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Les enjeux de l’industrie pharmaceutique algérienne

07 mars 2020 à 9 h 00 min

Ces dernières années, les importations pharmaceutiques de l’Algérie ont connu une croissance considérable ; de ce fait, elles ont augmenté de 10,44% en 2014, atteignant 2,3 milliards de dollars en 2013 et 2,6 milliards de dollars en 2014.

Cette hausse s’est traduite par un volume total d’importations de 34 142 tonnes en 2013 et 33 593 tonnes en 2014.

Et si quand même les politiques de substitution des importations étaient toutefois en train de clairement progresser, l’Algérie n’a pu toutefois opérer une réduction de l’ensemble de ses pressions financières sectorielles essentiellement dues à son coûteux système universel de soins.

Aux fins d’illustration, alors que les médicaments prescrits – qui représentent l’essentiel des dépenses – étaient estimés à 93,17% du total des importations de produits pharmaceutiques, les importations d’antibiotiques ont atteint à elles seules une valeur de 68,3 millions de dollars en 2014, alors qu’en 2013 elles ne représentaient que 56,8 millions de dollars.

Cette augmentation significative des coûts d’importation de plus de 16% s’est vue principalement attribuée aux variations des demandes saisonnières sur le marché algérien du médicament, un marché connu pour sa forte volatilité.

Cette nette dépendance à l’importation des produits pharmaceutiques s’est finalement transformée en un lobbying énorme – mû autant par la commercialité que le nationalisme – en faveur d’une substitution aux importations, et d’une localisation préférant les génériques aux médicaments princeps coûteux.

La production pharmaceutique locale en Algérie a ainsi augmenté au cours des cinq dernières années pour atteindre une valeur de 1 milliard de dollars, et ce, principalement en raison du fait que plus de 48 importateurs de médicaments exploitaient désormais plus de 75 unités de production locale.

Cependant, malgré ce bourgeonnement d’opérateurs locaux dans la production pharmaceutique, les factures d’importation de médicaments n’en finissaient pas leur trajectoire ascendante.

Bien que le ministère de la Santé ait prévu que les producteurs locaux couvriraient 70% de la demande nationale en 2017, ces producteurs n’ont pu couvrir qu’entre 35 et 40% des besoins locaux seulement.

Si la raison essentielle à cet écart résidait dans le fait que la production locale était aussi bien déstructurée que désorganisée, la deuxième raison résidait dans l’augmentation du volume des pratiques de concurrence déloyale, de nombreuses entreprises ne faisant que reproduire des produits standards sans valeur ajoutée en termes de variation ou différentiation significative.

Il est très regrettable que l’industrie pharmaceutique algérienne naissante n’ait pu utiliser de manière plus rentable les politiques de substitution et maintes subventions d’accompagnement consenties par l’Etat, telles que les déréglementations de prix, les exonérations fiscales sur les équipements importés.

Celles-ci étaient destinées non seulement à développer une production locale de produits pharmaceutiques complexes à forte valeur ajoutée et à forte intensité capitalistique, mais étaient également destinées à dévoiler les pratiques déloyales de certains producteurs de médicaments.

Malheureusement donc, les soins de santé publics en Algérie sont toujours restés caractérisés par un secteur de croissance à deux chiffres à faible valorisation, un marché atteignant 3 milliards de dollars en 2017, une couverture médicale d’une population estimée à plus de 38 millions, couverture basée sur un budget de remboursement provenant des revenus de la rente pétrolière et gazière.

En fait, l’Algérie n’avait pas et n’a encore pas réussi à identifier les voies et moyens les plus appropriés afin de repenser de manière radicale son système de santé, à promouvoir une production nationale avancée aussi bien qualitativement que quantitativement, à adopter ou adapter les meilleurs modèles et expériences internationales en matière de politiques fiscales et d’investissements moteurs du développement et de la localisation de la production pharmaceutique.

La production pharmaceutique algérienne a néanmoins pu couvrir 70% de la consommation locale en 2016, et ce, par l’intermédiaire de 314 producteurs privés, 150 grossistes-distributeurs et 9600 pharmaciens, dans un marché estimé à 3,7 milliards de dollars.

Il était aussi estimé que 60% de la population algérienne utilisait 13 millions de cartes de santé Chifa – ceci représentant 68% des dépenses de sécurité sociale – poussant les factures d’importation de produits pharmaceutiques à augmenter de 2,4% en 2016 pour atteindre 2 milliards de dollars.

En effet, la forte croissance démographique, les soins de santé gratuits, les faibles revenus en devises fortes ont manifestement transformé les factures algériennes d’importation de produits pharmaceutiques en une charge financière des plus importantes, légitimant ainsi l’impératif de contrôle des dépenses médicamenteuses et la promotion d’une industrie pharmaceutique locale.

