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L’histoire de la saignée de l’indétrônable mouton d’Algérie

23 août 2018 à 0 h 13 min

A l’approche de chaque fête de l’Aïd El Adha, les éleveurs sont souvent injustement incriminés dans la cherté du prix des moutons du sacrifice. De leur côté, les pouvoirs publics sont mis à l’index par de nombreux citoyens pour leur mauvaise gestion de la filière ovine.

Cependant, si les politiques menées par les différents gouvernements qui se sont succédé depuis l’indépendance du pays n’ont, effectivement, pas donné l’intérêt qui sied à cette filière au vu de sa forte valeur socioéconomique et ne sont par ailleurs pas parvenus à placer le mouton d’Algérie sur le podium des productions nationales pour être la locomotive de l’économie du pays, il faudrait en revanche remonter le temps, plus exactement au tout début de la colonisation, pour spécifier, d’abord, la genèse des problèmes qui continuent jusqu’à nos jours d’impacter l’élevage ovin et pour ressentir, par la suite, les affres qu’ont connues les éleveurs algériens et l’impitoyable saignée qu’a subie le mouton d’Algérie, et enfin pour savoir comment la France a tiré profit de la ressource ovine du pays.

En lançant cette réflexion, il s’agit avant tout d’identifier les données susceptibles d’éclairer les décideurs quant à la nécessité de développer, en urgence, la filière des productions ovines, en considérant le mouton comme future force économique du pays.

Car les Français ont bien misé, dès leur débarquement en Algérie, en portant leur choix sur le mouton algérien en tant que ressource économique, en suivant la voie qui disait, à tort ou à raison, que l’Algérie était le grenier de Rome.

La grande saignée de la colonisation

Pour revenir à (l’histoire de) nos moutons, il importe de rappeler que dès le début de la colonisation, les premiers colons français se sont accaparés des terres, mais également de toutes les ressources naturelles dont disposait l’Algérie.

L’objectif fixé par l’Etat français était d’occuper l’ensemble des territoires et de s’implanter ainsi dans l’arrière-pays, au demeurant riche en matières premières. Pour arriver à ses fins, il fallait à l’administration française convaincre plus de Français de rallier l’Algérie en leur offrant, hormis le foncier, de la ressource de base.

A cet égard, l’administration française, bien conseillée par ses experts en agriculture qui étaient en mission permanente en Algérie, savait qu’en faisant main basse sur les terres pastorales, étoffées d’une diversité floristique et bien garnies en plantes fourragères et aromatiques, c’est l’élevage et la ressource ovine qui seront acquis. Ainsi, après avoir conquis les vastes plaines côtières (le Tell), les longs parcours steppiques du pays furent particulièrement visés par l’autorité coloniale.

Les meilleurs terres furent ainsi concédées aux expatriés français mais aussi à quelques Espagnols, alors que les reliefs accidentés furent octroyés aux Portugais et surtout aux Maltais, connus comme étant d’excellents chevriers. Les colons n’espéraient pas mieux. Pour eux, c’était l’Australie tous près !

Cette violence coloniale a été bien élucidée par l’étude du Dr Slimane Bencherif, spécialiste en développement agricole, qui indique à ce propos que «les autorités coloniales percevaient les terres pastorales comme des étendues inoccupées (sans propriétaires) ou sous-exploitées et mal gérées, ce qui leur permettait de justifier leur appropriation par l’Etat et leur codification comme propriété de l’Etat ou de la Couronne».

De ce fait, plusieurs tribus qui étaient implantées, d’est en ouest, dans les steppes et les vastes régions pré-sahariennes du pays ont été dépossédées d’une partie de leurs terres avec confiscation de leurs cheptels (ovin, caprin et camelin) sans aucune indemnisation ou contrepartie.

Cette spoliation des terres tribales dites «arouch» et le dépouillement sans scrupules des ressources économiques (animales) des familles algériennes ont été à l’origine du déclenchement des révoltes de l’Emir Abdelkader et d’El Mokrani, des insurrections des Ouled Sidi Cheikh et des soulèvements de Dahra et de l’Ouarsenis.

