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Avant-première nationale du film documentaire 143 Rue du désert de Hassen Ferhani : Malika, ce personnage attachant et tendre

13 novembre 2019 à 9 h 30 min

C’est dans une salle pleine à craquer que les nombreux cinéphiles ont découvert la dernière production cinématographique de Hassen
Ferhani.

Un film qu’il dédiera «à des personnes qui auraient pu être là parmi nous, les détenus d’opinion…», lancera-t-il juste avant la projection de son film documentaire. Une fois de plus, le jeune réalisateur algérien Hassen Ferhani a su proposer un film documentaire qui restitue une certaine densité humaine et sociale à la fois.

En effet, le film en question suit le fil d’une narration soignée et mise en musique d’une façon bien travaillée avec de larges plans bien proportionnés. Projeté en compétition officielle du 10e Fica, le film documentaire 143 Rue du désert se déroule sur une durée de 100 minutes bien pleines.

Un seul et unique personnage féminin crève l’écran. Il s’agit de l’attachante septuagénaire Malika, une femme de caractère, qui a pris sa destinée en main depuis fort longtemps. Elle décide durant la décennie noire de quitter la maison familiale pour s’établir sur la route nationale entre El Menia à Ghardaïa et Tamenrasset.

Elle est propriétaire d’un petit commerce de 20 mètres carrés où elle propose aux potentiels routiers des cigarettes et la préparation d’omelettes et de thé. Malika n’a pour compagnie que son chat. La caméra zoome à outrance sur son quotidien. Cette femme au caractère bien trempé, qu’elle illustre d’ailleurs parfaitement dans ses propos, a également un sens de l’humour très aiguisé. Son petit commerce devient un point d’escale où des rencontres et des amitiés se tissent. Il faut dire que Malika a la bosse du commerce.

Elle sait comment accueillir ses convives et enclencher la discussion. Ses hôtes sont généralement des routiers, des Subsahariens et des artistes. Elle a même reçu la visite d’une motarde polonaise. Elle s’essaie même à un petit jeu théâtral bien réussi avec son ami, le journaliste Chawki Amari. Ce dernier a fait la connaissance de cette femme lors de la cogitation de son roman Nationale 1.

Les répliques loufoques et espiègles à la fois témoignent en filigrane d’une amitié sincère. Au fur et à mesure que l’histoire progresse, on sent l’inquiétude de Malika : une station d’essence est en phase de construction juste en face d’elle. Elle craint que ses clients disparaissent à jamais de chez elle. Toutefois, cette femme courage est tenace. Elle espère ne pas fermer la porte de son petit restaurant de fortune.

Quand Malika se retrouve seule, son regard est pensif et ses pensées sont secrètes. Parfois, elle oublie le jeu caméra en marche en s’adressant au réalisateur par son prénom.

C’est là où elle dévoile un pan de son passé. Elle témoigne qu’elle est originaire de Constantine mais que des problèmes familiaux l’ont contrainte de s’installer dans le Sud algérien.

Elle remonte loin, au moment du terrorisme où elle a fait l’objet de pillage. Un deuxième acteur, Samir Elhakim, arrive à la fin du film perturbant quelque peu le fil conducteur de la narration – pour venir raconter l’histoire de ce frère disparu dans le désert. Hassen s’en explique : «Il se trouve qu’avant que Samir n’arrive, il y a eu ce moment au début du film où Malika parle de ce monsieur qui est à la recherche de son père.

A ce moment là, je me suis dit qu’il y a vraiment quelque chose à continuer. C’est incroyable. J’imagine quelque chose dans ma tête. Pour moi, la première et la dernière séquence racontent quelque chose.

On recherche tous quelqu’un de plus dans le désert.» C’est parce que le personnage central du film considère son restaurant comme une zaouia que le réalisateur Hassen Ferhani a pensé à un acte cinématographique de génie, celui de faire tournoyer l’espace trois fois sur lui-même avec l’obscurité envoûtante du désert. Malika considère sa maison comme une zaouïa. Hassan Ferhani filme d’ailleurs sa maison, lors d’une séquence frénétique en tournant par trois fois, comme pour nous suggérer l’esprit des danseurs derviches.

Un rythme qui s’accélère d’un coup. A la question de savoir pourquoi le réalisateur Hassen Ferhani a choisi le désert comme un écran de projection avec une cabine, n’étant autre le petit restaurant de Malika, il explique : «Quand je suis parti la première fois avec Chawki  Amari  dans le désert, j’ai été frappé par ce lieu et par ma rencontre avec Malika.

Elle était assise là et il y avait la porte qui était comme un écran de cinéma. Il était important pour moi de jouer champ contre champ où Malika commente tout le temps ce quelle regarde à travers la porte. Et aussi faire du cinéma dans un lieu de 20 mètres carrés avec la matière réelle : des gens qui rentrent avec tout ce qu’on peut imaginer et transformer  comme on veut.» Il est à noter que 143 Rue du désert est sorti à l’étranger en août.

Il a été primé dans des festivals en Egypte, en Tunisie et en Corée du Sud ainsi qu’à celui de Locarno. Il a remporté le Prix du meilleur réalisateur émergent au Festival international du film de Locarno, au Festival international d’Elgouna en Egypte et à Séoul. Le film va être aussi distribué prochainement aux Etats-Unis.


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