L’industrialisation par substitution des importations

En Algérie, le modèle de remplacement progressif des importations par la production nationale a été basé sur un trépied impliquant gouvernement, fabricants locaux et partenaires étrangers.

Dans le cas de l’Algérie, seulement la décennie passée on importait presque tous les produits pharmaceutiques, mais en raison d’une protection étatique grandissante de la fabrication locale qui a obligé les multinationales du médicament à localiser leur production, l’Algérie produit aujourd’hui plus de 50% de sa consommation nationale de produits pharmaceutiques.

Etant donné la capacité potentielle de production médicamenteuse de l’Algérie, il serait possible que sa prochaine étape à venir soit de se positionner en exportateur net vers des marchés voisins.

En fait, l’Algérie est déjà considérée comme une plateforme de production et rampe de lancement pour les exportations pharmaceutiques vers d’autres pays africains, et ce, grâce aux capacités de production, normes de qualité et prix compétitifs.

Pour le moment, le mandat principal de l’industrie pharmaceutique nationale – eu égard aux responsabilités socio-économiques immédiates – est d’être responsable du développement, de la production et de la commercialisation des médicaments et de couvrir au mieux les gros besoins nationaux.

Cependant, cet impératif prioritaire de satisfaction des besoins nationaux n’exclut pas que les entreprises nationales qui opèrent dans l’industrie du médicament sont dûment requises – en plus du brevetage de routine et des tests garantissant la sécurité et l’efficacité – de se conformer aux lois et réglementations régissant la production, la distribution et la consommation des médicaments brevetés ou génériques.

La politique nationale de santé publique

Lors de l’examen de l’évolution du profil épidémiologique de l’Algérie, les études semblent démontrer une prévalence significativement plus élevée de maladies non transmissibles liées au mode de vie telles que les maladies cardio-vasculaires et le diabète.

Cette évolution notable de la prévalence du diabète – une pathologie acquise non génétique – en Algérie est, d’une part, liée à la transformation du profil économique et sanitaire du pays, et, d’autre part, à une confluence de facteurs, tels que l’urbanisation, l’industrialisation, les comportements alimentaires, l’obésité, le mode de vie sédentaire et l’absence d’une bonne stratégie de santé préventive.

La recrudescence des maladies non transmissibles en Algérie représente désormais 76% de tous les décès, cependant, les maladies infectieuses n’ont pas totalement disparu, comme l’ont démontré les récentes épidémies de choléra dans et autour de la capitale algérienne, Alger en 2018.

Vers une approche d’économie de la santé

Une approche économique de la sante peut être judicieusement mise à profit comme outil précieux afin de répondre et s’adapter de manière appropriée à un changement de paradigme autour du consensus de construction d’un nouvel ordre de soins de santé publique, soit un modèle durable de soins qui ne déstabilise pas l’intégrité financière du système de protection sociale ni ne remet en cause les besoins acquis de santé des citoyens.

Dans un tel cas de figure, le système de sécurité sociale – compte tenu du coût de certains médicaments innovants – devrait renoncer à de nombreuses inscriptions sur la liste des médicaments remboursables, car les coûts supplémentaires dépasseraient simplement les capacités de paiement actuelles du système.

Les soins de santé a envisager devraient être basés sur un Partenariat public-privé (PPP) qui intégrerait toutes conclusions pertinentes de la recherche en santé pharmaco-économique au sein d’une stratégie nationale de développement de médicaments et de développement de marchés locaux afin d’offrir une offre plus centrée sur le patient.

Il conviendrait de noter qu’une grande partie de l’escalade de la facture des médicaments en Algérie a trait aux pressions administratives internationales relatives au développement du médicament qui exigent un processus d’enregistrement basé sur un plus grand nombre de patients et une plus grande durée du suivi.

Dans les années 80’, une étude de 200 à 300 patients était suffisante, maintenant 10 000 à 20 000 sont nécessaires pour mettre un produit sur le marché, en plus de 3 à 5 ans de suivi, d’autorisation avant ou après commercialisation pour vérifier la sécurité cardio-vasculaire d’une nouvelle molécule.

De toute évidence, ces contraintes ont de lourdes conséquences sur les coûts globaux reflétés en fin de compte dans le prix du médicament en valeur nominale.

Ces contraintes consistent notamment à atteindre l’équilibre optimal entre objectifs concurrents, spécificités nationales à prendre en compte dans l’équation de financement de la sécurité sociale.

Le médicament générique, les biosimilaires et le déploiement de taux de référence de classe de molécules constitueraient les leviers essentiels de maîtrise des coûts des soins de santé publique, injectant une plus grande rationalité dans la prise de décision et les dépenses.

