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Condisciple des maîtres du châabi

Cheikh Amar Dris honoré à Tizi Ouzou

19 octobre 2019 à 9 h 00 min

Amar Dris, aujourd’hui âgé de 76 ans, fréquenta et travailla avec de grands chanteurs comme Guerrouabi, Dahmane El Harrachi, Boudjemaâ El Ankis, Abdelkader Chercham, Mohand Saïd Oubelaïd, Taleb Rabah et beaucoup d’autres.

Un hommage appuyé été rendu samedi à Tizi Ouzou au musicien kabyle cheikh Amar Dris, qui a marqué toute une génération d’artistes depuis les années 1960. Le public de la salle de spectacles de la maison de la Culture Mouloud Mammeri est venu nombreux manifester sa reconnaissance à l’enfant de Aïn El Halouf, sur les hauteurs de la ville des Genêts, où il a vu le jour le 23 avril 1943.

Etaient présents également des membres de sa famille, ses amis et des personnalités du monde artistique tels que Chercham Abdelkader, le musicologue Bendamèche et des chanteurs de la région. La cérémonie a été ouverte par un récital andalou présenté par l’association musicale El Amraouia de Tizi Ouzou.

Le programme comportait aussi une exposition de photos et d’attestations honorifiques, des témoignages et un court documentaire réalisé par Rachid Bellik et Salah Boufatis. Pour Abdelkader Bendamèche, directeur de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), «cheikh Amar Dris est un modèle dans son art qui s’est donné entièrement à la formation musicale sans mettre en avant ce qu’il faisait».

Rabah Ouferhat, auteur-compositeur et SG du Syndicat des artistes de la wilaya de TiziOuzou, dira : «Dda Amar est un grand artiste respecté de tous pour sa personnalité et son savoir-faire.» Le journaliste Mohamed Haouchine, qui a témoigné du parcours atypique de son ami d’enfance, considère que «Amar Dris est l’un des plus beaux fleurons culturels de la ville de Tizi Ouzou.

C’est un artiste surdoué qui jouait de tous les instruments, dont le clairon». Rachid Hammoutène a relevé dans son intervention que cheikh Amar Dris a été ce trait d’union entre les générations, ancienne et actuelle : «Il a joué, dirigé des orchestres d’expression arabe et kabyle.

Il disait des mots justes et avait une ouïe musicale sensible capable de détecter la moindre fausse note musicale dans un orchestre.» La directrice locale de la culture, Nabila Goumeziene, a fait savoir que «c’est l’artiste Rachid Bellik qui était à l’origine de cet hommage bien mérité pour un homme qui a toujours vécu loin des feux de la rampe, un artiste complet qui a formé beaucoup de musiciens.»

1er Prix du Conservatoire d’Alger

L’écrivain Mohamed Attaf, qui a connu l’artiste, note que cheikh Dris s’est installé en 1964 à Alger pour suivre, pendant quelques années, des cours de musique à l’école El Fakhardjia où il obtient le premier Prix de la classe supérieure du Conservatoire de musique d’Alger.

C’est là, précise-t-il, qu’il découvrit et côtoya de grands musiciens, dans le genre chaâbi, hawzi et andalou, qui étaient des maîtres sur la place d’Alger tels que Nourredine Saoudi, entre autres. Pour Mohamed Attaf, Amar Dris est aussi un spécialiste pour accorder toutes sortes d’instruments musicaux.

«On raconte plusieurs anecdotes sur ses diverses interventions, parfois inopinées, pour  accorder, par exemple, le violent de Hadj Tahar Fergani qui éprouvait des difficultés à le faire, ou encore un piano neuf, qui n’a jamais servi, d’une famille où il était hébergé, en France lors d’un voyage avec la direction de la jeunesse et sports, alors que son propriétaire attendait l’accordeur qui lui avait donné un rendez-vous dans trois mois ! », témoigne le même auteur.

Et d’ajouter : «A son retour à Tizi Ouzou, avec une inestimable somme de connaissances et d’expériences dans le domaine musical, Amar Dris enseigna la musique à la maison de la culture.

Il donna des cours particulier de solfège à son ami, Samy El Djazaïri, pour faciliter et enrichir sa pratique musicale et, perfectionner, par la même, son art. Bientôt, il prit en charge la formation de jeunes musiciens de  l’Association culturelle de musique andalouse El Amraouia, qui a été créée en 2007, à Tizi Ouzou.

Grâce au dévouement d’Amar, cette association a été lauréate, en 2012, en décrochant le  »Bouclier », qui est la distinction suprême, soit le 1er prix du 6e festival de la musique andalouse Sanaâ qui s’est déroulé à Alger. L’association avait présenté une nouba dans le mode ghrib et s’était distinguée par la présence de jeunes éléments issus de ses classes de formation.

En 2013, elle récidiva lors de la 7e édition du même festival en remportant, pour la deuxième fois consécutive le 1er prix. En 2014, elle participa par un concert d’ouverture, en hors-concours, sans doute pour donner la chance aux autres troupes musicales d’accéder au Bouclier et en 2015, elle fut classée 3e lors de la 9e édition.»  Présent à cette activité, malgré son état de santé, Amar Dris s’est contenté de dire avec sa timidité légendaire : «Un grand merci à tous ceux qui ont pensé à cet hommage.»

Notons qu’en plus des bouquets de fleurs, Dda Amar a eu droit à un synthétiseur offert par la direction de la culture de Tizi Ouzou. A son arrivée dans la salle, il a été accueilli avec des youyous et une standing-ovation. Ce premier hommage du genre a été initié par la direction de la culture, en collaboration avec Rachid Bellik, l’association musicale El Amraouia et l’association des anciens scouts et amis des scouts de la ville de Tizi Ouzou. Longue vie à Amar Dris.


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