Contre la haine, au service de la vérité (partie 1) | El Watan
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Contribution. Une leçon d’Albert Camus, aujourd’hui.

Contre la haine, au service de la vérité (partie 1)

14 novembre 2021 à 10 h 00 min

Dans le « Cahier du Monde – n°20888» du 17 mars 2012, Macha Séry publie, après avoir découvert aux Archives d’outre-mer, à Aix-en-Provence, dans les rapports de censure, un article d’Albert Camus qui devait paraître le 25 novembre 1939, dans Le Soir Républicain.

Cet article a pour sujet la liberté de la presse, la liberté tout court. Plus qu’un article de journal, ce texte est un «Manifeste pour la liberté», dans les temps obscurs.

Au Soir Républicain, face à la censure et à la répression, un homme ne peut maintenir sa liberté que difficilement. Dans un temps de guerre et de servitude, Camus propose aux esprits libres quatre moyens pour qu’ils puissent maintenir leur équilibre, sur une corde très raide : la lucidité, le refus, l’ironie et l’obstination.

La lucidité suppose, écrit Camus, « la résistance aux entraînements de la haine et au culte de la fatalité». La clairvoyance exclut la haine aveugle et le désespoir qui mène au pire. «Un journaliste libre, en 1939, continue-t-il, ne désespère pas et lutte pour ce qu’il croit vrai comme si son action pouvait influer sur le cours des événements. Il ne publie rien qui puisse exciter à la haine ou provoquer le désespoir. Tout cela est en son pouvoir.»

La lucidité, sous la plume de Camus, est une éthique de la responsabilité. *Le refus : refuser la malhonnêteté et assurer l’authenticité des informations.

Pour Camus, si un journaliste ne peut pas dire ce qu’il pense, il peut, en revanche, s’abstenir de dire ce qu’il ne pense pas, ce qu’il ne croit pas. «Et c’est ainsi qu’un journal libre se mesure autant à ce qu’il dit qu’à ce qu’il ne dit pas.» Cette «liberté négative», dit Camus, prépare l’avènement de «la vraie liberté».

Un journal libre doit servir la vérité et faire barrage à la propagande et au mensonge organisé. De l’expérience du danger et de la mort imminente qui guette chaque résistant, Camus en a tiré, quant à l’usage des mots, une leçon de classicisme : A suivre …

Retrouvez l’intégralité de nos articles sur la version papier


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