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Un Etat de droit ? Changer de Constitution !

15 octobre 2019 à 9 h 00 min

Il y a maintenant plus de sept mois que le processus révolutionnaire a été déclenché, ce qui l’inscrit dans une durée suffisante pour comprendre le moment révolutionnaire où le peuple exerce sa souveraineté, à mon avis, le peuple est conscient du fait que la Constitution a généré un régime de confusion des pouvoirs, les actes du président algérien depuis l’indépendance échappent, en effet, à tout contrôle. Cette situation a mis en péril les droits et libertés des citoyens.

Si l’ensemble de vos autorités abuse de la liberté que vous lui accordez, c’est que votre Constitution est vicieuse, car si votre Constitution était bonne, elle leur aurait donné l’intérêt de ne pas en abuser.

La Constitution algérienne confère au président des pouvoirs «pharaoniques», un seul homme décide, et personne n’est à l’abri de ses foudres. Le résultat : l’institution législative s’est transformée en chambre d’enregistrement, cet appareil est «budgétivore», ses effectifs ne servent quasiment à rien, ses députés bouffent l’argent du pays sans aucune contrepartie, et ils n’ont jamais proposé un seul projet de loi qui pouvait servir le peuple, ni rejeter pour une seule fois une loi proposée par les gouvernements précédents.

L’article 180 de la Constitution confère le droit aux deux Chambres du Parlement dans le cadre de leurs prérogatives d’instituer à tout moment des commissions d’enquête sur des affaires d’intérêt général ; or, chers citoyens, demandez-vous une fois quand ce «Parlement» a ouvert une enquête sur les biens du présidant de la République par exemple ? Ou d’où viennent les biens du président ?

Quant au judiciaire (classé 80e sur 137 pays selon le Forum économique mondial), le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est depuis 20 ans un instrument utile pour le cercle présidentiel pour exacerber l’arbitraire, la consécration de l’impunité, et la protection de la combine, le président de la République possède le droit de nommer le président de la Cour suprême (article 92), et selon l’article 147 concernant le pouvoir judiciaire, le Conseil supérieur de la magistrature est présidé par le président de la République, notons que la tâche de ce Conseil est de nommer les magistrats ; dans ces circonstances, est-il légitime d’espérer avoir une justice libre et transparente qui travaille indépendamment de l’Exécutif et les coups de fil des potes du président ?

Avec cette Constitution, il est pratiquement impossible d’inquiéter le gang (la îssaba), le gang en réalité, c’est tout un système de banditisme juridique lié à des cercles extérieurs, bien entendu, pas seulement de deux ou trois personnes qui ont mené toute une économie vers la dérive, comme ils essayent de nous le faire croire.

Le système en place revendique son intention pour organiser un «dialogue» afin de trouver une solution à ce qu’il sous-entend «une crise». Le hirak est considéré comme une crise politique du point de vue du système en place.

Le mouvement populaire est une crise par rapport au système, pas le peuple, c’est le système qui vit une crise de survie, parce que l’Algérien a décidé d’être plus regardant sur la politique adaptée dans son pays, alors que depuis l’indépendance il a vécu des croisades contre la politique, le régime voulait à tout prix dépolitiser la société algérienne.

Une Constitution qui consacre le principe de séparation des pouvoirs est la garantie d’un Etat de droit, cette séparation vise précisément à faire que chaque pouvoir soit le gardien des autres pouvoirs. Par conséquent, tout ce qui tient à ces principes est constitutionnel et par conséquent aussi, rien n’est constitutionnel de ce qui n’y tient pas. Il y a de grandes bases auxquelles toutes les autorités constituées ne doivent pas pouvoir toucher. Mais la réunion de ces autorités doit pouvoir faire tout ce qui n’est pas contraire à ces bases.

Le hirak a liquidé Bouteflika, mais en revanche il ne veut pas élire un autre monarque qui va reproduire ses politiques, ses échecs et les escroqueries monumentales de son entourage ; or, pour ne peut pas faire du «bouteflikisme» sans Bouteflika, et pour mettre fin à la suprématie présidentielle, une révision de la Constitution est une nécessité impérieuse.


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