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Chanson kabyle : Retour triomphal de Kader Aouizet après 27 ans de silence

11 février 2020 à 9 h 02 min

Après 27 ans de silence, le chanteur kabyle, Kader Aouizet, signe un retour tonitruant avec Idheli (C’était hier), un second album nostalgique, bien ficelé, sorti aux éditions New Music.

L’opus, disponible dans les bacs, est composé de dix titres ; Tavrats, Thin fi azragh, Staghfir Allah, Timuqvart, Idheli, H’kaniyid, Achhal itesaâv, Sar laeyuv, Cwal, Aqavac. Traitant de divers thèmes, les chansons de Kader Aouizet sont égrenées dans une musique rythmée, variant d’un titre à un autre. L’artiste, quinquagénaire, natif du village Cheurfa, dans la commune d’Azazga, sait bien choisir les mots qu’il pose admirablement bien sur les maux de la société.

Dans une piste, un peu particulière, intitulée H’kaniyid (On m’a raconté), l’artiste rend un vibrant hommage au colonel Amirouche Aït Hamouda, chef de la Wilaya III historique, surnommé par l’armée française, durant la guerre de Libération nationale, le «Loup de l’Akfadou», en raison notamment de sa bravoure au combat, son génie et ses prouesses militaires d’un insaisissable chef des maquis, (tombé au champ d’honneur le 29 mars 1959 à Bou Saâda, à plus de 250 km au sud d’Alger).

Les essais amateurs des débuts de carrière de Kader Aouizet remontent aux années 1980. Comme tous les chanteurs de son époque, Kader a commencé à fredonner les mélodies de ses prédécesseurs dans cet art majeur. «A sept ans, je rêvais déjà de devenir artiste. Je suivais régulièrement les galas animés à Azazga par des chanteurs connus, et mon souhait le plus tenace était de faire comme eux. J’ai acheté ma première guitare à 11 ans.

J’ai commencé d’abord par reprendre les chansons du regretté Hamidouche, qui m’a beaucoup impressionné par sa voix et son savoir-faire. J’interprétais notamment Atakchichth, un chef-d’œuvre qui a marqué notre adolescence. Je répétais et je m’exerçais petit à petit au village en compagnie de mon ami Amar Alouane, que je salue au passage», nous dira ce virtuose mais modeste artiste.

En 1990, il tente son premier essai de composition aux éditions Izanzarène de Aïn El Hammam. La cassette a été tirée à 500 exemplaires. Depuis, c’est le silence radio, même si le chanteur a continué de composer pour lui-même, mais pas de scène ni de CD sur le marché. Durant la décennie noire et la période trouble qui en a suivi, le chanteur n’a pas eu le cœur à l’ouvrage, admet-il. «Vingt-sept ans de silence», a tenu à rappeler à juste titre Kader Aouizet sur la jaquette de son album, arrangé par Rachid Rahmi.

Evoquant les embûches rencontrées par ses pairs, Kader Aouizet fera part notamment du problème lié à la distribution et à l’édition. «Si c’est l’éditeur qui distribue le produit, celui-ci prend. Le faire nous mêmes, je pense que ce n’est pas notre travail», déplore-t-il. Outre les frais d’enregistrement au studio, le chanteur doit également rémunérer ses musiciens. «Dans le passé, les artistes s’entraidaient mutuellement. De nos jours, tout est payant», regrette-t-il, faisant tout même bon cœur contre mauvaise fortune, comme dit l’adage.

En tout état de cause, Kader Aouizet ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, d’autant que cet album, qu’il espère ne sera pas le dernier, «a eu un bon écho et bien accueilli auprès de nombreux mélomanes», de l’avis même de multiples disquaires de la ville de Tizi Ouzou. Comme autre projet pour les jours à venir dans le même contexte, Kader Aouizet prépare d’ores et déjà un album qu’il compte concevoir dans un style chaâbi, une musicalité dont il est passionné admirateur.



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