L’industrie pharmaceutique algérienne

La construction d’une industrie des sciences de la vie a été l’une des principales priorités économiques de l’Algérie et une variété d’investissements directs et complémentaires ont été mobilisés pour répondre à une production locale nettement insuffisante.

Parmi les nombreux problèmes et défis, ainsi que les questions à aborder par les producteurs locaux et les décideurs de santé publique, on énumèrerait les suivants : comment les producteurs locaux devraient-ils se positionner au long de la chaîne de valeur, soit le développement, la production, la distribution et la vente ?

Comment les producteurs locaux devraient-ils optimiser leur modèle commercial face aux sociétés pharmaceutiques internationales ? Comment ceux-ci devraient-ils tirer profit de leur connaissance approfondie du marché algérien pour assurer survie et prospérité ?

Quelle serait la meilleure approche pour optimiser l’efficacité opérationnelle, soit la stratégie d’approvisionnement stratégique, la gestion des stocks, et la logistique ? Quelles activités essentielles ou non essentielles devraient être maintenues en interne, et lesquelles devraient être externalisées et délocalisées ?

Quelle serait la proposition de valeur apportée par les producteurs locaux ? Afin de relever les défis potentiels posés par la pénétration des acteurs internationaux des produits pharmaceutiques et des génériques à bas prix, les acteurs nationaux devraient mettre en œuvre une multitude de leviers stratégiques-clés pour maintenir une proposition de valeur compétitive.

En fait, la fabrication pourrait ne pas être l’activité principale des acteurs nationaux à l’avenir, peut-être l’externalisation de la production vers des pays à bas coûts et le reconditionnement local.

En outre, les producteurs nationaux pourraient utiliser leur connaissance approfondie, leur compréhension du marché local et de la situation réglementaire pour s’accorder un monopole des segments en aval de la chaîne de valeur et resserrer leur emprise sur les activités de marketing, vente et distribution.

Cependant, du fait que les producteurs internationaux dominent par leur savoir-faire technique, leur capital marque, leurs économies d’échelle, des alliances stratégiques ou des accords de licence pourrait créer une situation gagnant-gagnant, transformant un scénario potentiellement à risque en une opportunité commerciale attrayante.

De plus, même s’il y a tentation d’investir dans des médicaments au brevet qui expire, les avantages doivent être soigneusement pesés par rapport aux risques de pénétration de génériques à bas prix qui sont les suivants : 1)- un environnement réglementé fragmenterait le marché tenant compte des homologations de médicaments englobant des thérapies spécialisées ciblant des sous-groupes de patients.

La commercialisation de produits de niche solliciterait des études de faisabilité évaluées au cas par cas ; 2)- En raison de la diversité des groupes cibles et au-delà de la prise en charge des patients, les produits de prescription impliquent un ensemble diversifié de parties prenantes, les professionnels de soins de santé, les producteurs et les assureurs.

En fait, alors que le marché pharmaceutique algérien se développe en fonction des besoins en soins de santé d’une population croissante et que les producteurs étrangers cherchent à étendre leur présence, la nécessité de maîtriser la spirale des coûts des soins de santé entraînera la tendance vers un approvisionnement pharmaceutique plus économique dans les secteurs public et privé.

Pour survivre, les fabricants nationaux doivent évaluer leur positionnement stratégique sur le marché et réfléchir à la meilleure façon de tirer parti des nouvelles opportunités dans cet environnement en évolution rapide.

Les stratégies possibles comprennent une réévaluation de l’architecture de création de valeur et du modèle commercial adopté ainsi que la constitution d’un solide capital de marque.

Les acteurs les mieux placés seront ceux qui comprendront leurs forces et leurs faiblesses respectives et, par conséquent, possèdent l’agilité stratégique pour naviguer dans un paysage en évolution.

Dans ce contexte, l’Algérie offre toujours un potentiel important pour les sociétés pharmaceutiques internationales en raison de la forte préférence des consommateurs pour les médicaments de marque qui représentant environ 80% du total des ventes de produits pharmaceutiques en Algérie.

Afin de relever les défis potentiels posés par les acteurs étrangers, les acteurs nationaux devaient orchestrer une multitude de leviers stratégiques-clés pour soutenir une proposition de valeur compétitive, en mettant en synergie les capacités des entreprises étrangères avec leur proposition de valeur via des coentreprises, des alliances stratégiques ou des accords de licence.

En termes d’évaluation des succès futurs de la substitution des importations pharmaceutiques en Algérie, nous pensons que le manque d’expérience local dans la fabrication de produits pharmaceutiques, les faibles incitations au développement entrepreneurial, le manque de processus réglementaires, limitent la confiance des consommateurs locaux et de la communauté médicale dans la qualité des produits pharmaceutiques produits localement.

