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Clôture du festival national du théâtre professionnel : Baccalauréat décroche le Grand prix

02 janvier 2019 à 9 h 00 min

Azzedine Abbar, l’un des dramaturges les plus hautement distingués durant la décennie par le FNTP, venait de surpasser sa quête créative en creusant un profond sillon dans l’exercice risqué du post-dramatique.

Baccalauréat est en effet un spectacle qui ne se raconte pas, qui se vit comme une aventure, parce que les décharges qu’il libère passent par le visuel, là où le mot est inapte à exprimer l’indicible. Néanmoins, ses dialogues ciselés, lorsqu’ils interviennent, ne manquent pas de frapper fort l’esprit et les sens. L’auteur-metteur en scène, parti d’une idée du regretté Abdelkader Mostefaoui (comédien et dramaturge), a développé un kaléidoscope de tableaux s’ensachant, se distendant ou se fondant unitairement pour démultiplier la polysémie d’une situation en apparence simple. Elle se déroule dans un dépôt où s’entassent de façon hétéroclite des caisses d’emballages de matériels importés. La situation se dégrossit et l’espace apparaît comme un lieu de cours scolaires supplémentaires donnés dans l’informel en prévision du baccalauréat.

Le tableau noir amovible est coupé à sa base en forme de couperet de guillotine. L’endroit est le lieu de tous les désordres, de tous les déboires et de toutes les divagations. C’est aussi l’atelier d’un vieux comédien, à l’image de celui du Chant du cygne, de Tchékov. Bachir Boudjemaâ est dans le rôle, avec ce qu’il faut de pathos. Il le partage avec son amour de jeunesse auquel il n’a jamais été uni. La fabuleuse Adila Soualem campe ce professeur à l’allure hallucinée. Trois des élèves de la dissipée classe mènent le bal des «potacheries».

Nacer Soudani, à la palette de jeu remarquable, aux instantanées transformations dans l’expression, est époustouflant. D’une souplesse tout autant féline que reptilienne, il permet à la mise en scène de basculer en un clin d’œil d’une situation ou d’une temporalité à une autre sans transition. Abbar en use à merveille. Soudani a pour complice Aïssa Chouat dans le rôle du cancre Wahid, amoureux de tout jupon qui passe. Nissa est de ceux-là. Fatima Chikh Jaousti la campe avec ce qu’il faut d’aguichant dans la posture et dans l’espièglerie. Le spectacle vogue ainsi entre moments d’intense gravité et de comédie déjantée.

Cependant, la tragédie plane. Et quand elle intervient, elle prend le public au dépourvu dans une scène dantesque. A ce propos, Brahim Ouldtata a signé une mouvante scénographie, où les êtres et les choses sont ramenés à leur exacte condition, non de sujets mais d’objets. Avec des éclairages parfois rasants, parfois en flaques, c’est du grand art. Quant à la musique de Abdelkader Soufi, elle est comme toujours d’une efficacité dramatique très relevée. Enfin, un bon point pour les talentueux danseurs Zahra Elabed, Khaled Gournet, Mohamed Seddik Benbadra et Rachid Khalifa. Et surtout, bravo au TR Mostaganem, le producteur de Baccalauréat.

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