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Abdelkader Boudjemaa. Marqueteur : Une passion inattendue

15 septembre 2020 à 10 h 58 min

Issu d’une famille d’ébénistes, Abdelkader Boudjemaa a été élevé autour de l’odeur du bois travaillé et d’œuvres artistiques uniques. Pensant être prédestiné au même métier que ses ancêtres, c’est lors d’une rencontre inattendue que le coup de foudre pour la marqueterie lui a été révélé. Partez à la découverte d’un homme qui manie la matière avec talent et passion.

Très peu répandue en Algérie, la marqueterie est un décor réalisé à partir de plaquage de bois et de diverses matières découpées, telles que la paille ou la nacre puis collées sur un support. Ancienne pratique égyptienne réutilisée beaucoup plus tard dans le XIVe siècle chez les Européens, elle revient petit à petit au goût du jour dans certains pays, notamment en Algérie.Abdelkader Boudjemaa est peut-être l’un des seuls à faire ce métier en Algérie avec son frèreNabil. Les deux frères travaillent côte à côte, avec chacun sa touche personnelle. Avant de commencer sa carrière dans la marqueterie, Abdelkader tenait une librairie dans sa ville natale, à Annaba, qui a malheureusement dû fermer ses portes.

Passionné d’art depuis sa tendre enfance, Abdelkader a toujours été séduit par le contact de ses mains avec la matière. Il adorait imaginer le fait de façonner une matière en un objet d’art unique. Un jour, il a fait une rencontre inattendue avec deux frères artistes en marqueterie, les Slatenia, dont l’un vit en France. Fasciné par leur travail, il s’est empressé d’apprendre le savoir-faire de marqueteur. «J’ai eu le coup de foudre pour les matières et les couleurs. Je suis devenu marqueteur avant tout pour le plaisir de créer. D’ailleurs, au début j’offrais toutes mes créations à ma famille et mes amis avant d’ouvrir mon propre atelier et proposer mes services aux autres», confie le marqueteur, Abdelkader Boudjemaa.

L’artiste cumule maintenant plus de 25 ans de carrière. Une passion qui, d’ailleurs, n’est pas près de s’arrêter. Les œuvres qu’il réalise sont des veilleuses, des appliques, des coffres, des silhouettes, de la calligraphie avec de la paille, ou encore des voiliers en bois flotté. Cependant, l’aspect le plus ardu dans le métier de marqueteur est la cueillette. En Algérie, entre autres, le choix des matières est assez restreint. Ce qui est concrètement disponible n’est que la paille, l’avoine et les feuilles de bambou. Pour ce qui est du bois flotté, il est récupéré puis nettoyé afin de pouvoir être réutilisé.

Concernant les couleurs qui composent les œuvres de notre artiste, elles sont basées uniquement sur la couleur naturelle de la matière utilisée. A titre d’exemple, les feuilles de bambou sont d’une couleur nacrée que le marqueteur privilégie à d’autres. Quant à la paille, sa couleur varie en fonction de la période à laquelle elle est cueillie. De juin à septembre, sa couleur évolue en passant du blanc au début de l’été, à la couleur mouchetée de la moisissure lorsqu’il pleut.

Rareté

D’un autre côté, est-il possible de trouver ce qu’il faut comme matière quand il faut ? Hélas, non. L’artiste s’approvisionne principalement de Annaba, ville dans laquelle il vit, mais aussi à partir d’Alger ou Skikda. Sa technique est basée sur un mariage savant de couleurs réalisé à la perfection, car pour lui il n’y a pas de place pour le hasard.

Il en est de même pour le choix de ses outils. Constitués de six cutters de différents angles, d’un ciseau et d’un pyrograveur, ils ont tous été importés de l’étranger afin de respecter une qualité irréprochable. D’ailleurs beaucoup se demandent quelles sont les qualités afin de devenir marqueteur  ? Et qui mieux pour l’expliquer que l’artiste lui-même. «Le métier de marqueteur n’est pas quelque chose d’inaccessible. Cependant, cela demande énormément de patience, de calme et de concentration : pour coller les pailles entre elles, il ne faut pas être distrait, mais plutôt très concentré et avant tout patient», explique Abdelkader.

Par ailleurs, l’artiste a à son actif de nombreuses expositions réalisées dans plusieurs villes algériennes, notamment à Annaba, Béjaïa et Alger au palais des expositions Safex, à la grande Poste et à la Coupole.



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