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Décès de Charles Aznavour : Le «bohème» arménien tire sa révérence

02 octobre 2018 à 0 h 00 min

Chanteur de variétés le plus important du XXe siècle». C’est ainsi que CNN et le Times l’ont qualifié en 1988. Plus de 1200 chansons dans sept langues différentes, des spectacles dans plus de 90 pays et pas moins de 100 millions de disques vendus, Aznavour était juste un majestueux artiste et un acteur prolixe avec 60 films à son actif. «Si j’arrête de chanter, je meurs», avait-il déclaré en juin 2015.

Il avait alors 91 ans. Depuis cette date, il a continué à se produire en France et dans le monde. Cependant, l’âge avancé, la fatigue des déplacements et des répétitions ont eu raison de cet homme devenu frêle à cause du poids des ans. Mais comme tout grand artiste, il a tenu à chanter jusqu’à son dernier souffle, tel ce bohème qui ne sait s’arrêter car pris par l’ivresse de la musique et de l’amour. Dans une récente interview, Charles Aznavour a conseillé aux jeunes de rire jusqu’à la dernière minute, «car rien ne remplace le rire» selon lui.

«Quand on se marie, on a peur du divorce. Et bien quand on vit, on a peur de mourir. La mort m’habite de différentes manières. Ce n’est pas toujours de la peur, c’est souvent du doute», a-t-il dit, en s’interrogeant: «Mourir, c’est quoi ? Si tout meurt, c’est embêtant, mais si le regard ne mourait pas, on serait content. Il faut essayer de rire jusqu’au bout. Moi je mourrai sûrement en étant entouré de ma famille, un livre à la main et puis toujours avec un peu d’humour».

Plus de 100 millions d’albums vendus

Avec Johnny Hallyday, ce sont deux monstres de la musique française qui ont tiré leur révérence, laissant derrière eux des millions d’admirateurs tristes et orphelins. Issu d’une famille d’immigrés arméniens, M. Aznavour est né en France en 1924 dans une famille modeste vivant à Paris. Il est mort dans le petit village de Mouriès, dans la région de la Côte d’Azur, dans l’intimité familiale. L’homme, qui a vendu plus de 100 millions d’albums dans le monde, a toujours été un ardent défenseur des causes justes et un pourfendeur des systèmes inégalitaires.

En 2015, alors que la crise syrienne avait atteint son paroxysme, avec des millions de réfugiés sur les routes de l’exil, Charles Aznavour avait dénoncé la position officielle de la France, qui refusait d’accueillir quelques-uns d’entre eux. «Il faut aider les gens. Mes parents sont venus comme ça, les parents de mes amis sont venus comme ça et beaucoup d’autres parents sont venus comme ça. Les juifs, les Polonais, les Italiens ont traversé les Alpes les pieds nus, les Espagnols, les Russes, alors n’exagérons rien», avait-il notamment dit, estimant au passage que «la France avait largement les moyens de les accueillir, notamment dans les villages désertiques».

Aznavour proche de la culture Kabyle

Charles Aznavour a chanté également la vie dure et taciturne des immigrés. Lui-même fils d’immigré arménien, il n’a jamais oublié d’où il est venu et à quelle couche sociale il appartenait. Dans sa chanson Les Emigrants, Aznavour décrit la vie dure des millions d’hommes obligés de quitter leur pays et leur famille à la recherche d’une vie meilleure. «Comment crois-tu qu’ils sont venus ? Ils sont venus les poches vides et les mains nues. Pour travailler à tour de bras. Et défricher un sol ingrat». Sensible à la nature et à l’environnement, en 2015 il a composé et chanté une chanson en faveur de la préservation de notre planète dont les ressources s’épuisent jour après jour. Dans La terre meurt, Charles Aznavour appelle à un sursaut humain en vue de ne pas hypothéquer l’avenir des plus jeunes. «Les océans sont des poubelles et les fronts de mer sont souillés. Des Tchernobyl en ribambelle voient naître des fœtus mort-nés.

Dans 50 ans qu’allons-nous faire de ces millions de détritus ? Et ces déchets du nucléaire dont les pays ne veulent plus. Sous nos pieds la terre promise, patrimoine de nos enfants, petit à petit agonise…» Homme de parole, discret mais en même temps espiègle, Charles Aznavour a chanté en Algérie dans les années 70. Il a également participé dans le dernier album d’Idir Ici et ailleurs, en interprétant en langue kabyle sa propre chanson La Bohème. Proche des peuples du Sud, tolérant et visionnaire, la mort de Charles Aznavour a suscité des réactions dans le monde entier. A Paris, la maire, Hidalgo, veut déjà baptiser une place à son nom.

 


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