En fait, l’invasion coloniale a eu comme répercussion une déstructuration de l’ordre sociétal qui était organisé à cette époque en mode tribal bien structuré, mais également une forte régression de l’entité nomade due à la confiscation des troupeaux ovins et caprins par l’armée française, provoquant ainsi un véritable chaos sur le plan économique.

Car, comme l’explique Slimane Bencherif, historiquement «la steppe algérienne était marquée par deux réalités fondamentales, d’ordre économique et social à la fois : le tribalisme en tant que mode d’organisation sociale et le nomadisme en tant que mode d’existence économique».

Ce déchaînement d’une brutalité exceptionnelle a contribué en grande partie à d’autres soulèvements de la population algérienne contre l’occupation française, et qui a abouti à la grande Révolution du 1er Novembre 1954.

D’ailleurs, la scène bien filmée, qui a eu lieu durant cette Révolution, montrant un jeune nomade froidement abattu au seuil de sa kheima par un soldat français, alors qu’il gardait un troupeau de chèvres, est une preuve indélébile de cette répression contre cette frange de la population algérienne.

Retraçant d’une manière explicite les sévices subis par les éleveurs, notamment les nomades, le Pr M’hamed Boukhobza note dans son étude intitulée «Nomadisme et colonisation» que «la transhumance vers le Tell devient en 1923 surveillée par un administrateur dans chaque commune et en 1927 les tribus devaient obtenir une autorisation pour se déplacer».

Il indique que «suite à la diminution de l’aire de déplacement, les pasteurs ont perdu ce qui était, dans le passé, le principal de leur revenu : perte d’une partie des parcours, perte du monopole des transports…». De ce fait, les modalités économiques, qui étaient à l’époque basées sur le troc, ont été sensiblement impactées.

Les pratiques économiques des éleveurs qui avaient une valeur tant commerciale que sentimentale «se sont transformées en économie marchande monétarisée et l’équilibre qui existait par une complémentarité entre le Tell et la steppe s’est rompu», précise le Pr M’hamed Boukhobza.

Effectivement, les pasteurs de la steppe qui écumaient les marchés du Tell dans l’espoir de troquer la viande (salée), le «d’hen» et autres sous-produits de l’élevage ovin et caprin, tels que la laine et les peaux, par l’huile d’olive, les légumes secs et autres denrées vitales et produits nécessaires à la vie quotidienne de leurs familles (ustensiles, outils, bougies…) ont reçu un coup de boutoir de la part de l’administration coloniale.

Le nomadisme, chèrement hérité et dont l’intérêt était économique mais également social et culturel à la fois, a été sauvagement étouffé. Les acteurs de l’élevage venaient ainsi de tomber dans une insoutenable paupérisation.

Route moutonnière : La voie de l’embellie économique de la France coloniale

Il n’est un secret pour personne de dire que la France est un pays connu traditionnellement comme étant fortement attaché à la culture du «terroir». Les autorités civiles et militaires françaises qui ont fini par conquérir la steppe et les régions pré-sahariennes, étaient rompues à faire la fête à la moindre occasion et lors de chaque nouvelle conquête dans le pays.

L’occasion de festoyer se présentait aussi pour leurs familles, histoire de se dépayser des lieux désertiques qui contrastaient avec le monde civilisé duquel ils venaient. Les interminables festins furent ainsi propices pour goûter la viande locale et de savourer les méchouis préparés par des autochtones domestiqués de force pour la circonstance.

Le méchoui des provinces de Bou Saâda, Djelfa, Laghouat, El Bayadh, Saïda et Mécheria a fini par titiller les papilles des colons. Ils venaient ainsi de dénicher une inestimable ressource !
Une ressource du «terroir» que les soldats français en faisaient l’écho dans la métropole lors des permissions et les retours au bercail.

Cela a fini par susciter l’intérêt des grands éleveurs et herbagers métropolitains où la filière était en crise. En effet, aidés par les différentes Chambres françaises de commerce, qui leur offraient des facilités notamment de transport, des courtiers de plusieurs régions de France venaient en Algérie pour s’approvisionner en bétail ovin, en sélectionnant les meilleures brebis et béliers reproducteurs.

