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dimanche, 05 juillet, 2020
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Décès de l’artiste Manu Dibango : Un saxophoniste et un jazzman hors pair

25 mars 2020 à 9 h 32 min

Le saxophoniste Manu Dibango aimait répéter : «Je suis un bâtisseur de ponts entre l’Occident et l’Afrique…» Ce qui lui valut d’être nommé en 2004 Artiste de l’Unesco pour la paix et ce, en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle au développement des arts, de la paix et du dialogue des cultures dans le monde.

Figure de proue de l’afro-jazz, l’artiste était devenu par la force de son talent une star internationale avec entre autres son couplet afro-soul Soul Makossa, sorti dans les années 70. Emmanuel N’Djoké Dibango est né le 12xdécembre 1933 à Douala (Cameroun), de parents protestants. Son oncle paternel jouait de l’harmonium et sa mère dirigeait la chorale. «Je suis un enfant élevé dans les Alléluia…

Ça n’empêche que je suis Africain, camerounais et tout ça» confiait-il l’année dernière à l’AFP. Son père, alors fonctionnaire, l’envoie en France à l’âge de 15 ans, en 1949, dans l’espoir d’en faire un ingénieur ou un médecin. L’adolescent rejoint Marseille, puis Saint-Calais dans la Sarthe avec, dans ses bagages, trois kilos de café pour payer sa famille d’accueil. Puis il étudie à Chartres, où il fait ses premiers pas musicaux à la mandoline et au piano. Alors qu’il est en colonie de vacances, il découvre le saxophone.

Il échoue à la seconde partie de son baccalauréat. En 1956, il s’envole pour Bruxelles. Son séjour belge est marqué par deux rencontres marquantes : la blonde Marie-Josée, dite Coco, qui devient sa femme, et Joseph Kabasélé, chef d’orchestre de l’African Jazz. Il lance la mode du twist en 1962, puis ouvre une boîte au Cameroun. Trois ans plus tard, il est de retour en France, sans le sou.

Il devient pianiste de rock pour Dick Rivers, organiste puis chef d’orchestre pour Nino Ferrer. En 1972, on lui demande de composer l’hymne de la Coupe d’Afrique des nations de football, qui doit se tenir au Cameroun. A l’âge de 71 ans, le jazzman crée sa propre formation, le Maraboutik Big Band. L’année 2006 est marquée par la sortie du DVD Manu Dibango et le Soul Makossa Gang. Une année plus tard, l’artiste verse dans le jazz en signant un album hommage au «cousin Sidney Bechet». Le 14 juillet 2010, il est fait chevalier de la Légion d’honneur.

Manu Dibango a foulé le sol algérien plusieurs fois. Il s’est produit la première fois, lors du Panaf en 1969 où il avait donné naissance au mémorable titre Night in Zeralda. En 1972, il fait escale à Alger pour une série de soirées musicales. Après une absence de trente ans, il revient en Algérie pour le second Panaf de 2009 où il se produit notamment à Alger, Constantine et Sétif. Il entonnera des titres choisis, tels Ngolowake, Miango Ma Tumba, Bolingo City Ekedi, Africadelic, Oh Koh, Africa Boogie, Wouri…

Une musique mêlant afro-beat, jazz, zouk, biguine antillaise, dancehall, rumba zaïroise, steady rock, reggae, salsa, samba avec un zeste de highlife. Un son caractéristique de l’Afrique de l’Ouest. Manu Dibango qui compte une discographie plurielle ainsi que des clips et des musiques de films restera un des monstres sacré de la légende africaine.



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