Toujours la faute à Voltaire et à Rousseau | El Watan
toggle menu
vendredi, 13 décembre, 2019
  • thumbnail of elwatan20191212
  • Massage Tunisie



Toujours la faute à Voltaire et à Rousseau

07 juillet 2019 à 9 h 00 min

«Je suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Rousseau.»(Chanson que chante Gavroche dans Les Misérables de Victor Hugo)

 

On peut toujours regretter que l’enseignement de l’Histoire – qui est une longue expérience commune à tous les peuples – ne soit pas profitable à tous. Il semble que les hommes ne tirent vraiment profit que de leur propre expérience. La sagesse populaire traduit cette vérité en disant que l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement», Ferhat Abbas

La lecture de l’entretien donné au quotidien El Watan le 20 juin 2019 par M. Rabah Lounici, chercheur en histoire, m’a fait penser à une expression chère à Gavroche, souvent valable pour qui cherche un responsable ou qui tient lieu de bouc émissaire.

Dans certaines parties de cet article, l’auteur déborde du thème principal pour toucher à des considérations plus générales relatives aux postures de personnalités qui ont marqué l’histoire de notre pays.

Ses allusions à l’attitude de Ferhat Abbas dans les années 1930 et ses rapports avec les Ouléma sont des considérations marquées par des contre-vérités.

A la clameur par certains du slogan «badissia-novembria» qui cherchent pour eux-mêmes désespérément une fictive filiation politique, leur répond en écho la même indigence désespérante quant à l’explication toute trouvée du coupable ! Cherchez-le dans l’histoire du mouvement national. Alors cherchons : Ferhat Abbas déjà en mars 1947 parlait «d’héritiers présomptifs» de ceux qui «ont l’art de pratiquer un nationalisme alimentaire se sont donné pour but essentiel d’exploiter le nom de (militant) comme un trust exploite une mine d’or», il conclura que «cette fausse position révolutionnaire a pour résultat tangible la consolidation du colonialisme lui-même» comme on assiste aujourd’hui à de fausses positions «hirakiste» ou «anti-hirakiste» pour consolider le système actuel.

Loin de moi l’idée d’examiner dans le détail le contenu de cette interview, rebondissons sur certaines étapes du combat de Ferhat Abbas et du renouveau apporté par le hirak.

«Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark», écrivît Shakespeare. Peut-être chacun d’entre nous aurait probablement ressenti le même désarroi devant le manifeste chaos que l’on observe, tant aux plans moral, social, économique que politique du spectacle affligeant de notre pays que nous donnent ses ex-dirigeants et prédateurs. Se peut-il que la «conscience nationale» forgée à travers la «nuit coloniale» et la lutte de Libération nationale ne s’accommodera plus jamais de tous les concepts socio-politiques forgés par la démocratie soit remise en cause ? Ainsi que volent, également, en éclats tout simplement les valeurs de liberté, d’équité et de solidarité ? Dans l’article en question, le «chercheur en histoire» nous apprend que «le parti qui était le plus proche idéologiquement des oulémas, c’est l’UDMA de Ferhat Abbas», puis d’ajouter : «Les deux prônaient l’assimilation, c’est-à-dire schématiquement le rattachement à la France et l’égalité entre les Européens et les musulmans, tout en gardant, insistent-ils, la personnalité islamique.» Le curseur dudit «chercheur» semble être coincé à l’époque du Congrès musulman en 1936 et il fige définitivement les parcours de certaines figures du nationalisme algérien.

Il oublie aussi de préciser que ladite «assimilation» était aussi portée par les communistes, partenaires des oulémas et des élus au Congrès musulman sans qu’ils ne soient proches idéologiquement les uns des autres car simple alliance de circonstance et que l’UDMA, créée en 1946, n’a jamais été porteuse de «l’assimilation». Précision de taille : le Congrès musulman est né dans le sillage «du Congrès indien (indépendantiste mais pacifique) et du Congrès sud-africain (assimilationniste à sa fondation) et qui cherchait une amorce pacifique et politique à l’éveil d’un peuple pour l’affirmation de son destin», comme l’a souligné Abdelhalim Abbas à Lahouari Addi.

Il y a lieu d’informer le lecteur un peu plus et un peu mieux pour lever ces confusions historiques.

Déjà, il n’y a pas si longtemps un quotidien arabophone faisait dans sa une de Ferhat Abbas un des mentors, avec d’autres, des frères musulmans en Algérie. Si cela ne prêtait pas à sourire, cela relève tout simplement du ridicule.