Sur ce point précis, Slimane Bencherif révèle que «pendant la période coloniale, une grande partie des produits ovins était destinée à la métropole où l’élevage de ces animaux était en régression». «Les exportations ovines, souligne-t-il, s’élevaient jusqu’à 1,5 million de têtes en 1910».

De son côté, le Pr M’hamed Boukhobza indique, en donnant plus de précision sur cette saignée qui se pratiquait aussi bien par les colons qu’à travers la rapine des métropolitains que «sur les terres servant traditionnellement à la transhumance d’été (achaba), le cheptel des colons est passé de 351 430 en 1887 à 805 880 têtes en 1910». Soit 10% de l’effectif du cheptel ovin que possédaient les Algériens, estimé à 8 millions de têtes en 1905, et dont 90% étaient détenus par les nomades.

Parallèlement à l’expansion du cheptel des colons, étoffé à hauteur de 60% de brebis reproductrices, les exportations d’ovins d’Algérie (agneaux et moutons) ont explosé à partir de 1920, avec notamment l’acheminement du bétail fraîchement récolté des steppes algériennes vers les marchés des pays alliés de la France, principalement les Etats-Unis et le Canada où la viande algérienne fut bien cotée.

En effet, selon plusieurs estimations, les exportations françaises de moutons d’Algérie sont passées de 50 000 têtes en 1860, à 800 000 têtes en 1890, pour dépasser le million de têtes au début du XXe siècle (1910-1920).

A titre d’indication, le transport des troupeaux vivants était dû au fait que la technologie du froid, qui permet de nos jours le transport des viandes sous différents types de conservation et de conditionnement (congelée, réfrigérée, sous vide…), n’était pas développée à cette époque-là.
Ainsi, le cheptel ovin algérien a dès les premières années de la colonisation fait partie de la stratégie économique de la France.

Et comme l’appétit vient en mangeant et voyant loin, la France coloniale, dont la capitainerie politique, militaire et économique était basée à Alger, a décidé en 1870 d’édifier pour ses besoins d’exportation ovine une voie express : la route «moutonnière» en l’occurrence. Une route qui fut entrecoupée plus tard, entre 1890 et 1900 selon certains auteurs, par des voies ferrées.

En fait, cette jonction des moyens et des infrastructures de transport a permis aux Français de faciliter l’acheminement de la collecte ovine ou plutôt le «pillage» steppique vers les ports de la métropole, d’abord en conduisant les immenses troupeaux d’ovins via cette route de Maison Carrée (El Harrach actuellement), où se localisaient les centres de tri du cheptel, vers le port d’Alger, et bien plus tard, en convoyant chaque jour le bétail dans des wagons bien chargés, via les rails qui traversent cette «mythique» route. Des rails qui servent aujourd’hui à la progression des wagons d’hydrocarbures.

C’est d’ailleurs le cas pour le port d’Arzew qui, inlassablement, sert aujourd’hui à l’exportation des…hydrocarbures ! Car, faut-il le signaler, pour alléger le port d’Alger, une partie du cheptel que la France récoltait dans les régions steppiques de l’Ouest (Sougueur, Bougtob, El Bayadh, Mécheria, Aïn Sefra…), était acheminée vers le port d’Arzew.

La saveur du «petit oranais», la brillance de la «Berbère» et le gabarit de la «Ouled Djellal»
En fait, ce qui a fait la réputation du mouton d’Algérie qui a dépassé les frontières du pays pour se déployer aux quatre points du globe, ce sont les caractéristiques bouchères de sa viande.

En effet, les nombreux experts et chefs français qui ont été sollicités pour gouter et analyser les viandes issues des races ovines algériennes ont tous jugé que la qualité gustative et organoleptique (terme technique qui désigne l’aspect, la consistance, la texture et la couleur) de ces viandes était exceptionnelle. Le mouton de la race «Hamra» appelé aussi «Beni Ighil» et désigné localement par «Damgha» a eu une notation particulière.

Effectivement, dans un ouvrage édité en 1950 et intitulé L’Algérie pastorale, J. Sagne notera qu’«une préférence marquée pour la race ‘‘Hamra’’ s’est vite emparée des courtiers chargés de la collecte du cheptel destiné à l’exportation».

