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samedi, 16 novembre, 2019
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Cinéma. Tu mérites un amour : Hafsia Herzi passe derrière la caméra avec succès

10 septembre 2019 à 8 h 50 min

Parmi les films remarqués,Tu mérites un amour occupe une place singulière . Celle d’abord de sa sélection à la Semaine de la critique de Cannes 2019, réservée aux auteurs d’un premier long métrage ou d’un second.

Et pour Hafsia Herzi, qui n’a à son actif qu’un court métrage, Tu mérites un amour, est sa toute première réalisation.

Elle révèle d’emblée un réel talent de cinéaste qui n’est pas sans rappeler un certain Abdellatif Kechiche, son mentor de toujours, et qui la met en tête d’affiche des comédien(ne)s issu(e)s de l’immigration maghrébine (mère algérienne et père tunisien) avec La Graine et le mulet, pour lequel elle recevra le César du meilleur espoir 2008, du haut de ses 20 ans. Depuis, à 32 ans, elle a à son actif une quarantaine de films, dont les derniers – en tant que comédienne – sont Persona non grata, de Roschdy Zem, et Mektoub my love : intermezzo, second opus de Abdellatif Kechiche, en compétition à Cannes…

L’originalité d’un film réside souvent dans son premier plan, comme dans celui-là où le personnage féminin apparaît de dos… Ecoutons l’explication de la réalisatrice novice : «Je marche d’un pas décidé ! On ne sait pas où, on ne sait pas chez qui, mais j’y vais. Le spectateur devine que mon personnage a dû longtemps gamberger pour avancer ainsi. Je trouve que c’était une entrée en matière assez dynamique !»

Et de fait, le ton est donné pour narrer cette histoire d’amour, où la rupture sentimentale va générer déboires et complexité quant à évoquer les relations amoureuses entre de jeunes gens. Au départ, Hafsia Herzi ne devait pas incarner le personnage de Lila, mais les conditions économiques du film en ont décidé autrement.

Car il faut louer la pugnacité de la jeune cinéaste, qui a totalement auto-produit Tu mérites un amour, avec quelques milliers d’euros puisés dans ses deniers personnels. Tourné en quinze jours, le film a réuni techniciens et comédiens motivés et privés de cachets jusqu’à l’après-vision de Cannes, qui a convaincu Arte d’acheter le film.

Le personnage de Lila s’avère à la fois décidé et libéré, notamment au niveau de la sexualité. «Si elle a envie de coucher, elle couche», nous assène Hafsia Herzi. Sans regrets ni remords. «Tu mérites un amour est un film dont le maître-mot est liberté. Lila est libre.

D’un point de vue artistique, le corps est pour moi comme un tableau. Il faut le filmer avec amour et sans tabous, sans tomber dans la vulgarité. Même quand Lila, qui tente vraiment tout sans parvenir à aller mieux, fait ce qui est pour elle l’ultime expérience, coucher avec un couple, ce qui ne la traumatise pas pour autant. Il n’y a rien de grave là-dedans.

Elle ne le vit pas comme un drame. C’est la vie, c’est sa vie», conclut la jeune cinéaste. L’autre aspect de Tu mérites un amour, c’est l’écriture cinématographique proprement dite. Autant l’approche est documentaire, autant la réalisation relève de la fiction. Les acteurs ne sont pas livrés à eux-mêmes, ils sont dans une sorte de réel et de vérité, sans doute dirigés de main de maître par Hafsia Herzi, qui démontre là un talent certain dans la direction d’acteurs, ce qui, pour un premier long métrage, n’est pas forcément évident.

Nous sommes impatients de découvrir son deuxième film intitulé Bonne mère, déjà en préparation, et qui plongera au cœur des racines marseillaises de Hafsia, pour qui la mise en scène est désormais devenue un choix prioritaire.


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