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Crise libyenne : Conférence de Berlin, une rencontre pour rien ?

29 octobre 2019 à 9 h 02 min

Un congrès international sur la Libye se prépare pour novembre à Berlin. La communauté internationale est divisée sur ce dossier, notamment la France et l’Italie. Les pays du voisinage libyen sont ignorés dans les «tractations». La guerre de Tripoli boucle, dans l’indifférence, son 7e mois.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a rencontré, avant-hier, à Zouara, le président du Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale, Fayez Al Sarraj, en présence de l’envoyé de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé. La réunion a porté sur les préparatifs de la conférence de Berlin qui réunira, en novembre prochain, la majorité des acteurs de la crise libyenne. Heiko Mass s’est envolé, ensuite, pour Tunis, où il a rencontré, hier, le nouveau président tunisien, Kaïs Saïed. Mass a félicité Saïed et lui a promis de continuer à soutenir la transition en Tunisie ; les deux hommes ont également discuté de la crise en Libye et de la conférence de Berlin. Les Allemands veulent réunir une conférence à Berlin pour discuter de la crise libyenne, alors que la bataille de Tripoli serait alors à son 8e mois consécutif.

A constater que, depuis le début de cette guerre, la communauté internationale ne fait que multiplier les réunions et continue à armer les belligérants libyens, malgré l’embargo du Conseil de sécurité. La dernière des rencontres a réuni les présidents Trump et Sergio Mattarella à la Maison-Blanche ; ils ont convenu de se diviser les tâches en Libye, contre les groupes terroristes. Les réseaux des Italiens s’occupent du travail de terrain, notamment au Sud, alors que les Américains attaquent, par des drones, pour empêcher les terroristes de se déployer. Les Américains n’ont toujours en tête que le pétrole et la lutte contre les terroristes, comme l’avait dit Trump à Haftar, en avril dernier.

Contexte

Pour ce qui est des Italiens, ils veulent préserver leurs intérêts en Libye et empêcher les Français et les Russes de les concurrencer sur ce terrain ; d’où cette lutte d’influence italo-française. Les Italiens voient, d’un mauvais œil, la complaisance française par rapport à l’attaque de Haftar contre Tripoli. Il est néanmoins vrai que les Français apprécient le travail de Haftar au Sud libyen, limitrophe des zones vitales, pour la France, au nord du Tchad et du Niger. Il est également intéressant pour les Européens que Haftar affaiblisse les groupes armés cosmopolites, soutenant Al Sarraj, et facilite la création d’une armée libyenne forte, pouvant protéger un gouvernement libyen unifié.

L’équation libyenne n’a certes pas de solution militaire, de l’avis de tous. «Mais, la présence de groupes armés indisciplinés entrave tout processus de paix», remarque le juge libyen, originaire de Benghazi, Jamel Bennour, favorable à un pouvoir civil et démocratique. «La paix n’est pas possible si la Libye ne se débarrasse pas des groupes armés et n’installe pas une armée unifiée et solide, avec une police civile, adossée à une justice indépendante», ajoute-t-il. «Cela commence, certes, par des élections. Mais, qui va les protéger», s’interroge le juge, sceptique par rapport à l’intervention quasi-directe d’une dizaine de pays en Libye, empêchant la fin du conflit.

Perspectives

Dans ce contexte international très compliqué, impliquant des puissances régionales et internationales, aux intérêts contradictoires, la question est légitime concernant les perspectives du congrès prévu à Berlin, le mois prochain. Il est clair que les puissances soutenant Haftar veulent affaiblir drastiquement les groupes armés soutenant Al Sarraj, pour les amener, affaiblis, autour d’une table de négociations. C’est seulement dans ces conditions qu’une armée libyenne unifiée pourrait voir le jour, selon les stratèges de ce clan, bénéficiant d’une approbation quasi-unanime en Europe. Tout le monde étant conscient que la discipline est nécessaire pour sortir du chaos.

Ce constat signifie que l’approche allemande n’est pas efficace. Cela veut dire, aussi, que la population civile et les pays du voisinage, notamment la Tunisie et l’Algérie, vont payer les frais de cette guerre de Tripoli ; il y a, aussi, le risque que cette guerre s’étende géographiquement et provoque des dommages collatéraux dangereux. La situation libyenne est grave et nécessite des solutions, d’abord internes, pouvant bénéficier du soutien international. «Il n’y aurait pas de solution, tant que c’est une guerre de procuration, où ni les Libyens ni leurs voisins ont des intérêts», conclut désespérément le juge Jamel Bennour.


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