De même, L. Guillaume indiquera dans son étude portant sur la transhumance des moutons africains, que la caractéristique gustative du mouton «Hamra» est «à l’origine de sa réputation qui a dépassé son aire pour voir sa viande (gigots et côtelettes) atterrir sur les assiettes des Parisiens, Lyonnais et Marseillais».

Selon plusieurs chercheurs, plus d’un million de têtes de moutons «Hamra» furent exportés entre 1930 et 1950, sur un total estimé pour la même période et englobant les autres races locales à 4 millions de têtes.

Soit la moitié de l’effectif du cheptel ovin dont disposait la France, estimé en 1943 à 8 millions de têtes. En fait, la conformation de la carcasse du mouton «Hamra», ses petits gigots bien arrondis et ses fines côtelettes lui ont valu une grande réputation sur les marchés français sous l’appellation de «Petit oranais».

Cette saignée n’est pas passée sous silence. En effet, selon des spécialistes algériens et même français qui s’intéressent aux lignées ovines révèlent que c’est bien la race «Hamra» qui, génétiquement, aurait donné naissance à la «Rouge du Roussillon». Une race ovine française, dite de Conservatoire, qui est chèrement préservée par le Bureau français des ressources génétiques (BRG).

Un véritable lessivage «génétique» pour la race «Hamra», lorsqu’on apprend qu’en Algérie, l’effectif des moutons apparentés à la «Hamra» ne dépasse guère les 280 000 têtes (soit 1% de l’effectif du cheptel ovin national), et plus grave encore, sur le plan génétique «pas plus de 1000 têtes de race pure ‘‘Hamra’’ sont répertories sur l’ensemble du territoire national», comme le révèle Ahmed Ayachi, ingénieur zootechnicien et vice-président de l’association de protection de la race «Hamra».

Concernant le mouton de la race «Ouled Djellal», il faut savoir qu’hormis la saveur et la flaveur de sa viande, ce sont surtout ses performances et ses critères économiques qui ont été jugés par les experts français comme étant nettement supérieurs à ceux de leurs races ovines.

En fait, au vu de son gabarit, le mouton «Ouled Djellal» répondait parfaitement aussi bien aux besoins quantitatifs et qualitatifs exprimés par les consommateurs métropolitains qu’à la forte demande exprimée par les courtiers en vue de son exportation vers d’autres pays.

Par ailleurs, dans le nord du pays, plus exactement en Kabylie, deux types de moutons qui sont du même groupe ethnique de races ovines, à savoir la «Berbère» et la «Tazagzawth», dite aussi «Bleue de Kabylie», ont capté l’intérêt des colons français, entre 1900 et 1940. Et ce n’était nullement pour leur viande, mais plutôt pour la qualité de leur toison, dont l’aspect blanchâtre offre une laine brillante et mécheuse.

Car, à partir de l’année 1914, marquée par le début de la Première guerre mondiale, la France avait besoin de laine pour équiper ses soldats. Ses fournisseurs habituels, tels que la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Argentine ne pouvaient plus satisfaire sa forte demande vu les besoins exprimés par d’autres pays entrés également en guerre.

En réalité, le marché de la laine était à cette époque en plein essor, et l’exploitation de la laine se faisait soit dans les pays disposant de grands effectifs de cheptel ovin, soit dans les pays disposant d’une main-d’œuvre à moindre coût.

Et donc, du fait que l’Algérie offrait les deux, l’intendance de l’armée française a rapidement jeté son dévolu sur les ovins d’Algérie en catégorisant les ovins du Djurjura et de la vallée de la Soummam en tant que races lainières.

Sur ce point, Slimane Bencherif note que «des experts militaires furent envoyés pour estimer les prix des produits lainiers en Algérie, qui étaient dépréciés par les commerçants : pas de lots uniformes, laine mal coupée, corps étrangers (chardons, graines)».

Finalement, ces experts, note-t-il, «ont contribué à une appréciation plus objective des laines algériennes et ont favorisé la création d’une société après la Première guerre mondiale sous le nom de ‘‘L’union ovine de l’Afrique du nord’’ dont l’objectif était l’organisation rationnelle de l’élevage du mouton».

La laine a donc fait partie des ressources naturelles de l’Algérie que la France coloniale a lourdement spoliée à travers des exportations massives qui se chiffraient en millions de tonnes.

