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Sonatrach et le sport

06 février 2021 à 10 h 00 min

L’entreprise pétrolière nationale Sonatrach a été victime d’une agression menée, semble-t-il, par un groupe de supporters du MCA.

Les raisons apparentes pourraient être la succession de mauvais résultats, dont la cause évoquée par certains responsables techniques serait le retard accumulé dans le paiement des joueurs.

Le motif donc des échecs en compétition du doyen des clubs de football s’expliquerait par une certaine démotivation des acteurs de terrain, remontant ainsi à l’employeur qui n’aurait pas honoré, dans les délais attendus, les prestations financières au profit de ses joueurs. Cette situation soulève le problème du sponsoring en général et du rôle des entreprises publiques en particulier.

Les clubs de football sont, dans les textes, régis par un mode de fonctionnement de type professionnel, qui les oblige normalement à générer leurs propres ressources financières et à avoir un système de gestion clair, transparent et soumis à des règles et exigences de contrôle de la part des institutions habilitées de l’Etat.

L’ouverture au professionnalisme, exigée dans la précipitation, sans définition d’un cahier des charges adapté, a mis les clubs concernés dans un statut de professionnalisme débridé, avec la persistance du réflexe de dépendance des pouvoirs publics pour les subventions et une gestion du sponsoring anarchique et irresponsable.

Dans le souci d’aider les clubs «professionnels» à mieux gérer leurs affaires, j’avais, en qualité de président du Comité olympique algérien (COA), invité à Alger, le directeur de l’Institut de Limoges, où se sont formés les grands gestionnaires du sport français, ainsi que des entraîneurs connus, tels que Zineddine Zidane, Didier Deschamps, Laurent Blanc.

Malheureusement, la majorité des clubs concernés n’a pas jugé utile d’envoyer un représentant à la réunion programmée, probablement sur injonction. Sonatrach, première entreprise économique nationale, avait été également sollicitée par le COA pour contribuer, à travers un contrat de sponsoring, au développement du sport de proximité, dans le but d’une occupation et canalisation saines de notre jeunesse.

Le PDG de l’entreprise à cette époque, Noureddine Cherouati, un grand Monsieur auquel je rends hommage pour la spontanéité de son adhésion à ce projet d’utilité sociale et sportive, avait donné son accord pour une convention avec le Comité olympique, arguant du fait que Sonatrach était une entreprise économique, qui n’avait pas de raison de s’impliquer directement dans la gestion du sport, mais qui serait honorée de contribuer à une telle œuvre.

Encore une fois, malheureusement, des injonctions de responsables du secteur du sport ont empêché la concrétisation de l’ambitieux projet. Ce dernier devait s’appuyer sur les terrains de proximité, dont la concrétisation s’est faite suite à une séance de travail effectuée avec le wali d’Alger de l’époque (M. Addou) qui avait bien saisi l’intérêt de préparer des structures sportives de proximité, à la fois pour occuper sainement nos jeunes et permettre, avec le concours d’étudiants des Instituts de formation en sport relevant du MJS (stages pratiques) de prospecter d’éventuels jeunes talents lors des compétitions inter-quartiers. La politique de sport devrait être sérieusement revue afin de l’adapter, à la fois à nos moyens et aux objectifs de performance réalisables.

La dispersion des ressources financières disponibles, sur un nombre anormalement élevé de fédérations et autres associations sportives, sanctionne les possibilités de subventions ciblées, selon les potentiels de succès compétitifs. Le professionnalisme doit être réétudié, après une évaluation objective de l’expérience vécue jusque-là.

Il doit répondre à un cahier des charges sérieusement élaboré, avec les exigences d’autonomie financière et de qualifications en matière de gestion des clubs, l’aide matérielle de départ ne devant être perçue que sous l’angle de prêt. De telles mesures pousseraient les dirigeants à élaborer rationnellement leurs politiques salariales et à éviter les dépenses excessives et souvent injustifiées.

Les athlètes ont également besoin d’être sécurisés, pour leur avenir post-sportif, à travers une caisse de retraite adaptée et une possibilité de formation, en cours de carrière, dans les métiers du sport, ce qui permettrait leur reconversion professionnelle après la fin de carrière sportive.

L’apport des entreprises publiques devrait être réservé à la formation, secteur largement négligé, ce qui a imposé le recours aux joueurs évoluant à l’étranger, pour les équipes nationales, et aux étrangers pour les clubs, provoquant une saignée financière en devises, au moment où notre pays éprouve des difficultés en matière de ressources en monnaies fortes.

Une entreprise, comme Sonatrach, pourrait contribuer à ce projet de formation au niveau des fédérations à potentiels de performance et à la relance du sport de proximité encadré, à la fois pour la prospection de jeunes talents et la canalisation saine de notre jeunesse.

En évitant de sponsoriser un club déterminé, notre entreprise économique majeure se mettrait à l’abri de réactions violentes de supporters chauvins, d’une part, et de condamnations légitimes de clubs frustrés de ne pas bénéficier des mêmes avantages d’un patrimoine économique national, d’autre part. 


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