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20e épisode de la sitcom à succès Achour El Acher III : Même mort, Blaha Benziane fait rire et émeut

08 mai 2021 à 10 h 12 min

Les téléspectateurs et les youtubers étaient impatients de revoir la suite de la série à succès Achour El Acher III. Elle avait été suspendue immédiatement après le décès de l’hilarant et populaire comédien Blaha Benziane, alias «Nouri», à l’âge de 68 ans, dimanche, à l’hôpital militaire de Aïn Beïda, à Oran,  des suites d’une sérieuse maladie cardiaque. Après trois jours de deuil, Nouri est réapparu, jeudi soir, non sans émotions, toujours vivant.

 

Le tant attendu 20e épisode de la série à succès Achour El Acher III, suspendue après le décès brutal de la coqueluche des téléspectateurs algériens, Blaha Benziane, alias Nouri, aux répliques, désormais historiques, «Benââmi» ou encore «Ya moulay djabt lek flan btickoula taâk i ya tarââd ya khroudj man moukhak (seigneur, je t’ai apporté son flan au chocolat vibrant, ton cerveau va sortir de son cortex)», a été diffusé jeudi soir avec une pointe de tristesse et un tantinet de curiosité.

La dernière séquence du 19e épisode se fermait sur un suspense avec l’empoisonnement de Nouri ayant tourné de l’œil en s’effondrant. Mais en guise d’hommage, un «round-up» biographique du défunt a introduit le 20e épisode de Achour El Acher III. Où on y énumère ses prestations dans les «soaps operas», tous des succès populaires, Nass M’lah City, Djamai Family, Dar El Bahdja et Achour El Acher I, II et III, incarnant le célèbre et déjanté Nouri, le montrant sur le plateau de tournage de Achour El Acher, riant et heureux aux côtés de Djaâfar Gacem, son réalisateur attitré et fidèle, Hakim Zelloum (Achour El Acher), discutant avec ses collègues ou encore soutenu parce que fatigué, marchant difficilement.

«Je te dédie cette saison III de Achour El Acher»

Le réalisateur Djaâfar Gacem consignera cette évocation soulignant la mémoire du regretté Blaha Benziane en guise de «préface» : «Je ne trouve pas les mots pour décrire ma douleur aujourd’hui, car j’ai perdu un frère, un ami, une source d’inspiration… Une personne extraordinaire qui illumine le plateau par sa sincérité et sa bonne humeur à toute épreuve. Tu vas me manquer Blaha, le souvenir de ta personne exceptionnelle restera gravé dans mon cœur à jamais. Je te dédie cette saison III de Achour (El Acher), durant laquelle tu as été exceptionnel. Je garderai en mémoire la chance que nous avions eue de t’avoir une dernière fois à nos côtés. Repose en paix mon ami, sache que nous t’aimons toujours. Je présente mes condoléances à toute sa famille et je leur souhaite beaucoup de courage. A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.»

Même mort, Nouri fait encore rire

Le 20e épisode de Achour El Acher III ne s’attardera pas sur les images de l’empoisonnement de Nouri, par décence. Car elles sont l’allégorie de sa propre mort et c’est encore plus dur de le voir dans cet état-là. Lui qui faisait rire allait faire pleurer les gens. Ainsi, Nouri aura été la victime incorrigible de sa tentation gloutonne en goûtant le fiel assassin dissimulé dans un plateau de gâteaux (une galette des rois) destinés à la princesse Abla, enceinte. On en voulait plutôt à la vie du bébé, l’éventuel et futur roi d’Achourie, Games of Thrones, quoi ! Aussitôt, une enquête a été ordonnée, elle sera menée par Chedad, le nouveau lieutenant. Et une paranoïa du poison s’empare du palais. Il faut un «goûteur» du roi, engagé pour se sacrifier pour le souverain. Une fiole contenant un poison provenant d’Inde est trouvée dans les effets vestimentaires de Manena, la fraîche reine de Achour El Acher. Un signe indien. La victime est toute indiquée.

La souveraine Manena est accusée de tentative d’assassinat de la princesse Abla et son enfant. L’alibi avancé : par jalousie et pour garder le pouvoir. Manena, clamant haut et fort son innocence, réclamant la vérité, estimant qu’elle est victime d’un complot, est emmenée manu militari par le «centurion» Chedad, et jetée en prison. Grandeur et décadence, «ki kount ki walit» (comment j’étais, comment suis-je devenu) disait Cheb Khaled. Achour El Acher, contre tout attente, s’est démarqué de sa très chère et adorée épouse «bollywodienne» sans sourciller ni scrupules, Game of Thrones, encore. Sans lui donner le bénéfice du doute et autre présomption d’innocence.

Le machiavélique, le perfide et le démoniaque conseiller Kendil, l’homme fort du royaume, aspirant à reconquérir son maroquin, conspire avec cynisme et insolence. Pour arrêter la montée en puissance de la roturière Manena, une domestique, une servante, devenue monarque d’Achourie, et par conséquent, lui barrer la route, prendre le pouvoir, celui absolu du trône. Et devinez quoi ? Qui est Manena ? C’est la fille de Kendil. Un secret d’alcôve. Et il se réjouit de se débarrasser et peut-être de liquider sa fille, sa propre fille, un infanticide.