On semble oublier, ou plutôt omettre que les partis que créa Ferhat Abbas sont tous nés en Algérie (UPA-AML-UDMA) et qu’il milita à la Fédération des Élus de Constantine, présidée par le Dr Bendjelloul et plus tard le FLN, fondé par Mohamed Boudiaf. Il ne s’est jamais mis sous la protection d’aucun parti politique, appendice des officines de la France métropolitaine. L’Etoile nord-africaine, à laquelle on veut bien nous faire croire qu’elle est «l’ancêtre du FLN» ou en filiation directe – passant sous silence que les Messalistes s’estiment être les véritables héritiers de l’ENA-PPA-MTLD – n’est pas un parti politique mais une section du PCF en France, créée par le regretté Hadj Abdelkader de Relizane, qui a rejoint plus tard l’UDMA ainsi que son compagnon Imache Ali, un des fondateurs avec Messali du PPA.

La proximité idéologique de Ferhat Abbas, comme souligné, avec Ben Badis (décédé en 1940) et plus tard son successeur le cheikh El Ibrahimi a été une fierté pour lui et plus tard pour l’ensemble des militants du Manifeste. Le code de l’indigénat est appliqué en Algérie, pas en métropole et ils l’ont combattu ensemble sur tous les fronts. La Fédération des Elus du Constantinois avait comme principale action de dénoncer les abus de l’administration coloniale, réclamait l’égalité des droits et la représentation parlementaire, seule issue possible pour obtenir des réformes qui permettraient au peuple de sortir de l’ignorance et de la misère. L’historien Julien Fromage affirma que les Elus laissent leur empreinte dans l’histoire de l’Algérie contemporaine, ne serait-ce que par la devise de l’Etat algérien indépendant «par le peuple et pour le peuple». Quant à Ben Badis, il affirma que «la Fédération des Elus nous a appris à voter».

Ferhat Abbas, qui prônait l’égalité des droits et la démocratie, était républicain jusqu’au bout des ongles. C’était un honneur pour lui de se retrouver aux cotés des ouléma qui cherchaient à réhabiliter notre identité tout en s’adossant à ce que la civilisation française, celle des lumières, donnait de meilleur. Ils croyaient ensemble à l’émancipation de «l’indigène» par le savoir, l’éducation, la connaissance, l’émancipation de la femme, l’ouverture vers le monde et le vivre ensemble. Notre peuple disait Ferhat Abbas «ne manque ni de constance ni de courage ni de maturité politique. Il est sensible à la justice sociale, à la probité intellectuelle. Il sent et comprend beaucoup de choses mais ayant été longtemps privé de liberté, il n’en connaît plus l’usage» et il ajoutait : «La politique est avant tout affaire d’honneur et ce n’est pas par la duplicité, l’hypocrisie et la mauvaise foi qu’on éduque un peuple et qu’on prépare son avenir.» Un challenge, un défi pour l’époque ! Et pour nous aujourd’hui, c’est d’actualité.  Il n’y a pas d’autres portes d’accès aux temps modernes que par le savoir, la culture, la science moderne, la technique et surtout l’évaluation !

En cela, Ferhat Abbas revendiqua haut et fort l’assimilation politique, c’est-à-dire les mêmes droits que les Français d’Algérie, et dont le gros colonat et leur allié fit échouer. Cette posture fait chagriner toujours certaines «âmes sensibles» qui nous servent du radicalisme au ton docte, surtout lorsqu’elles affectent de prendre l’air grave.

Ferhat Abbas, tout en étant profondément moderne et progressiste, n’a jamais douté que l’Algérie est, depuis des siècles, terre d’Islam et que l’Islam doit y être respecté. Comme il l’a toujours dit, ne «jamais accepter que le musulman soit frappé d’un numerus clausus !» Et d’ajouter «que lorsque des hommes qualifiés, comme les ouléma, tentent la vraie réforme de l’Islam et entreprennent de débarrasser notre culte de tout un héritage moyenâgeux qui l’encombre, ils se heurtent à la mauvaise foi du colon et de l’administration». Tout en reconnaissant l’apport de la civilisation judéo-chrétienne, Ferhat Abbas restait attaché à sa culture et à la religion de ses ancêtres, reconnaissant avec fierté la profondeur des liens qui unissent les Algériens à la civilisation arabo-musulmane. C’est tout l’arbre avec ses racines, son tronc et son feuillage.

Ferhat Abbas ne peut donc accepter comme il l’affirma en 1930 «une place de domestique dans la cité française qui nous est restée fermée depuis cent ans – alors que nous lui proposons une place d’homme libre et de citoyen dans la cité algérienne, rendue habitable pour tous grâce au climat de concorde de l’Union française et à ses garanties constitutionnelles».

