.

Cet ouvrage, outre les biographies de l’auteur et Abdelhafid Boussouf, s’articule autour de cinq parties. La naissance des services de renseignements algériens, le soutien multiforme au MALG, les épisodes particuliers de la Guerre d’Algérie, les problèmes internes au FLN et l’héritage de la Révolution. Des éclairages, des témoignages-clé, des hauts faits d’armes, des vérités, des révélations, des documents et des photos inédits, de précieuses archives étayent le livre de Daho Ould Kablia.

Abdelhafid Boussouf, un personnage suspicieux, engagé, pragmatique…

Abdelhafid Boussouf était l’homme fort. Il était à la tête d’un superministère, le MALG, un portefeuille régalien, ce maroquin. «La promotion de Abdedlhafid Boussouf du poste de chef de wilaya en 1956 à celui de responsable du plus grand ministère du GPRA- Le Gouvernement provisoire de la République algérienne-(25% de son budget) en 1960 n’est pas le fait du hasard. L’exercice de cette responsabilité aussi complexe que difficile de manière intelligente et déterminée a démontré sa capacité à s’adapter pour répondre aux défis liés aux exigences de la lutte… Avec ces nouvelles attributions, Abdelhafid Boussouf devient le personnage incontournable dans l’orientation de la politique du GPRA (Le Gouvernement provisoire de la République algérienne).» Abdelhafid Boussouf est qualifié par ces adversaires, alliés ou par les journalistes américains ou français de prévoyant, engagé, pragmatique, inquiet, curieux, réservé, suspicieux, dur à la tâche, sévère avec lui-même et les autres. Josef Kraft, journaliste au New York Times et écrivain, qui a effectué une courte mission dans le maquis de la wilaya V en 1958, constatait chez Abdelhafid Bousouf «un sens aigu de l’observation et de l’anticipation». Pour Yves Courrière, «Boussouf a transformé sa wilaya en un instrument technique de haute précision. Pour lui, la lutte de libération ne devait pas être le fait du sort. La perfection de son service de renseignement et de liaison devait en faire l’homme le plus puissant de l’ALN».

«Il ne fait pas de doute que l’assassinat de Abane Ramdane est imputable au Colonel Boussouf…»

A propos de la mort de Abane Ramdane, le grand révolutionnaire et l’organisateur du Congrès de la Soummam, – tout un chapitre lui est consacré -, Dahou Ould Kablia révèle ceci, un pan entier cette zone d’ombre, cette face cachée, obscure : «…Cela se solda malheureusement par l’élimination tragique de Abane Ramdane. En effet, attiré dans un guet-apens à Tétoun (Maroc), il est assassiné le 27 décembre 1957… Il ne fait pas de doute que la responsabilité matérielle de son assassinat (Abane Ramdane) est imputable au Colonel Boussouf…La mort injuste de Abane Ramdane a ébranlé dangereusement l’édifice encore fragile du pouvoir à la tête de la Révolution… Boussouf n’a jamais nié ni tenté de se dédouaner en évoquant des raisons qui auraient pu relativiser son rôle…» «Boussouf et le MALG : la face cachée de la Révolution de Dahou Ould Kablia est un ouvrage coup de poing, poignant, intense et émouvant. A lire absolument. 

 

Boussouf et le MALG : la face cachée de la Révolution.
Dahou Ould Kablia
Casbah Editions
Octobre 2020
446 pages
Prix : 1300 DA

Disponible en librairie (Librairie du Tiers-Monde, à Alger…)


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