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Aïn Témouchent : Concours de photo : le niveau s’améliore

02 mars 2021 à 9 h 52 min

Avec pour thème «La photo au temps du Corona», la 3e édition du concours national de la photographie organisé par la maison de la culture marque un relèvement de la qualité artistique des travaux en compétition.

Si les plus intéressants ont révélé l’existence d’un vrai regard chez leurs auteurs, chez la plupart, c’est plutôt une recherche esthétisante qui est à l’œuvre, mais sans un fond derrière. A cet égard, on ne peut qu’approuver le palmarès du jury présidé par la photographe Nora Zaïr pour avoir capitalisé cette avancée. Ainsi, le premier prix est revenu à Akram Minari, un Tiareti, pour la photo d’un couple de vieillards malades de la Covid-19, l’épouse alitée et le mari assis mal en point sur une chaise, tenant une poche de sérum à laquelle il est relié. Ils sont pris dans leur quotidien, dans un réduit de cour de maison, le photographe s’étant abstenu de toute tentation de mise en scène, préservant l’authenticité de leur pauvre décor.

Cependant, la photo pêche un peu par un déséquilibre des couleurs, imputable sûrement, faute d’un tirage professionnel. Le second prix est revenu à Ghizlene Missoum, une Tiaretie également pour une photo en noir et blanc. Mais c’est certainement par une autre photo que son talent est mieux illustré, une photo qu’elle n’a pas retenue pour concourir sur ses cinq qui garnissaient les cimaises de l’exposition collective. Elle fige de dos un homme d’apparence jeune. Il est accoudé au barreaudage d’un balcon, penché sur une rue qu’on imagine déserte, confinement oblige. Derrière lui, sur la marche entre les deux battants de la double porte donnant sur le balcon, une fillette est assise, un livre d’image dans les mains. Elle l’interpelle. Ainsi, au temps de la pandémie, même une ouverture est en définitive une fermeture. La photo aurait donné un meilleur rendu de l’idée si la photographe avait supprimé l’avant-plan dont la présence est plus que superflue. Enfin, le 3e prix a été décroché par Sid Ahmed Benkhelifa de Relizane. C’est un autre regard sur le temps du Corona, celui porté sur la détresse d’une famille de Subsahariens en conciliabules dans un coin de rue. La qualité du niveau de la manifestation a été rehaussée par une exposition en hors compétition du collectif El Warcha d’Oran. Son thème, la rue, ce qui s’y passe ou pas. Bien que ce soit des instantanés, tout est soigné tant au plan des cadrages que des couleurs.

Ce sont des captations de moments de vie, ceux du quotidien, et des ambiances qui y règnent. L’une d’elles, en noir et blanc, montre un vieillard éreinté, assis au bord de trottoir et affalé contre un tronc d’arbre, les mains agrippées à sa canne. Ou encore, cette photo de gamins escaladant en file indienne un mur dont la surface excavée à intervalles réguliers, sûrement par eux, en guise de points d’appui pour les mains et les pieds. Ce doit être un raccourci qu’ils prennent habituellement. Vivement la 4e édition !


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