Aussi, sans diminuer du rôle important joué par Messali Hadj dans la prise de conscience du prolétariat algérien établi en France et de son rôle dans la mobilisation des populations d’après-guerre. La première rencontre avec Ferhat Abbas et Hadj Abdelkader remonte aux années 1920 à Paris au resto le Hoggar, rue Monsieur le Prince, pas loin de la station l’Odéon à Paris, restaurant appartenant au militant de l’ENA Belghoul, et qui a consacré irrémédiablement l’entente cordiale, respectueuse mais divergente entre les deux hommes. Ferhat Abbas s’est toujours différencié en toute lucidité dans son combat de l’ENA puis du PPA-MTLD. Ferhat Abbas n’a pas les mêmes positions doctrinales ni les choix et alliances politiques que ses frères du MTLD.

Par conséquent, le problème qui a touché ce parti est interne au PPA-MTLD. On passe souvent sous silence l’entrée des centralistes et leur dirigeants – Benkhada, Lahouel, Mehri et Lamine Debaghine etc… – dans la révolution. Ils ont rejoint également bien plus tard, (les centralistes ne se bousculaient pas au portillon de la révolution), le FLN tout comme l’UDMA, les oulémao et plus tard le PCA, sauf le MNA qui a pris les armes contre le FLN et il n’y ’a pas lieu d’en rougir. En quoi donc l’UDMA se retrouve concernée et interpellée aujourd’hui ? Et à quel titre lui dénie-t-on sa participation à la lutte de Libération ? Les anciens membres de l’OS et les 22 portent griefs plus aux centralistes qui étaient issus du même parti et qui s’en sont séparé qu’aux autres partis qui ne sont pas des leurs(1).

Une fois «le sang a coulé», un centraliste, un CRUA, un UDMA ou un oulémiste ne faisait pas meilleurs martyrs qu’un autre ! Hassiba Ben Bouali appartenait à la jeunesse algérienne, Djamila Boupacha, que Dieu lui prête longue vie et Ali Boumendjel étaient UDMISTEs, Larbi Tebessi ouléma, Audin communiste, Ben M’hidi novembriste, Ferroukhi centraliste, et à leur mort, ils n’étaient pas en possession de la carte de leur parti !!

Lorsque le regretté Benkhada est cité comme référence pour expliquer «aux origines de novembre», il ne reste qu’un témoin très important, mieux un protagoniste de l’histoire, il n’en demeure pas moins qu’il n’est pas historien. On s’appuie également sur les inepties de Ben Bella pour crucifier les oulémas : «Il ne restait que ces enturbannés rétrogrades pour rejoindre la Révolution.» Une référence chargée d’arrière-pensées ! Le plus laudateur du panarabisme nassérien fut bien Ben Bella qui, après l’indépendance, tomba dans le populisme et l’aventurisme gauchisant, violant la constituante, instaurant le pouvoir personnel et hypothéquant même notre avenir en s’acoquinant au castrisme.

L’esprit avec lequel certains «chercheurs en histoire» perçoivent les hommes et les événements, cet esprit porte un nom : «l’esprit de clocher» ou le parti-pris.

Ce qui est certain, Ferhat Abbas ne faisait pas parti ni des opportunistes ni des malins et pas plus des imposteurs.

L’essentiel pour Ferhat Abbas était de s’armer moralement pour s’affranchir et affranchir son peuple des servitudes coloniales. Il exprimait clairement son idéal de liberté. Son souci n’était pas de se gargariser de mots creux (nation, indépendance…), mais de croire que «chercher à émanciper notre peuple, c’est le faire accéder à une forme d’indépendance», disait-il à l’époque «c’est une route moins dangereuse pour les paysans qui ont payé un lourd tribut à la colonisation».

Ferhat Abbas s’est toujours senti «l’âme andalouse» et «le cœur jeune turc». Un état, un accomplissement je dirais, l’une appelle à notre identité et patrimoine, l’autre à une renaissance confortée par son être amazigh et la modernité !

Quant à l’assimilation, c’est-à-dire assimilation dans la lignée de l’Emir Khaled, assimilation politique – opposée à l’assimilation naturalisation –, elle correspond à la première étape du combat politique de Ferhat Abbas et qu’il a assumé pleinement sans aucun détour. Elle était basée sur l’égalité des droits, la représentation parlementaire, l’abolition du code de l’indigénat, l’instruction pour tous, avec la préservation du statut personnel.

Une première, en ces temps. Faut-il rappeler que Ferhat Abbas n’a jamais isolé le combat qui était le sien de la lutte que d’autres hommes libres livraient à leur manière sous d’autres cieux.