D’ailleurs, Manena, dans un face-à-face précédent, lâchera à son père, Kendil : «Pour te réapproprier les privilèges, les largesses et le pouvoir de ce trône, tu es capable d’assassiner ta propre fille.» La messe est dite. A la fin de cet épisode, on verra Nouri chouchouté par Nouria, mais débouchant sur une scène de ménage à trois. Nouri, Nouria et sa seconde femme l’appelant «Nounou, mon mari». Le sacré Nouri, le polygame, est rattrapé par ses incartades. Et ça déménage. Même mort, Blaha Benziane fait encore rire.

Un poète, un homme de théâtre

L’autre moment de la soirée fut le 21e numéro de «Kouzinet Achour El Acher» (La cuisine de Achour El Acher), une émission gastronomique présentée par Kawter El Bardi, la grande actrice tunisienne incarnant Nouria, lui donnant la réplique dans la série Achour El Acher. Et l’invité n’était autre que Blaha Benziane. Donc, un programme posthume. Un instant fort, intense, attendrissant et très émouvant. Où nous redécouvrons un Nouri pas du tout léger comme l’exhibe sur le petit écran. Ainsi, les téléspectateurs, ses admirateurs, porteront un regard nouveau, neuf et inédit sur Blaha Benziane. Car on découvrira un homme de théâtre, un barde, un féru de poésie populaire se confiant avec spontanéité, générosité sur son parcours artistique : «Je suis un enfant d’Oran, j’y suis né, tout comme mon père, à Sidi Blal.

Dans ma jeunesse, je suivais les chioukhs du bédoui (ch’ir el malhoun, poésie populaire) à la Tahtaha, place publique, à la Médina Djedida, à Oran. J’écoutais leurs paroles, cela m’inspirait. Puis ce fut ma passion pour le théâtre grâce au grand comédien Sirat Boumediène, un voisin et un ami, et avec autre grand monsieur du 4e art, le dramaturge Abdelkader Alloula, depuis les années 1970. C’est grâce à Alloula que j’ai été happé par le théâtre. J’ai joué dans plusieurs pièces sous la direction de Abdelkader Alloula, notamment Nesin oua Salatin. Je partageais avec lui la même passion pour le ‘‘chi’r el malhoun’’. Quand je lui récitais des poèmes, il était aux anges. Mes maîtres de la poésie chantée furent Cheikh Ali Ould Brahim El Kalaï, il m’a légué 300 de ses poèmes, le cheikh Ahmed Bouziane de Tiaret…»

Il chante Bakhta et Rani M’hayer

Il a tourné avec le réalisateur Mohamed Houidek dans plusieurs productions, comme Keltoum, Aïech Bel Haf… Blaha Benziane était l’ami des maîtres du wahrani, Blaoui Houari et Ahmed Wahbi. Il aimait aussi le prince des poètes, Abdelkader El Khaldi, l’auteur initial de Bakhta chanté par Blaoui Houri puis immortalisé par Khaled. Et là, Blaha, délectera Nouria en face de lui toute subjuguée en déclamant le fameux poème de Bakhta. Et comme présent, il chantera même du Blaoui Houari, le titre Rani M’hayer qui sera repris plus tard par les Raïna Raï et Rachid Taha (in Diwan II). Il confiera plus loin qu’il rêvait de monter une pièce théâtrale sur le ch’ir el malhoun dans un décor oasien et urbain, actuel, «mais le manque de temps et la maladie le reportent. Je prie Dieu pour guérir et réaliser ce projet…», déplorera-t-il.

Blaha fond en larmes

Mais le grand moment très émouvant encore une fois fut quand Nouria se décoiffera pour étaler sa belle chevelure couleur jais, sa beauté, en s’adressant à lui : «Voilà, je ne suis plus Nouria, c’est maintenant, Kawter (El Bardi). Je suis ravie d’avoir travaillé avec toi. Je suis contente de t’avoir côtoyé et d’avoir connu un homme comme toi, brave, éduqué et délicat… Toute l’équipe (de Achour El Acher) t’aime et est contente d’avoir tourné avec toi…» Blaha, submergé par tant d’égards, fond en larmes. Et c’est contagieux. On ne peut pas y résister. Kawter a la larme à l’œil. Il ambitionnera même que le scénariste Chafik Berkani lui écrive un texte portant sur un duo théâtral Nouria et Nouri d’une heure et demie, qui sera joué à travers toutes les scènes de l’Algérie.

Blaha finira cette émission testamentaire en remerciant Kawter El Bardai, Djaâfar Gacem, «qui est protégé par Dieu» car ayant donné la chance à tout le monde de travailler et d’évoluer ainsi que toute l’équipe de Achour El Acher et celle de «Kouzinet Achour El Acher» en disant cela : «Saha aïdkom tous, santé et quiétude.»

C’est sûr, Blaha Benziane était d’une grande bravoure, courage, générosité et culture. Merci pour le rire, l’éclat de rire !


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