La vache pour chasser le mouton dans son propre pays

La déstructuration de l’organisation traditionnelle s’est poursuivie après l’indépendance, remarque Slimane Bencherif, d’abord par un découpage administratif qui n’a nullement tenu compte des limites des territoires tribaux et s’est accentuée par la suite vers la fin des années 1960 par la nationalisation des terres et la politique de «Révolution agraire» instaurée au début des années 1970, explique-t-il.

Par ailleurs, les revenus importants de la rente pétrolière, liés à l’explosion des prix pétroliers au milieu des années 1970, ont constitué une ressource importante pour financer une politique socialiste qui a vu les éleveurs acquérir le lait et la viande des Souk El Fellah, désorientant ainsi les jeunes pasteurs et les nomades de leurs cheptels ovins et caprins. D’autre part, l’expansion de l’exode rural durant les années 1960 et 1970 a accentué l’hémorragie ovine et pastorale. Selon certaines sources, plus de 150 000 éleveurs ont déserté les zones steppiques.

D’ailleurs, l’analyse des statistiques agricoles qui démontrent une certaine régression de l’effectif du cheptel ovin national vers la fin des années 1970 confirme bien le détachement de la population pastorale de sa ressource de base.

Les années 1970 ont donc été calamiteuses pour l’élevage ovin en Algérie. Et même s’il faut reconnaître que l’effectif du cheptel ovin national a toujours été proportionnel à la croissance démographique, il n’en demeure pas moins que l’évolution de la production ovine pouvait être bien meilleure de ce qu’elle est aujourd’hui.

Car, comment expliquer que l’effectif du cheptel ovin d’un pays comme l’Uruguay culmine à 10 millions de têtes d’ovins et qui par-dessus-tout s’octroie le 4e rang des productions mondiales de viandes ovines, alors que sa superficie ne dépasse guère celle de 4 wilayas steppiques, à savoir Djelfa, Laghouat, El Bayadh et Naâma, parmi les 15 wilayas pastorales que compte l’Algérie. Un pays dont la population est par ailleurs dix fois moins importante que celle de l’Algérie.

Par conséquent, si l’on considère les paramètres de la superficie et de la démographie auxquels on rajouterait la dimension socioculturelle des Algériens en matière d’élevage ovin, le pays devrait disposer de plus de 80 millions de têtes au lieu des 28 millions annoncées officiellement en 2017.

Un chiffre que l’Algérie pourrait facilement atteindre si des politiques incitatives et multisectorielles en matière de productions animales couplées aux processus technologiques de production seront savamment instaurées, car certaines hémorragies nécessitent une prise en charge multidisciplinaire.

Des politiques qui tiendraient compte aussi bien du foncier destiné aux grands élevages que des aires naturelles des espèces animales de rente que l’on veut élever. Cela dissuaderait les investisseurs d’implanter des élevages de vaches laitières dans des wilayas steppiques, comme c’est le cas actuellement dans la wilaya d’El Bayadh.

Car l’ex- Géryville est une région pastorale connue traditionnellement par ses moutons et les régions de prédilection pour l’élevage du bovin laitier, une filière autant bénéfique, sont plutôt les bassins de la Soummam, de la Mekerra ou de la Seybouse.

A moins que l’on veuille suivre la voie «bovine» choisie par le Brésil et l’Argentine (deux pays qui ont bien distingué entre le bovin destiné à la production bouchère et le bovin laitier), il ne faut en revanche surtout pas se détourner de la piste choisie par l’Australie qui a misé sur le mouton au vu des immenses steppes qui couvrent le continent.

Car, ce pays dont le slogan économique est «Australien Sheep Country» a implanté les grands centres d’élevage de bovin laitier le long de ses interminables zones côtières, laissant les terres intérieures pour l’espèce ovine qui, à titre d’indication, s’adapte mieux aux modes d’élevage extensifs et semi-extensifs.

Dans tout les cas, en ces temps de vaches maigres, il faut reconnaître que tout investissement est bénéfique pour le pays ; cependant, l’avenir nous éclairera sur le choix du bovin dans la région et dans le pays du mouton !


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