Il croyait avec la foi du charbonnier à l’avènement d’une société libre et libérée de tous les fanatismes, les charlatans et de toutes les discriminations, de la haine et des guerres. Il en est aussi de sa déclaration sur la nation algérienne, déclaration qui, à l’époque, renvoie à la problématique des constructions nationales dans les colonies. Comme je l’ai expliqué à différentes reprises dans mes articles que la nation n’était pas, chez Ferhat Abbas, une abstraction ou une catégorie idéale sans aucun lien avec le réel. Elle supposait une communauté de destin et un vouloir-vivre ensemble – musulmans, chrétiens, juifs, paysans, ouvriers, etc. – qui faisait défaut et n’avait pas émergé en raison de l’emprise quasi absolue qu’exerçait le système colonial sur le pays. De son vivant, Ferhat Abbas s’est expliqué sur la mauvaise foi et la turpitude entourant son écrit : «La France c’est moi», sur une phrase sortie de son contexte et altérée et qu’il assume et s’enorgueillit du reste, cela n’a pas empêché certains «révolutionnaires à la peau de lapin», comme il les qualifia en son temps d’hurler avec les hyènes même après sa mort afin d’égarer la jeunesse avide d’histoire.

Comme toujours, ce sont ceux-là mêmes qui, aujourd’hui, remettent en cause le rôle immense et décisif des regrettés Abane Ramdane, Mohamed Boudiaf et Aït Ahmed dans la Révolution et appellent au révisionnisme en parlant du rôle d’autres «forces» dans le déclenchement de la lutte armée pour l’indépendance. Ce sont les mêmes qui remettent en cause le processus de conscientisation du peuple algérien, accomplit par les AML, ainsi que les étapes historiques réalisées par l’ensemble du mouvement national dans le contexte de la politique du possible.

Il est important de rappeler, également, ce qu’il écrivit dans les années 1930 en pleine revendication de l’égalité et des droits, «nous sommes chez nous ici. Nous ne pouvons aller ailleurs. Cette terre qui a nourri nos ancêtres, c’est cette terre qui nourrira nos enfants. Libres ou esclaves, elle nous appartient, nous lui appartenons et elle ne voudra pas nous laisser périr. L’Algérie ne peut pas vivre sans nous, nous ne pouvons vivre sans elle. Celui qui rêve à notre avenir comme à celui des peaux rouges d’Amérique se trompe. Ce sont les arabo-berbères qui ont fixé le destin de l’Algérie. Ce destin, ne pourra pas demain, s’accomplir sont eux». Dans sa thèse sur Ferhat ABBAS, Cherif Souti(2) souligna dans sa conclusion justement que «… Le discours de l’assimilation est produit dans une époque relativement calme en Algérie. D’où sa consensualité….. Quel que soit le type du discours employé par Ferhat Abbas, la préoccupation principale est constante, c’est l’émancipation du peuple algérien.».Aujourd’hui, avec le processus apporté par le hirak, une voie pour la consécration de la bonne gouvernance, de la liberté et de la démocratie, le danger tout le danger, demeure dans la forfaiture et la paresse intellectuelle, pour construire des alternatives, autrement dit, de penser l’avenir et le changement.

C’est avec les diatribes creuses que la soi-disant élite aux ordres a fini par rompre totalement avec une grande partie de la jeunesse, aujourd’hui en partie décérébrée, en partie désorientée, déroutée, qui opte soit pour le repliement sur le choix individuel isolé, soit pour la régression et a comme cap à choisir soit la harga pour mendier un pays d’accueil soit pour la bigoterie et son corollaire le para-daechisme avilissant notre belle religion.

Il reste cependant que le hirak renferme un potentiel et une énergie extraordinaire, et comme disent les sociologues des mouvements sociaux, il y a un temps pour la conscience collective et un temps pour la conscience politique et l’action organisée.Alors, en ouvrant la boîte de Pandore de la société algérienne, on reçoit certes en pleine figure tous les «mauvais» modèles suivis depuis 1962, mais il nous restera comme le dit la parabole, il nous restera l’espoir, oui l’espoir issu des racines de ce pays et imbu de l’histoire de ses remontées enrichissantes et fabuleuses. Il nous reste l’Espoir et l’espérance en nos enfants.

 

Par Nassim Abbas

Neveu de Ferhat Abbas

[email protected]

Notes et références :

1)– En réponse à un papier que j’ai fait paraître au Soir d’Algérie sur les inepties de Belaid Abdeslam, Nacer Boudiaf, fils du regretté Mohamed Boudiaf (fondateur du FLN) fit paraître le samedi 16 septembre 2017 sur le même quotidien ces précisions « …je fais part, ici, d’une contribution de feu Mohamed Boudiaf, intitulée la préparation du 1er Novembre, parue sur El Djarida de 1974 journal du PRS : Le CRUA (Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action) n’avait rien à voir avec le MTLD. Le CRUA vit le jour le 23 mars 1954, dont le comité était composé de quatre membres, deux anciens de l’OS, Mohamed Boudiaf et Mostefa Ben Boulaïd, et deux centralistes, Dekhli et Bouchebouba Ramdane.

2)– Thèse de M. Cherif Souti, soutenue à l’Université de Constantine :«Texte et contexte : évolution du lexique dans l’œuvre politique, littéraire et journalistique de Ferhat Abbas. Approche lexicométrique».


S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!