Malgré toutes ces limites, nous suggérons des mesures consensuelles pratiques que les décideurs de l’industrie pourraient mettre en œuvre pour soutenir les entreprises nationales productrices de médicaments, accélérer ainsi le processus de substitution et améliorer la localisation de la production pharmaceutique : l)- la seule façon pour les multinationales de localiser la production est via la règle de la joint-venture 51/49 en partenariat avec un partenaire local public ou privé et la clause de transfert de technologie et les indicateurs de performance clés l’accord devraient être clairement stipules ; 2)- les propositions d’investissement dans la fabrication de produits pharmaceutiques ne devraient être approuvées qu’avec l’utilisation des technologies de pointe conformément aux normes internationales de bonnes pratiques de fabrication ; 3)- nécessité de collaboration des producteurs de produits pharmaceutiques avec les organismes officiels pour élaborer et exécuter une stratégie de substitution des importations ; 4)- améliorer le système de gestion de l’innovation dans l’industrie pharmaceutique ; 5)- développer une méthode multicritère pour déterminer les niches de produits pour la substitution des importations ; 6)- identifier des groupes de produits spécifiques cruciaux pour la production par les fabricants nationaux ; 7) révision du système d’incitation gouvernemental pour les fabricants locaux de substitution aux importations ; 8)- révision de la politique nationale de remboursement de la sécurité sociale en impliquant les assureurs privés ; 9)- révision de la couverture actuelle des catégories du système de santé publique universel.

Ce sont ce genre de stratégies qui doivent être reflétées dans les politiques nationales de santé, et qui méritent certainement d’être inscrites à l’ordre du jour des réunions où les décideurs politiques se réunissent pour faire des suggestions et mettre en œuvre des décisions.

Il existe également des bonnes pratiques en termes de gestion et de communication concernant les perturbations et les tensions dans l’approvisionnement en médicaments qui devraient être recommandées aux parties de la chaîne d’approvisionnement des médicaments en Algérie.

Ces mesures pourraient être décrites comme suit : 1)- maintenir une disponibilité suffisante de médicaments relève de la responsabilité de l’industrie pharmaceutique locale ; 2)- développer une feuille de route anti-pénurie avec des actions ciblées adaptées à chacun des acteurs de la chaîne de valeur du médicament; 3)- développer un système de surveillance continue de la situation de l’offre et de la demande sur tous les produits et des systèmes de planification des pénuriespour les produits sensibles à la santé publique, et maintenir une communication ouverte et ininterrompue avec toutes les parties prenantes de la chaîne de distribution, telles que les producteurs et les grossistes-répartiteurs ; 4)- élaboration d’un guide des bonnes pratiques de communication vers le public afin de minimiser l’impact potentiel des perturbations.

La disponibilité des informations pertinentes en temps opportun est nécessaire pour planifier et rationaliser les stocks restants, ainsi que pour éviter la création de surstocks au niveau des acteurs de la distribution et des patients, et éviter l’accentuation des pénuries.

Pour les médicaments qui ont un impact significatif sur les patients, des communiqués de presse et listes spécifiques seraient également requises ; ces listes devraient inclure la date de début de la perturbation, l’estimation de la date de fin, les raisons de celle-ci, les mesures prises pour y faire face.

Les alternatives thérapeutiques lorsqu’elles existent doivent également être communiquées aux professionnels de santé et aux patients, ainsi que le remboursement conditionnel et les indications restrictives ; 5) obliger les producteurs nationaux à garantir la disponibilité des médicaments essentiels dans les trois mois qui suivent leur production ; toutefois, au cas où ces médicaments ne seraient pas disponibles dans ce délai, des programmes d’importation supplémentaires seraient utilisés et des mesures coercitives seraient à prendre pour les producteurs de médicaments défectueux ainsi que les importateurs qui ne respectent pas leurs engagements ; 6)- réviser les prix très bas de certains médicaments produits localement afin de dissuader les producteurs de ne pas les abandonner en raison de leurs marges négatives.

Conclusions

Certes, le secteur des soins de santé en Algérie a malheureusement connu ces dernières années de nombreux bouleversements, notamment les retombées économiques de la chute des prix mondiaux du pétrole en 2014, ainsi que l’imposition de restrictions à l’importation de produits pharmaceutiques et médicaux.

Maintenant, l’Algérie a bien besoin de repenser radicalement le devenir de son système de santé universel en général, et de son système de sécurité sociale en particulier.

En effet, le bon fonctionnement de la chaîne de distribution des médicaments a été compromis par la multiplicité des acteurs, des entreprises individuelles, des divers départements et agences ministérielles impliquées dans la tarification, les quantités, les stocks et l’étiquetage.

En bref, dans ses conditions économiques actuellement difficiles, l’Algérie devrait impliquer l’ensemble des acteurs nationaux dans la transition vers une approche systémique et stratégique de la substitution des importations, et une réévaluation des politiques macroéconomiques.



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