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lundi, 13 juillet, 2020
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Issiakhem de A à Z

14 décembre 2018 à 10 h 00 min

A l’occasion des 90 ans de la naissance de M’hamed Issiakhem et du 33e anniversaire de sa mort, une conférence sur le thème «Les mille et une vies d’un peintre» sera animée par le docteur en sociologie Benamar Mediène. L’événement se tiendra demain samedi à 15h au Musée national d’art moderne et contemporain d’Alger.  Hommage.

– Artiste

M’hamed Issiakhem est né le 17 juin 1928 à Tizi Ouzou et mort le 1er décembre 1985 à Alger. C’est l’un des fondateurs de la peinture moderne algérienne.

– Bourboune

L’écrivain Mourad Bourboune  a indiqué, dans un de ses écrits, qu’«il n’a jamais connu un artiste qui ressemble autant à ses œuvres. Il est allé jusqu’au bout de sa passion, avec la charge de souffrances que ce mot contient». Maintenant qu’il est mort, il nous a laissé face à la souffrance de ses œuvres.

– Colonialisme

La vie de l’artiste évolue dans un pays où le colonialisme est à son apogée. Ses œuvres sont ancrées au cœur des moments historiques les plus durs de l’Algérie. Entre la misère et la pression coloniale, l’art est l’un des moyens d’extérioriser la souffrance et l’indigénat de la France sur l’Algérie.

– Décors

En 1968, M’hamed Issiakhem réalise les décors du film La Voie de Slim Riad.  En 1971, il est professeur d’art graphique à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger. Il crée les décors pour le film Novembre.

– Estienne

Dans les années 1950, il est à Paris. Une bourse lui permet de suivre des cours de gravure au collège technique d’Estienne.

– Fondateur

Il est le fondateur de l’Union nationale des arts plastiques et participe à l’exposition «Peintres algériens» organisée à Alger pour célébrer le 1er Novembre.

– Grenade

A 14 ans, alors qu’il est dans un camp militaire américain, il ramasse une grenade. Intrigué par l’arme toute neuve qu’il a entre les mains, il la tourne dans tous les sens comme pour l’ouvrir. Il se retrouve dans le coma et avec un bras amputé. Mais ce n’est pas tout, l’explosion fait des victimes : deux de ses frères et son neveu perdent la vie. Son jeu d’enfant lui coûte la rancune de sa mère.

– Hasard

«Le hasard fait bien les choses», une expression bien connue qu’il faut prendre au sérieux. Issiakhem s’inscrit «par hasard» à la Société des beaux-arts pour apprendre à dessiner. Cela l’a conduit à devenir l’un des pionniers de la peinture moderne algérienne.

– Illustrateur

Il a illustré plusieurs œuvres littéraires, dont celles de Kateb Yacine. Ses opinions sont aussi descriptives que ses tableaux.

– Jeunesse

Il vivra toute son enfance à Relizane. Le jeune M’hamed fréquente très tôt l’école coranique et baigne dans l’ambiance du Mouvement nationaliste de l’époque.

– Kateb Yacine

En 1953, il entre à l’Ecole des beaux-arts de Paris. Il y rencontre Kateb Yacine, qui devient son plus grand ami. Il dit qu’il a «souvent vu l’artiste travailler sur une toile puis la détruire subitement… comme si toute son œuvre était cette grenade qui n’a jamais fini d’exploser dans ses mains».

L’artiste et l’écrivain entretiennent bien plus qu’une amitié, ils sont complémentaires. Il y a tellement de points communs entre eux qu’on pourrait croire qu’il exprime les mêmes choses, l’un par la peinture et l’autre par l’écriture.

– Lynx

A cause de sa brûlante perspicacité, son ami, le poète Kateb Yacine, le surnomme «œil de lynx».

– Mère

Son influence lui vient de sa rude relation avec sa mère. Elle est le pilier de ses douleurs et l’origine de son talent. Sans la rancune de sa mère, ses œuvres auraient pu être bien différentes de ce qu’elles sont. Il est d’ailleurs connu pour être «le génie forgé dans la douleur».

– Narrateur

D’après les propos de ses amis les plus proches dont Kateb Yacine, Issiakhem est un narrateur inépuisable. Il se livrait entièrement, c’était un livre ouvert, il racontait tout. Parfois, il lui arrivait de fabuler lorsque la situation l’arrangeait…

– Omar Racim

En intégrant l’Ecole des beaux-arts d’Alger, il suit les cours du miniaturiste Omar Racim, qui devient son grand maître. Eclairés par son talent, les frères Racim, qui lui apprennent le dessin, le prennent sous leur aile.

– Pinceau

Surnommé «le maître du pinceau», il fait partie de ces artistes qui ne s’expriment qu’a travers leur art, à l’aide de son pinceau. Pour ceux qui savent lire ses tableaux, l’émotion, les angoisses et la sensibilité sont plus que perceptibles.

– Quotidien d’Alger

En 1962 il est dessinateur au quotidien Alger Républicain où il y passe deux années. Il redevient dessinateur de presse de 1973 à 1978. Il a aussi dirigé la réalisation d’une fresque pour l’aéroport d’Alger, en 1977.

– Relizane

En 1941, on lui décerne le prix du Maréchal Pétain à Relizane. Quelques années plus tard, en 1947, il décroche son certificat d’études dans la même ville.

– Souffrance ou sensibilité

La perte de son bras gauche dans l’explosion de la grenade est un événement qui a marqué la vie d’Issiakhem. Bien au-delà de son handicap, il arrive de partager sa peine, et ce, à travers ses peintures exceptionnelles. D’ailleurs, qui sait quel genre d’homme ou d’artiste il serait aujourd’hui.

– Taboudoucht

Village natal d’Issiakhem, à Tizi Ouzou.

– Unesco

En 1978, Issiakhem séjourne pendant quelques mois à Moscou. En 1980, il reçoit le premier Simba d’or (Lion d’or) de Rome, distinction de l’Unesco pour l’art africain.

– Vivant

«Un pays sans artiste est un pays mort, j’espère que nous sommes vivants», tels sont les propos du défunt artiste.



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