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Mustapha Tounsi, un des immortels de la wilaya IV

26 août 2018 à 0 h 30 min

Membre fondateur de l’association du Malg, Mustapha Tounsi est un rescapé de la wilaya IV. Durant la guerre de Libération, cette wilaya a été le théâtre de batailles sanglantes. Si Mahieddine, de son nom de guerre, s’est éteint le 23 juillet 2018 à Alger. Son fils Mourad lui rend hommage. Récit de son parcours.

De Meknes, Mustapha Tounsi(*) et son frère Ali participent à la grève du 19 mai 1956 lancée par l’UGEMA, qui incitait les étudiants et lycéens à rejoindre les maquis de l’ALN. Les deux frères décident de servir la Révolution. Pour Mustapha, jeune lycéen de 17 ans, cela sera l’école des transmissions de Nador, au Maroc, pour une formation de 45 jours.

En janvier 1958, Mahieddine de son nom de guerre arrive à la wilaya IV au bout d’un périple de trois mois. Le travail commence de suite. Le Malgache Mahieddine (cette appellation désigne les membres du Malg) sera responsable de la zone Est de cette wilaya. Sur le tard, Mustapha se confiera sur ses années à l’ALN, toujours avec cette modestie qui lui seyait si bien. «Ce que j’ai fait ou subi n’était que la réponse à l’appel du devoir.

C’est le jardin secret de tous les révolutionnaires.» Pourtant, il fallait une bonne dose de courage et d’idéal pour servir dans cette wilaya, théâtre de plusieurs batailles sanglantes. Le 5 mars 1958, il participe à celle où Si Lakhdar, chef militaire de la wilaya IV, tombe en martyr.

L’affrontement se solde par la perte de 65 de ses membres et une centaine de blessés. Ce jour-là, plus de mille obus tombent en moins de dix heures. Si Mahieddine voit sa dernière heure arriver. Et puis viendra l’enfer des opérations dites «Jumelles» et «Courroie». De quoi occasionner de lourdes pertes humaines dans les wilayas IV et III.

Le parcours des Algériennes

Parfois, durant les longues soirées d’été, il se faisait plus disert. Si Mahieddine se remémorait le parcours des Algériennes durant la guerre de Libération. Il raconte : «L’une d’elles, une jeune fille de 16 ans, Atika Mazari, avait rejoint l’ALN dans la région de Zaccar. Crâne rasé, vêtue d’une tenue de para, elle nous rappelait en permanence que sa mission était de libérer le pays, pas de faire la tambouille où laver notre linge. Elle obligera son frère aîné à la rejoindre dans les maquis, sous peine de le liquider en personne. Les deux sont tombés au champ d’honneur. Nous avions pour nos sœurs de combat un profond respect.»

Avec le déclenchement de l’offensive Challe, le matériel de transmission n’est plus transporté, mais caché. Jusqu’au jour où le PC de Tounsi est encerclé de nuit dans la région de Ghabalou près de Aïn Bessam. Plusieurs bataillons français mènent le raid. Sur les 18 soldats de son groupe, 15 tomberont, les autres blessés et faits prisonniers, dont Mustapha Tounsi.

Les deux survivants seront exécutés d’une manière expéditive. Si Mahieddine a une balle dans le ventre et des éclats d’obus dans les jambes. Transporté en hélicoptère dans un état comateux à l’hôpital-Prison de Sour El Ghozlane, il ne rouvrira les yeux que huit jours plus tard pour endurer les interrogatoires. Les Français cherchaient la station radio et les documents des transmissions. Peine perdue.

Dans la main de Dieu

De là, Tounsi est dans la main de Dieu, il est remis au 5e bureau, qui exécutait de nuit les prisonniers de l’ALN. Le destin mettra sur sa route une connaissance à son père, un capitaine français, qui lui sauve la vie en l’envoyant dans une prison française à Langres, en Haute Marne. Plus exactement dans une aile réservée aux insoumis, ceux qui refusaient d’accomplir leur service militaire.

Pour autant, Mustapha Tounsi est libre de ses allées et venues dans la petite ville de Langres. Il se lie d’amitié avec un club de sympathisants français à la cause algérienne dont le préfet de la Haute Marne en personne. Ce dernier finira par lui remettre un vrai-faux passeport.

Aussitôt, il s’enfuit au Maroc pour rejoindre par la suite le PC des transmissions à Nador où il apprendra sa démobilisation. L’indépendance est proche, l’Algérie a besoin de cadres pour servir le pays. Mustapha est envoyé en Yougoslavie pour étudier l’économie.

Vers la fin de sa fin, le Malgache Mahieddine aimait passer du temps dans sa bibliothèque à lire et à recevoir ses amis de la Fondation de la wilaya IV. Parfois, il se rendait au siège de l’association du Malg, dont il est des membres fondateurs, histoire se replonger dans cette aventure incroyable : révolutionnaire à 17 ans !

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